Coup de coeur·Mes Lectures

La Part des Flammes, de Gaëlle Nohant

Comme beaucoup avant moi, je dois bien dire que si j’ai craqué pour ce roman, c’est bien la faute de Lemon June et de sa vidéo ULTRA PERSUASIVE que je vous mets comme ça, ici, d’entrée de jeu, histoire que vous sachiez de quoi on parle.

Le livre avait l’air sympa, avant sa vidéo. Après sa vidéo, il me le fallait.

Comble de chance, j’ai réussi à le trouver d’occasion dans un vide-grenier et je n’ai depuis cessé de me réjouir de cette chance. Ayant tout juste tourné la dernière page, je m’en réjouis encore plus. Car il se trouve que le bouquin n’a pas volé sa réputation.

Dans un premier temps, j’ai été conquise par le cadre historique de l’intrigue. D’autant que, à peine sortie de ma lecture du roman Sissi d’Allison Pataki, j’ai eu le plaisir de retrouver un membre de la famille Wittelsbach en la personne de la duchesse Sophie-Charlotte d’Alençon, petite soeur de l’impératrice.

Mais outre ses références à cette famille, qui, forcément, ont sonné pour moi comme des clins d’oeil particuliers, c’est bel et bien l’atmosphère « vintage » qui m’a rapidement enveloppée. La vie mondaine des nobles, les bals, le théâtre, les convenances entre hommes et femmes, mari et épouse, le masque des apparences, la proximité et l’écart entre riches et pauvres, le luxe et la maladie, le rôle de la religion. Tout ça est à la fois presque « exotique » à nos yeux actuels – tout ça paraît tellement absurde et extrême parfois – et en même temps troublant puisqu’il s’agit de notre histoire, de notre pays, de nos ancêtres, de coutumes et de convenances que le temps a effacé mais qui aurait aussi bien pu être les nôtres. 

Groupe de dames vendeuses au Bazar de la Charité.

Et c’est là, bien sûr, que je ne peux manquer de parler du carcan qui emprisonnait alors les femmes qui, comme l’auteure nous le rappelle noir sur blanc, ne « s’appartenaient pas » à cette époque: elles appartenaient à leur père puis à leur mari, parfois à Dieu quand elle échouaient à « faire un mariage convenable ». Des parents, ou un mari, pouvaient aisément disposer d’une femme comme d’une possession. La placer dans un couvent ou à l’asile pour une raison ou une autre, plus ou moins valable.

Ce roman est avant tout, à mes yeux en tout cas, le récit de l’émancipation de deux jeunes femmes, réunies par une amitié que rien n’aurait pu provoquer, si ce n’est l’intervention d’une troisième, ayant déjà tout perdu et décidé de consacrer le reste de sa vie à « soulager » les maux des autres.

Évidemment j’ai été très émue par ces 3 femmes, des femmes brisées mais qui trouvent, à travers leur amitié, le courage de se relever, le courage d’espérer à nouveau.

Je ne peux non plus manquer de parler de deux personnages masculins, Laszlo de Nérac et le cocher Joseph, qui ont le réél mérite de venir atténuer le portrait des hommes de l’époque, qui aurait paru bien sombre sans eux. Eux aussi, finalement, nous apprennent une leçon: que les hommes aussi étaient, d’une certaine façon, contraints par le carcan de la société de l’époque. Laszlo, qui ose s’éloigner des chemins tracés à l’avance par sa famille et pousse l’audace jusqu’à critiquer publiquement les hypocrisies des nobles, au risque de finir piétiné comme un moins que rien – et Joseph, simple domestique, mais qui, par son intelligence, sa sensibilité et son courage, aurait pu être tellement plus qu’un cocher.

Ce roman m’a tout à fait conquise et beaucoup émue, d’autant que l’incendie du Bazar de la Charité constitue un élément déclencheur on ne peut plus intéressant car bien réel. L’Histoire et la fiction se mêlent ici sans accrocs, et la plume délicate de Gaëlle Nohant nous porte de la première à la dernière page que nous tournons avec le coeur gros.

Coup de coeur

19 commentaires sur “La Part des Flammes, de Gaëlle Nohant

  1. Pour moi aussi ça a été un vrai coup de coeur (et je remercie ce super libraire qui m’avait conseillé sur ce livre dont on entendait pas encore vraiment parler). Cette qualité d’écriture et ce mélange de fiction et réalité, c’est tout ce que j’aime ^^
    Victoire

    J’aime

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