SP#70 – Le Matin en Avait Décidé Autrement, de Salomé Vienne

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Editions Mnémos
Label Naos du collectif des Indés de l’Imaginaire (2016)
336p

Éda et Théo avaient tout pour être heureux. Des gamins comme les autres, qui jouaient à se faire peur en se racontant des histoires au pied du grand châtaignier. Un jour pourtant, Éda disparaît sans laisser de traces. Et tout le monde oublia l’arbre, Éda et ses rêves étranges. Tous, sauf Théo… Commence alors pour lui l’expérience du doute, l’adolescence puis l’âge adulte. Mais de l’autre côté des mondes, prisonnière de la cellule 222 du Centre de tests génétiques de l’Empire, Éda vit encore et lutte, chaque matin, pour un fol espoir : retrouver Théo et lui confier sa dernière histoire, celle de sa survie… Salomé Vienne nous entraîne aux confins des mondes, là où l’impossible et le merveilleux se rencontrent pour forger un récit hypnotique.

J’ai lu ce livre vers fin Décembre… et pourtant je ne le chronique que maintenant, c’est-à-dire à mi-Janvier. Pourquoi tant de temps entre la fin de ma lecture et ma chronique me demanderez vous? Sans doute parce que je vais avoir du mal à exprimer ce qu’il s’est vraiment passé entre ce roman et moi. Je l’ai lu à une période très occupée pour moi (et pour sans doute la plupart des gens, avant les fêtes de fin d’année), je ne l’ai donc pas dévoré mais lu à petites doses tous les soirs…ou parfois un soir sur deux… et pourtant j’ai été complètement envoûtée par ce livre.

Déjà première chose à savoir: c’est le premier roman de l’auteure! Et là franchement, chapeau bas. Écrire une si belle chose alors qu’on a encore jamais rien écrit (ou du moins publié) c’est fort!

Pour moi ce roman est vraiment unique dans le sens où il est un mélange très réussi de genres: à la fois conte (pour ado ET adultes), roman dystopique, roman SF et, très subtilement, histoire d’amour.

Ce roman parle de rêves, du pouvoir de l’imagination et d’univers parallèles. Je préfère ne pas vous en dire trop sur l’histoire car je pense que découvrir ce roman vierge de toute suppositions ou attentes ne pourra que vous surprendre en bien! Je me contenterai donc de ces quelques mots concernant l’histoire, mais je dois quand même souligner que le style n’est vraiment pas en reste. Une superbe plume porte l’histoire dans ce texte truffé de passages qu’on aimerait pouvoir garder dans un carnet de citations – chose que je n’ai pas pris le temps de faire mais que j’aurais sans doute dû!

Voilà pour ce que j’ai réussi à vous dire de ce roman. Parler d’un roman aussi spécial et aussi beau n’est franchement pas évident alors j’espère juste avoir suscité votre intérêt! Et si ce n’est le cas, laissez-moi vous le dire noir sur blanc: ce livre est à lire! Il a été pour moi une magnifique surprise!

Un grand merci aux éditions Mnémos qui m’ont permis de le découvrir!

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Coup de coeur

SP#65 – Conte de la Plaine et des Bois, de Jean-Claude Marguerite

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De retour dans son pays natal, le patron d’un grand studio de dessins animés entend aboyer Dick, son premier chien, pourtant mort il y a longtemps.
Il sort à sa recherche, traverse la rivière, se perd dans les bois… où il croise un garçon qui accompagne « son » Dick pour son ultime voyage. Débute un périple à la frontière du fantastique – ils dorment dans une maison hantée, partagent la dernière noisette de Mister Kreekle, son personnage fétiche… Toute fin étant une question de point de vue, chacun des trois voyageurs proposera la sienne.

Ça y est! Je l’ai lu! C’est décidé, je rattrape mon retard dans mes SP et ça commence ici.

Conte de La Plaine et des Bois, de Jean-Claude Marguerite, est un court roman de 159 pages… qu’on aurait sans doute pensé « vite lu ». En ce qui me concerne, ça n’a pas été le cas pour deux raisons.

Tout d’abord, j’avoue avoir eu du mal avec les premières pages. Le monologue intérieur du vieil homme est très abstrait, très onirique, entre contemplation et pensées-flashes qui jaillissent d’on ne sait où.

Cependant, à partir de l’arrivée de Manu, ce ne sont plus des « difficultés » qui ralentissent ma lecture mais simplement mon mon envie de prendre le temps et de savourer le paysage. Mon intérêt s’est soudain réveillé avec l’apparition de Dick-Albert et Manu. Et c’est là que je suis vraiment partie en balade avec eux. Je crois que je n’aurais pas pu mieux choisir ma saison pour lire ce livre. Il est question de forêts, de bois (non sans blague?), de nature, de crachin, de feuilles d’automne (rouges, toujours rouges!), de sentiers à demi-oubliés et de noisettes. J’ai beaucoup apprécié l’alliance créée entre le cadre, les réflexions du vieil homme, la résurgence de ses souvenirs au contact de ce duo aussi mignon qu’étrange: Manu et Albert. En fait, oui, beaucoup de mignonitude dans ce trio: vieil homme-enfant-chien. Mais tout en douceur et simplicité, sans chichis. On est touché par les thèmes abordés dans cette nature revenue à l’état sauvage, dont le cycle de la vie fait écho au cycle de la vie des humains. D’un côté un vieil homme, qui a grandi, qui a vécu, qui a dirigé des employés, amassé de l’argent, est devenu célèbre… et pourtant qui a soudainement l’impression de retrouver le petit garçon qu’il était, avec ses croquis et ses rêves. On touche à la vie, à l’enfance, au temps qui passe, à la mémoire, à la liberté, à l’insouciance, à l’innocence et à l’amour.

Je ne suis pas tout à fait sûre d’avoir bien compris la fin – ou les fins devrais-je dire – mais pour une fois, ce n’est pas plus mal. Je suis surtout heureuse du voyage, et je peux en déduire la fin qui me parle le plus.

En bref, une jolie balade automnale très touchante aux côtés de personnages à la fois émouvants et symboliques. Je suis heureuse de cette escapade automnale aux frontières du rêve que je dois aux éditions des Moutons Électriques, que je remercie encore chaleureusement!

Big Book Haul Été 2016

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Parce que ça fait des lustres que je n’ai pas fait de Book Haul, et aussi parce que ça fait des semaines que j’ai ces photos en mémoire et que je n’en fais rien… je crois qu’il est VRAIMENT temps de vous parler de mes belles trouvailles de cet été. De l’occasion, des services de presse, des cadeaux et une très subtile touche de craquage… bref, que du bon et on commence tout de suite.

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Voilà voilà. Mon beau petit tas plein de promesses.

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Le plus gros de la pile figure sur cette photo: uniquement des livres d’occasion (à une exception près) que j’ai eu la chance de trouver au vide-bibliothèque de ma ville. Le tout pour 3,50€. Ça faisait des mois que je l’attendais, tout en redoutant d’avoir trop d’espoirs. Oui, parce que les vieilleries il y en avait des tonnes! MAIS j’ai quand même réussi à mettre la main sur tout ça!

  • Ma super trouvaille, de fantasy SVP (genre hyper rare dans ce type de foire aux livres): les tomes 1 et 2 des Nains, de Markus Heitz que je voulais lire depuis longtemps!
  • Je suis aussi tombée sur Matricia de Charlotte Bousquet (auteure que je n’ai encore jamais eu l’occasion de découvrir) et quand Eirilys a vu que je l’avais pris, elle m’a offert Cytheriae qu’elle a sorti de sa propre bibli pour moi. Si c’est pas trop gentil?!
  • Peter Pan, au rayon enfants, un must-read qui n’avait encore jamais croisé ma route
  • Les Cerfs-Volants de Kaboul, de Khaled Hosseini parce que… parce que MyPrettyBooks. Tout simplement.
  • Enfin, une biographie de Charlotte Brontë, que je suis allée pêcher sous une table à genoux. Parce que: auteure de roman gothique, destin plus ou moins tragique, et surtout maman de Jane Eyre ❤️

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Place aux SP de deux maisons d’édition que j’apprécie énormément: Denoël et Les Moutons Électriques, qui m’ont encore prouvé leur générosité. Conte de la Plaine et des Bois, de Jean-Claude Marguerite (du nature writing onirique) et L’Inclinaison, de Christopher Priest (plutôt SF) dont je vous ai déjà parlé puisqu’ils font partie de ma PAL d’automne. Et aussi Le Vaisseau Ardent que j’ai eu la grande chance de recevoir, alias LE roman qui a fait connaître Jean-Claude Marguerite (oui encore lui!). En pleine découverte passionnée des Aventuriers de la Mer je ne pouvais PAS ne pas être intriguée par ce « roman-parpaing » qui parle de pirates et de chasse au trésor!

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Oui, « roman-parpaing » parce que… parce que ça en a presque l’épaisseur, comme vous pouvez le juger par vous-mêmes sur la photo! Je ne sais pas combien de temps cette lecture va me prendre mais j’ai bon espoir de vivre une belle aventure!

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On finit avec mes 2 chouchous de ce Book Haul. Un craquage qui était vraiment nécessaire, Robin Hobb oblige, j’en avais trop besoin… (d’ailleurs il n’a pas fait long feu!) Et encore une preuve que mon amie Eirilys est un amour : elle et son chéri pensaient revendre leur exemplaire en trop de Gagner la Guerre, de Jaworski, (d’autant que cette version n’est plus éditée à ce jour) mais quand elle a appris que je recherchais activement à me le procurer elle m’a proposé un petit marché : elle me ferait cadeau du livre en échange d’un poche de sa wishlist. Donc en gros j’ai gagné un superbe livre relié en hard back même plus édité pour environ 8€. Voilà, j’ai peu d’ami(e)s mais je les choisis bien, n’est-ce pas? x) Encore un grand MERCI Eirilys, à toi et ton homme, pour ce beau cadeau.

Ce sera tout pour ce Book Haul. Depuis que j’ai pris ces photos, j’ai reçu/gagné d’autres livres (et cette PAL qui ne diminue jamais, on en parle?) mais je vous les montrerai une prochaine fois!

Sur ce, j’espère que vos lectures actuelles vous plaisent et je vous souhaite à tous de belles aventures littéraires. ❤️📖😇

Dragon de Glace, de George R. R. Martin

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D’un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d’un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S’il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S’il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n’en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. Le dragon de glace soufflait du froid.

Nous retrouvons ici le célèbre George R. R. Martin dans un registre différent du Trône de Fer. En effet, même si nous pouvons vite deviner que l’histoire se situe dans le monde de Westeros, nous avons ici affaire à un conte. Adara est une fillette particulière: née lors de l’hiver le plus rude elle est la seule de sa famille à aimer l’hiver et le froid… car elle attend chaque année de retrouver le dragon de glace que tous redoutent.

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J’ai trouvé ce conte très sympathique, fantastique, très adapté à la saison… mais pas forcément adapté aux enfants les plus jeunes. Disons que les enfants à partir de 8 ans sauront sans doute mieux apprécier cette histoire.

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Et que dire de l’esthétisme du livre en lui-même! La typographie, la reliure avec une tête de dragon et les illustrations magnifiques de Luis Royo. Le trait, les couleurs… tout se prête à l’atmosphère du conte et nous transporte aisément auprès de Adara!

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Un magnifique livre qui véhicule un très beau conte d’hiver! A mettre entre toutes les mains!

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Coup de coeur

Dragon de glace, de George R. R. Martin

Publié par Flammarion (2015) / 12,90 € / 124 pages

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SP#41 – La Princesse aux perles, de Mary de Morgan

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Auteur(e): Mary de Morgan

Illustrateur: Yvonne Gilbert

Maison d’édition: Éditions des Éléphants

Prix: 18€

On va parler aujourd’hui d’un superbe service de presse que j’ai eu le plaisir de recevoir de la part des éditions des Éléphants, que je remercie encore. Il s’agit d’un conte de fées anglais du XIXe siècle dont l’accorche m’avait bien intriguée…

Il était une fois une princesse d’une beauté sans pareille qui s’appelait Fiorimonde, et qui ne devait sa beauté qu’à la magie noire d’une vieille sorcière. Le jour où son père décida de la marier, bien décidée à garder sa liberté et sa beauté, elle attacha autour de son cou une fine chaîne d’or ensorcelée : quiconque y toucherait serait aussitôt transformé en perle. Les uns après les autres, les prétendants disparaissent, tandis qu’au cou de la princesse les perles se multiplient. Jusqu’au jour où Yolande, servante au coeur pur, démasque la maléfique princesse…

En réalité, je ne m’attendais pas à recevoir un si bel ouvrage. La couverture cartonnée, entièrement illustrée, si ce n’est un bandeau de tissu, la qualité du papier, à la fois épais mais pas trop, la palette de couleurs choisie et bien sûr les illustrations en elles-mêmes. Ajoutez à cela un conte comme on les aime, un peu comme un conte d’Andersen… Je n’ai pas résisté et me suis plongée dedans sitôt reçu! 

J’ai beaucoup beaucoup aimé! Bien sûr, le conte suit un schéma relativement classique mais j’ai apprécié l’originalité du choix de la méchante comme personnage central de l’histoire. Bon je ne vous raconterai pas la fin, bien qu’on s’en doute, mais j’ai trouvé tout ça bien maîtrisé. Et je pense qu’on peut tirer des leçons de cette histoire à plusieurs niveaux, qu’on soit enfant ou adulte. En bref, je suis conquise! Pou achever de vous convaincre, je vous laisse sur un aperçu du contenu du livre 😉

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Et encore, je ne vous ai pas montré les plus belles illustrations! (Quoique celle de la sorcière est sans doute ma préférée!) Alors, ça vous tente? 😀