SP#68 – Terminus Elicius, de Karine Giébel

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« Ma chère Jeanne,
J’aimerais que vous m’aimiez comme je vous aime.
Mais, pour m’aimer, il vous faut me connaître.
Savoir ce que je suis… Certains diront un monstre.
D’autres chercheront des explications lointaines, surgies de mon passé.
Beaucoup jugeront, condamneront.
Mais qui comprendra vraiment ? Vous, je l’espère.
Hier soir, j’étais avec une autre femme que vous.
Mais je ne suis pas resté longtemps avec elle.

Juste le temps de la tuer… »

Déjà 2 livres de lus pour le #ColdWinterChallenge! J’ai dévoré en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ma dernière lecture, le thriller Terminus Elicius, de Karine Giébel. Les éditions Belfond ont réédité début novembre le premier roman écrit par cette auteure désormais réputée, initialement paru en 2004.

J’ai vu ici ou là que certains étaient légèrement déçus de ce roman, avec comme justification c’était seulement son premier roman.
Il est vrai qu’on sent une différence avec ses romans les plus récents, mais pour ma part j’ai apprécié cette différence dans le sens où l’histoire finit « moins mal » que ce qu’on aurait pu croire.
Et pourtant j’ai eu ce petit moment de désespoir où j’ai visualisé dans un flashe comment tout allait se terminer… Et on pourrait penser que l’auteure elle-même a du avoir cette vision car on passe vraiment pas loin d’un dénouement terrible, le genre de dénouement qui nous laisse KO, les larmes aux yeux à la fin du livre. Le genre de dénouement auquel Karine Giébel est maintenant associée par ses lecteurs.
Mais comme je le disais, le dénouement, bien que comportant sa part d’ombre, n’est pas de ce genre – pour mon plus grand soulagement.
Dans ce roman, et comme ce sera le cas pour ses romans suivants, Karine Giébel nous livre le portrait d’un personnage atypique,  » encore un cas soc’  » (prononcer kassos) comme me l’a fait remarquer délicatement mon homme. Jeanne, la petite secrétaire invisible, effacée, qui mène une vie d’un vide et d’un ennui sans fond. Et pourtant…c’est sur elle que le tueur va s’arrêter, c’est elle que deux hommes vont aimer simultanément. Deux! Elle qui pensait ne pas être digne d’être aimée.
Je dois dire que j’ai beaucoup aimé ce personnage, un mélange détonnant entre innocence et violence, à la fois naïve et psychologiquement fragile. On en peut pas s’empêcher d’avoir pitié d’elle.
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A woman dressed in black waits for New York City's downtown 1 train in the 79th Street subway station. Go talk to her! She could be the one.

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J’ai peut-être trouvé le début du roman…un peu plat, mais le portrait psychologique de Jeanne s’affinant, en parallèle avec le développement du point de vue du capitaine Esposito m’ont fait finalement basculer dans l’histoire. Comme d’habitude c’est la psychologie des personnages qui me plaît le plus dans les thrillers… Même si le scénario du tueur qui laisse des lettres dans le train m’a plu aussi. Bon, tout l’aspect mobile des meurtres-vengeance m’a semblé un peu… »facile » dans le sens où avec la mention d’une haute école de commerce prestigieuse, on finit par déceler de quoi il en retourne à peu près.
Mais peu importe j’ai beaucoup apprécié ma lecture, principalement grâce au portrait psychologique de Jeanne, qui nous agace et nous émeut en même temps, qu’on aurait parfois envie de claquer…ou de réconforter. Et puis j’ai eu un petit faible pour le capitaine Esposito alors voilà.
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En somme, un thriller que j’ai beaucoup apprécié: malgré un début un peu plat et un scénario relativement « facile », le récit bien maîtrisé ainsi que la psychologie des personnages ont su me convaincre, en particulier le personnage de Jeanne, un personnage brisé, ambigu, entre ombre et lumière.
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Rajout de dernière minute: la nouvelle inédite Aurore, sans doute écrite plus récemment et rajoutée à la fin du roman, vient finalement contrebalancer cette absence de fin horrible. J’ai presque parlé trop vite ^^ (Nouvelle qui m’a beaucoup plue quand même!)
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Merci aux éditions Belfond pour cette lecture!

SP#59 – L’Inconnue du Quai, de Mary Kubica

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Maison d’édition: Mosaïc

Nombre de pages: 400

Prix: 19,90€

La première fois que je l’aperçois, elle se tient sur le quai bondé de la gare de Fullerton, à Chicago. Il fait un froid à vous glacer les os, il pleut à verse. Elle serre un bébé dans ses bras. Rien ne les abrite. Quelques jours plus tard, elle est de nouveau là. Aussi fragile. Cette fois, je vais lui parler. Sans trop savoir pourquoi. Ni où tout cela va me mener… Hantée par l’image de cette jeune sans-abri et de son bébé, Heidi néglige l’avis de son mari et l’hostilité de sa fille : elle ouvre sa maison à l’inconnue du quai. Qui est vraiment Willow ? Mutique, vulnérable, a-t-elle quelque chose à voir avec l’inquiétante Willow Greer, dont le compte Twitter est plein de conseils macabres sur le suicide ? Peu à peu, la présence de l’inconnue dans la maison agit comme un révélateur des fissures familiales…

Il était sans doute écrit que je devrais lutter pour lire du Mary Kubica. Déjà pour son premier roman, j’avais attendu patiemment pendant des semaines de recevoir le livre… Guettant le courrier chaque jour…en vain. Et au moment où, résignée, je décidais d’abandonner tout espoir il s’était alors matérialisé dans ma BAL comme par magie. Une attente qui valait le coup car j’avais eu un coup de coeur pour ce thriller psychologique parfaitement maîtrisé (mon avis sur Une Fille Parfaite). Cette année, quand j’ai vu que l’auteure sortait un nouveau roman, je n’ai pas attendu longtemps avant de contacter la maison d’édition (via les attachées de presse bien sûr). Et là rebelote, le livre s’est fait désirer. Il n’arrivait pas. Ni 4 jours après nos échanges de mail, ni une semaine après, ni 15 jours… Mais il a bien fini par arriver, ouf! Et encore une fois, je suis contente d’être restée patiente et zen (merci encore à Audrey, l’attachée de presse avec qui j’ai été en contact).

L’Inconnue du Quai se révèle une excellente lecture qui frôle le coup de coeur et confirme le talent de Mary Kubica pour les thrillers psychologiques.

Une plume facile à suivre et une natation à trois voix maîtrisée. L’alternance des points de vue fonctionne très bien, maintient le suspense à chaque chapitre et permet à l’auteure de jouer avec brio sur la psychologie de chaque personnage. D’une part, on a le point de vue de Heidi, la mère de famille qui se laisse attendrir par cette jeune fille et son bébé croisés à la gare… mais dont les traumatismes du passé vont resurgir.  D’autre part, le mari, très pris par son travail, qui tombe des nues quand sa femme ramène Willow et son bébé chez eux. Enfin nous avons aussi le point de vue de Willow qui raconte son passé – soit une histoire totalement différente. Évidemment on devine rapidement que les deux histoires, la narration au présent et celle au passé vont finir par se rejoindre vers la fin du livre… Mais comment? Dans quelles circonstances? Tout réside là!

L’évolution psychologique de chaque personnage est superbement bien décrite. Comment la mère de famille attentionnée et altruiste se laisse peu à peu rattraper par les traumatismes de son passé; comment le mari distant confronté à l’inconnu(e) va progressivement prendre conscience de ce que sa famille représente à ses yeux… Et Willow, bien sûr, dont on découvre le parcours chapitre après chapitre, sans jamais trop savoir que penser d’elle – est-elle dangereuse? une criminelle? est-elle au contraire ce qu’elle semble être: une victime? – jusqu’à ce que la vérité se fasse jour.

Pour ce qui est de la fin du roman, certains pourront la trouver trop classique, convenue. Ce n’est pas une fin à la Barbara Abel ou pire à la Karine Giébel – dont les fins nous laissent dévasté(e)s… Mais moi ça m’a plu. J’ai aimé que le livre se finisse ainsi. J’aime bien frissonner, angoisser, me ronger les sangs pendant ma lecture de thrillers… mais j’aime bien aussi en ressortir entière et non en mille morceaux.

En bref, je ne suis pas du tout déçue de ce nouveau roman de l’auteure pour lequel j’avais pourtant de grandes attentes. Pas un coup de coeur mais une excellente lecture, qui se laisse dévorer. Une fois de plus, je ne peux qu’admirer la maîtrise de ce suspense tout en psychologie. Mary Kubica confirme ici son titre de « valeur sûre » en terme de thriller psychologique. À bon entendeur… 😉

Mai 2016 – Bilan lectures

Bon ce mois-ci moins de lectures qu’en Avril, « seulement » 4 livres lus dont 2 services de presse MAIS (parce que oui, il y a un MAIS de taille) un de ces livres est une intégrale! Un bon gros pavé. Du coup, je pourrais même tricher et dire que j’ai lu non pas 4 livres mais 6. Ce qui revient finalement à mon score mensuel habituel. Voici donc mes lectures en images:

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Une légère déception avec I.R.L. – mais qui m’aura au moins permis de faire la connaissance par tweets interposés de l’auteure Agnès Marot ❤ Une très belle découverte avec l’Épée de l’Hiver, malgré une certaine frustration de ne pas pouvoir en apprendre plus. Une bonne surprise avec Les Apparences, que j’ai failli laisser tomber mais qui a fini par se révéler dans la deuxième partie du roman: un vrai thriller psychologique comme je les aime! Enfin, une découverte de taille: l’intégrale 1 des Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb = LA lecture coup de coeur du mois. (Faut-il encore que je le répète: lisez Robin Hobb, elle est trop forte!! *_* ) Découvrez mon avis sur ce début de saga : tome 1, tome 2 et tome 3.

En gros, un bon mois avec d’excellentes lectures dans l’ensemble. 🙂 Et vous? Votre bilan lectures de mai?

Les Apparences, de Gillian Flynn

Amy et Nick forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan pour s’installer dans le Missouri. Un jour, Amy disparaît et leur maison est saccagée. L’enquête policière prend vite une tournure inattendue : petits secrets entre époux et trahisons sans importance de la vie conjugale font de Nick le suspect idéal. Alors qu’il essaie lui aussi de retrouver Amy, il découvre qu’elle dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d’autres plus inquiétantes. Après Sur ma peau et Les Lieux sombres, Gillian Flynn nous offre une véritable symphonie paranoïaque, dont l’intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller.

Oulala. La fin de ce livre m’a laissée K.O. Et dire que j’ai faillé abandonner ma lecture à 20%.

Eh oui, il y a quelques jours je me suis dit : « J’ai besoin d’un thriller. Un truc qui m’emporte vite vite et se dévore encore plus vite ». J’ai donc jeté mon dévolu sur Les Apparences de Gillian Flynn, auteure de Sur ma Peau qui m’avait conquise. J’étais persuadée que ce roman allait répondre à mes attentes. Et donc quelle n’a pas été ma surprise de me rendre compte à 20% de ma lecture que je m’ennuyais de pied ferme. J’avais besoin de lire beaucoup et vite (de cette façon boulimique dont j’aime lire les bons thrillers) et ce livre n’avait pas l’air très prenant. J’ai fait part de ma perplexité sur Twitter et c’est là que Cindy Van Wilder (mais si, vous savez, l’auteure des Outrepasseurs !) m’a répondu que persévérer valait vraiment le coup. Sans rien révéler, elle a quand même attiré mon attention sur le journal d’Amy et a piqué ma curiosité. J’ai alors décidé de persévérer. De persévérer dans la persévérance. *Huhu la private joke avec le bouquin* Grand bien m’en a pris ! Merci Cindy pour m’avoir relancée dans le droit chemin ^^ Je serais passée à côté de quelque chose !! Bon, le truc c’est que je ne peux pas tellement parler de l’intrigue sans spoiler mais je dois dire que j’ai été baladée par l’auteure bien comme il faut. Je me suis énervée, insurgée, j’ai même eu à l’occasion des sueurs d’angoisse (si si!). Je ne sais pas si j’ai besoin de le préciser mais j’ai bel et bien finit par dévorer ce livre avec avidité. Bon, il faut être prêt à s’ennuyer un peu pendant les 20 voire 30% du début (oui quand même) mais ensuite on se retrouve soudainement happé et pas qu’un peu. À la base je ne voulais pas spoiler mais je crois que je voudrais parler de la fin avec ceux qui ont lu le livre. (Je vous préviens dès que je spoile). J’étais à 10% de la fin et je me suis dit : bon, il y a quelques façons dont cette histoire peut se terminer, mettons les choses à plat et voyons si une de mes hypothèses va se vérifier. J’ai donc fait rapidement une liste des fins hypothétiques que j’imaginais, avant de dévorer les dernières pages. Voici donc quelles étaient mes théories à une demi-heure de la fin du livre :

ATTENTION GROS SPOILERS

Mes hypothèses de fin :

  1. La vérité éclate : Amy est une psychopathe, elle se fait enfermer en prison et Nick peut prendre un nouveau départ dans sa vie. = le gentil gagne – Option 1
  2. Nick cède à sa haine et sa colère : il tue Amy mais se fait choper et finit en prison = la méchante gagne – Option 1
  3. Nick cède à sa haine et sa colère : il tue Amy, ne se fait pas choper et reprend sa vie l’air de rien = le gentil gagne – Option 2
  4. Amy se rend compte que Nick a menti aux caméras (le coup du mari qui supplie sa femme de revenir), voit rouge et tue Nick. = la méchante gagne – Option 2.

Et la vraie fin. La fin – terrible – à laquelle je n’avais pas pensé :

  1. La méchante gagne – Option 3 : elle finit par imposer sa version des faits à tout le monde en piégeant Nick avec une grossesse imprévue. Pour protéger son enfant de l’avenir qu’Amy lui réserve, Nick capitule et se retrouve coincé auprès d’Amy pour toujours. THE END

FIN DES SPOILERS

Bref, je n’avais pas du tout envisagé cette fin atroce. Encore pire que les pires que j’avais imaginé… Par ailleurs, je salue la maîtrise impressionnante de l’auteure sur la psychologie de ses personnages et la psychologie du couple. Cette relation de couple Nick-Amy a commencé par me déranger, me mettre mal à l’aise. La désillusion du mariage, les problèmes de communication, les tensions et les rancoeurs qui s’accumulent… Puis elle m’a faite frissonner d’angoisse pour enfin m’horrifier. Et pourtant on ne peut s’empêcher de comprendre ! Malgré l’horreur et la tournure extrême que prennent les événements, on ne peut que suivre le raisonnement de l’auteure et s’étonner que « oui, ça colle, c’est logique – horrible, monstrueux et pourtant logique ».

En somme, malgré un début lent et plat, oui disons-le, ça vaut effectivement la peine de persévérer. J’aurais regretté de passer un côté d’un tel thriller psychologique. Encore un roman qui vient confirmer que le thriller psychologique est vraiment mon genre de prédilection en dehors des littératures de l’imaginaire. Et Gillian Flynn se situe désormais parmi mes auteurs préférés du genre, c’est dit.

Mon classement par ordre de préférence:

1 – Sur ma Peau (que j’ai trouvé parfait)

2 – Les Apparences

3 – Les Lieux Sombres

PS: Je viens d’apprendre que le film qui a été adapté de ce livre (que je n’ai toujours pas vu) a permis à Gillian Flynn de proposer une nouvelle fin à l’histoire. Peut-être qu’une de mes hypothèses va finalement se vérifier. Hâte de voir ça!

SP#52 – De Force, de Karine Giebel

De Force Collage

Depuis que j’ai reçu ce livre j’ai lutté pour résister à la tentation de l’ouvrir. Effectivement j’avais d’autres services de presse à finir avant de m’y mettre.

Ayant enfin trouvé le temps de les terminer j’ai pu me jeter avidement sur ce thriller qui était précisément le genre de lecture dont j’avais envie à ce moment-là. Et bien sûr je l’ai dévoré puisqu’il ne m’a tenu que  24h.

Juste une ombre étant le seul Karine Giebel que j’ai lu j’avais hâte de tester un nouveau roman de cette auteure. Et mon verdict est positif puisque j’ai plus aimé celui-ci ! Un thriller psychologique comme je les aime, une histoire en vase clos, des personnages pas très nets et torturés et bien sûr des squelettes dans le placard: un vernis trop brillant qui dissimule bien des choses.
Évidemment, à être adepte de ce genre de littérature on devine vite qu’au moins un des personnages cache bien son jeu. Mais que serait un thriller psychologique sans sa révélation finale? Et de toute façon je m’étais trompée alors… Tout bon pour l’auteure.

J’ai beaucoup aimé ce dénouement, moins dur à avaler que celui de Juste Une Ombre mais suffisamment dark pour rester dans un Giebel. Et j’aime beaucoup ces histoires de famille un peu glauques, torturées. Bref, le thriller psychologique est clairement un genre génial et je dois dire que Karine Giebel le maîtrise bien. Impossible de lâcher le livre avant de l’avoir fini et rien que cette sensation est déjà un bonheur de lecteur. Alors quand l’intrigue est à la hauteur… Que demander de plus?

Un thriller réussi que je recommande vivement: le genre de livre que j’aimerais croiser plus souvent.