SP#79 – DESTINations, Anthologie des Imaginales 2017

Ne lisant que très peu de nouvelles dans mes lectures mais curieuse de revenir à cette forme littéraire après 2 coups de coeurs notables (Une Vie à coucher Dehors, de S.Tesson et Fleurs au Creux des Ruines, de C.Chevalier), j’ai bien sûr repéré dès sa parution l’Anthologie des Imaginales 2017, livre emblème de ce Festival qui me fait rêver. Des nouvelles de SFFF, que demander de mieux quand on connaît mes goûts??

Je remercie donc les éditions Mnemos qui ont accepté de m’envoyer ce livre, qui en plus d’appâter le lecteur par sa belle liste d’auteurs reconnus (ou en voie de le devenir), a l’avantage non-négligeable de ravir l’oeil avec sa magnifique couverture, une illustration de Julien Delval (présenté ICI) tirée de l’affiche du festival. 

J’ai donc décidé de vous donner mon avis par nouvelle, dans l’ordre de lecture (un ordre qui a fini par se calquer sur celui du sommaire, j’en suis consciente).

DESTINS

  • Bucéphale au coeur des Ombres, de Aurélie Wellenstein

J’ai beaucoup aimé le thème de cette nouvelle (chevalier en croisade et démon caché), elle aurait pu être géniale mais… je crois que je n’ai pas tout compris. Elle est malheureusement restée hors de ma portée.

  • La Source, de Victor Dixen

Une nouvelle que j’ai adoré lire, qui m’a un peu fait penser au récit d’Aldemor dans Véridienne (pour ceux qui voient de quoi je parle), une histoire qui m’a plue de bout en bout… jusqu’à la chute décevante. Une chute tellement prévisible qu’on aurait jamais pensé être LA chute.

  • Les Aiguillons de l’Amour, de François Rouiller

Une nouvelle qui m’a bien plue de manière générale. Un point de vue original, un monde SF à peine esquissé mais intéressant, une chute satisfaisante.

  • La Voix des Renards Pâles, de Charlotte Bousquet

Une histoire triste et belle. Du genre qu’on se verrait bien raconter un soir autour d’un feu. Pas vraiment de chute mais peu importe car l’histoire se suffit à elle-même.

  • Ivresse et Profondeurs, de G. D. Arthur

Une nouvelle intéressante! Un peu frustrée de n’avoir qu’un aperçu un peu confus d’un monde qui aurait peut-être eu besoin d’un peu plus d’explications. Je reste un peu sur ma faim.

  • Fin, de Gregory Da Rosa

J’ai beaucoup aimé. Récit d’une apocalypse, on y retrouve les thèmes originaux abordés dans son roman Sénéchal. Une très bonne nouvelle!

NATIONS

  • La Voix des Profondeurs, de Adrien Tomas

Jusqu’ici ma nouvelle préférée (notamment parce qu’une scène se passe à Uluru, un lieu que j’ai visité et aimé à la folie). Porteuse d’un message très « peace and love », peut-être un peu cliché (le message, pas la nouvelle!), mais c’est toujours bon à entendre. Surtout si c’est aussi bien amené que dans cette nouvelle.

  • Chakrouar III, de Jean-François Thomas

Une nouvelle de SF très bien menée, qui se lit très bien et se conclut sur une jolie chute. Bonne surprise! J’approuve!

  • Le Roi Cornu, de Stefan Platteau
Une très bonne nouvelle de fantasy. En même temps, l’auteur est avantagé car, par rapport aux autres, il a eu droit à plus de caractères. Une histoire qui se situe mille ans avant Manesh, le tome 1 de sa saga qui se trouve être déjà dans ma PAL! Ça donne envie de l’en sortir!
 .
DESTINATIONS
  • Sans destination, de Pierre Bordage

Excellente petite nouvelle de SF. J’ai beaucoup apprécié, plus que ce que j’osais espérer! Moi qui me considère comme pas très « douée » pour la SF, c’est une très bonne surprise.

  • Essaimage, de Loïc Henry
Une autre nouvelle qui marche très bien. Une vision assez effrayante de l’avenir de l’humanité et une décision radicale pour tenter de la « sauver » qui l’est encore plus. La comparaison avec les ruches est bien trouvée.
  • Hoorn, de Estelle Faye
Une très belle histoire, émouvante. Ma nouvelle nouvelle préférée! Récit d’un voyage sans retour et pourtant porté par l’espoir, un voyage vers l’avenir qui s’appuie sur la foi, les rêves, et une volonté tenace. Beaucoup d’émotions. Décidément les nouvelles de SF font quasiment un sans faute à mes yeux! Qui l’eût cru!
  • Jehan de Mandeville, Le Livre des Merveilles du monde, de Fabien Cerutti
Une fantasy originale, sur fond de géographie française et qui fait un petit clin d’oeil à la SF. Très agréable à lire!
  • Une Forme de Démence, de Lionel Davoust

Encore une histoire qui joue avec notre corde sensible. Très touchante. Ça parle du processus d’écriture, d’imagination et de mémoire, de lieux hors du temps et hors du réel – ou bien seraient-ils plus réels que la réalité elle-même? Une histoire qui sonne juste et clôture parfaitement ce recueil.

.
Au final, mes titres préférés sont: Fin, La Voix des Profondeurs, Le Roi Cornu, Hoorn et Une Forme de Démence. Mais la plupart des nouvelles sont bonnes voire très bonnes, aussi, si vous avez envie de goûter à plusieurs styles, plusieurs univers mais sans vous engager dans une énième saga ou trilogie, si vous voulez picorer, butiner… je ne peux que vous conseiller ce recueil, qui m’a un peu fait l’effet de piocher au hasard dans un sac de bonbons. Une expérience pleine de surprises et de saveurs 😉

Comment j’ai découvert la saga Autre-Monde… et la lecture en LIVRE AUDIO!

J’ai craqué, comme toute la blogosphère, suite aux vidéos de Nine Gorman et Maxime Chattam. Je ne leur dirai pas merci car me voilà embarquée quasi contre mon gré dans une aventure en 7 tomes qui n’était même pas dans ma PAL jusqu’ici. (Et je ne vous parle pas des supers SP qui me font de l’oeil tous les jours mais…qui se retrouvent finalement en stand-by à cause de ça)
Ça a commencé par un ebook, tout ce qu’il y a de plus basique. Lecture de bus, facile à lire dans les transports en communs (car tout ne se lit pas toujours très bien en bus).
J’en ai parlé à ma cops Eirilys qui m’a dit que, comme Acr0, elle s’y était mise aussi mais en audiobook pour sa part. Pour me tenter, elle m’a même fait écouté des extraits avec les voix des échassiers.
Alors, forcément, c’est là que je me suis dit: bon, il est temps! Depuis le temps que j’étais tentée par les livres audio mais sans oser franchir le pas, c’est donc Eirilys qui m’a lancée là-dedans.


Bilan de mon premier audiobook

L’expérience est très sympathique, très agréable. On a un peu l’impression d’être de nouveau enfant, quand nos parents nous racontaient des histoires (oui je pars du principe que la plupart des personnes qui liront ces lignes font partie de ce groupe de gens). L’histoire est aussi agréable à suivre que si nous la lisions pour nous-mêmes. Au départ, je pensais qu’un audiobook me permettrait d’admirer le paysage, les gens etc. au lieu d’avoir le nez plongé vers le bas. En fait, pas du tout. On est tellement absorbé par l’histoire qu’on ne voit pas ce qui défile sous nos yeux, on est absorbé dans notre petit monde, occupés à construire les images du récit. Cela dit, attention à la déconcentration. Je me suis rendue compte également qu’un élément extérieur peut vite vous faire « sauter » un passage. Le bus qui pile, les gens dehors, le monsieur qui marche bizarrement ou le drôle d’accoutrement de la mamie qui s’apprête à monter. Et d’un coup, je réalise que ça fait deux ou trois phrases que je n’ai pas écoutées vraiment. Et je suis bonne pour revenir un peu en arrière. Heureusement, rien de plus facile. À mes yeux, deux énormes avantage de l’audiobook sont:
1) les bruitages (quand il y en a): le bruit de l’orage, d’une vitre qui se brise, du bruissement des feuilles dans la forêt, de la chouette qui hulule… c’est absolument parfait. C’est ce que je préfère dans l’audiobook jusqu’ici.
2) les musiques d’ambiance ou de fond, je trouve ça super pour les moments d’action ou de suspense. Bon le petit détail qui m’embête c’est que ça déborde parfois un shouïa au-delà de l’action elle-même (exemple: le danger est écarté et les personnages se félicitent de leur victoire mais nous avons encore la musique angoissante en fond). Mais à part ces petits détails de réglages, je trouve que ça plonge vraiment bien dans l’histoire.

Cela dit, il y a bien un petit truc auquel j’ai eu du mal à m’habituer: les voix adultes pour des adolescents de 14 ans. J’imagine que ce genre de choix varie d’un audiobook à un autre, cela dépend aussi des voix et du « jeu » des lecteurs mais ça m’a un peu dérangée.
D’autant que j’ai trouvé très dommage de donner une voix de débile à Tobias (le Ron du trio si vous voulez). Oui. Il lui ont fait une voix de gogole, sans doute pour bien la distinguer de celle de Matt. Mais ça m’a vraiment embêtée car jusqu’à l’audiobook, je ne voyais pas Tobias comme « le débile de la bande ». Il est un peu plus en retrait, c’est vrai qu’il est un peu la cinquième roue du carrosse, mais quand même. Il est doué, gentil et on se sent proche de lui parfois quand il se retrouve désemparé face à ce nouveau monde étrange. Sauf que là, bah le jeu de la voix casse tout.
Sans parler du fait que j’ai beaucoup aimé Ambre dans le tome 1 mais que je l’ai trouvée tête à claque avec la voix de la lectrice femme, qui en fait une petite je-sais-tout à la limite de l’arrogance parfois. Dommage.
Cependant, je reconnais qu’on passe outre assez rapidement pour se laisser porter par l’intrigue. Et comme je le disais un peu plus haut, la façon dont les personnages sont joués doit vraiment varier selon les personnes qui lisent. Ce défaut ne concerne donc pas tous les audiobook mais celui-ci en particulier.

Quoiqu’il en soit je compte bien continuer mes expériences d’audiobook, d’abord avec la suite de la saga Autre-Monde, parce que je suis lancée et j’adore cette façon de lire, et plus tard avec d’autres romans. J’en ai d’ailleurs déjà un tout désigné!

Mon avis rapide sur le début de la saga, les tomes 1 et 2 d’Autre-Monde.

J’avoue que je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi jeunesse – je pensais plutôt à du YA avant de commencer –  et c’est ce qui m’a un peu déçue au début. Cela dit le récit est efficace et les mystères à résoudre nombreux, ce qui en fait une lecture divertissante et facile à lire. (Soit dit en passant le tome 1 sur l’île Carmichael m’a pas mal fait penser au tome 1 du Cas Jack Spark de Victor Dixen que j’avais énormément apprécié). Je me suis donc laissée entraîner et même si je ne pense pas mettre un coup de coeur à cette saga je dois dire que j’apprécie beaucoup ma lecture. On verra la suite 😛

SP#70 – Le Matin en Avait Décidé Autrement, de Salomé Vienne

render-le-matin-ok

Editions Mnémos
Label Naos du collectif des Indés de l’Imaginaire (2016)
336p

Éda et Théo avaient tout pour être heureux. Des gamins comme les autres, qui jouaient à se faire peur en se racontant des histoires au pied du grand châtaignier. Un jour pourtant, Éda disparaît sans laisser de traces. Et tout le monde oublia l’arbre, Éda et ses rêves étranges. Tous, sauf Théo… Commence alors pour lui l’expérience du doute, l’adolescence puis l’âge adulte. Mais de l’autre côté des mondes, prisonnière de la cellule 222 du Centre de tests génétiques de l’Empire, Éda vit encore et lutte, chaque matin, pour un fol espoir : retrouver Théo et lui confier sa dernière histoire, celle de sa survie… Salomé Vienne nous entraîne aux confins des mondes, là où l’impossible et le merveilleux se rencontrent pour forger un récit hypnotique.

J’ai lu ce livre vers fin Décembre… et pourtant je ne le chronique que maintenant, c’est-à-dire à mi-Janvier. Pourquoi tant de temps entre la fin de ma lecture et ma chronique me demanderez vous? Sans doute parce que je vais avoir du mal à exprimer ce qu’il s’est vraiment passé entre ce roman et moi. Je l’ai lu à une période très occupée pour moi (et pour sans doute la plupart des gens, avant les fêtes de fin d’année), je ne l’ai donc pas dévoré mais lu à petites doses tous les soirs…ou parfois un soir sur deux… et pourtant j’ai été complètement envoûtée par ce livre.

Déjà première chose à savoir: c’est le premier roman de l’auteure! Et là franchement, chapeau bas. Écrire une si belle chose alors qu’on a encore jamais rien écrit (ou du moins publié) c’est fort!

Pour moi ce roman est vraiment unique dans le sens où il est un mélange très réussi de genres: à la fois conte (pour ado ET adultes), roman dystopique, roman SF et, très subtilement, histoire d’amour.

Ce roman parle de rêves, du pouvoir de l’imagination et d’univers parallèles. Je préfère ne pas vous en dire trop sur l’histoire car je pense que découvrir ce roman vierge de toute suppositions ou attentes ne pourra que vous surprendre en bien! Je me contenterai donc de ces quelques mots concernant l’histoire, mais je dois quand même souligner que le style n’est vraiment pas en reste. Une superbe plume porte l’histoire dans ce texte truffé de passages qu’on aimerait pouvoir garder dans un carnet de citations – chose que je n’ai pas pris le temps de faire mais que j’aurais sans doute dû!

Voilà pour ce que j’ai réussi à vous dire de ce roman. Parler d’un roman aussi spécial et aussi beau n’est franchement pas évident alors j’espère juste avoir suscité votre intérêt! Et si ce n’est le cas, laissez-moi vous le dire noir sur blanc: ce livre est à lire! Il a été pour moi une magnifique surprise!

Un grand merci aux éditions Mnémos qui m’ont permis de le découvrir!

frise

coup-de-coeur

Coup de coeur

Novembre 2016 – Bilan lectures

Bon, c’est officiel, j’ai dû revoir mon objectif du Goodreads Challenge. L’an dernier j’étais presque à 90, donc cette année je m’étais dit : défi, tu liras 90 bouquins! Heu… On est presque mi-décembre et je suis LOIN LOIN des 90. Mais tout ça pour dire que j’ai encore eu un « petit mois » en Novembre. Je fais ce que je peux, je suis un peu frustrée sur les bords de ne pouvoir lire plus mais c’est comme ça. En l’occurrence, je suis quand même contente car je me suis donné un bon coup de fouet il y a un mois et ça a marché: j’ai réussi à ne me concentrer que sur les services de presse

En Novembre 2016, nous avons donc:

nov-collage

Sur ce, je continue et je m’accroche sur ma lancée de services de presse. Je suis actuellement au début du roman de Salomé Vienne, Le Matin en Avait Décidé Autrement, publié aux éditions Mnémos. Ce livre semble plein de promesses! Je vous en reparlerai vite j’espère 😉

Bonnes lectures à toutes et tous!

SP#66 – L’Inclinaison, de Christopher Priest

ob_08bc74_linclinaison2

Si j’ai demandé à lire ce livre à la dernière sélection des éditions Denoël (enfin… avant-dernière, huhu🙈), c’est uniquement la faute de Acr0 du blog Livrement. À force de vanter les mérites de cet auteur, je me suis dit que j’allais essayer.

Seulement voilà, j’étais un peu intimidée car l’auteur est plutôt versé dans la SF, genre que je ne maîtrise pas du tout. 😨

362

Tout d’abord j’ai été rapidement séduite par la première moitié du roman, le contexte, le décor, le héros, la musique, le rêve et l’inspiration, l’atmosphère… et le style aussi 🖊 Je me suis laissée entraîner avec plaisir, tout aussi intriguée par les îles que notre héros musicien piégé sur son sinistre continent 🌧

arrivee-lofoten000

Cela dit, je ne vous cacherai pas que je suis passée par un petit passage à vide dans la deuxième partie du roman, sans doute dûe en partie à mon manque de temps pour lire. J’ai aussi été déstabilisée par les « réponses-qui-n’en-sont-pas » amenées par l’auteur, à l’évolution du récit… qui fait qu’on ne comprend les choses qu’à demi-mots. Cela dit il est aussi possible que je ne sois juste pas assez intelligente pour tout comprendre.

Cependant je pense pouvoir dire que j’en ai compris assez pour apprécier ce roman. Les thèmes abordés sont intéressants et tous habilement mêlés: le temps et ses distorsions⌚️, le voyage ⛴, le rêve, l’inspiration, la musique 🎻… mais aussi l’absence, la solitude, le deuil et la quête de soi.

1

Au final, j’ai trouvé cette lecture inhabituelle dans le sens où elle se différencie de ce que j’ai pu lire jusqu’ici. Mais malgré quelques zones de flou au niveau de l’histoire, je ressors de mon premier roman de Priest charmée par sa plume (d’ailleurs petite mention pour Jacques Collins, le traducteur). À l’avenir je serais ravie de retrouver l’Archipel du Rêve dans d’autres romans (un archipel qui porte décidément bien son nom) et ainsi de développer peut-être ma compréhension de cet univers.

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture!