SP#68 – Terminus Elicius, de Karine Giébel

9782714475022

« Ma chère Jeanne,
J’aimerais que vous m’aimiez comme je vous aime.
Mais, pour m’aimer, il vous faut me connaître.
Savoir ce que je suis… Certains diront un monstre.
D’autres chercheront des explications lointaines, surgies de mon passé.
Beaucoup jugeront, condamneront.
Mais qui comprendra vraiment ? Vous, je l’espère.
Hier soir, j’étais avec une autre femme que vous.
Mais je ne suis pas resté longtemps avec elle.

Juste le temps de la tuer… »

Déjà 2 livres de lus pour le #ColdWinterChallenge! J’ai dévoré en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ma dernière lecture, le thriller Terminus Elicius, de Karine Giébel. Les éditions Belfond ont réédité début novembre le premier roman écrit par cette auteure désormais réputée, initialement paru en 2004.

J’ai vu ici ou là que certains étaient légèrement déçus de ce roman, avec comme justification c’était seulement son premier roman.
Il est vrai qu’on sent une différence avec ses romans les plus récents, mais pour ma part j’ai apprécié cette différence dans le sens où l’histoire finit « moins mal » que ce qu’on aurait pu croire.
Et pourtant j’ai eu ce petit moment de désespoir où j’ai visualisé dans un flashe comment tout allait se terminer… Et on pourrait penser que l’auteure elle-même a du avoir cette vision car on passe vraiment pas loin d’un dénouement terrible, le genre de dénouement qui nous laisse KO, les larmes aux yeux à la fin du livre. Le genre de dénouement auquel Karine Giébel est maintenant associée par ses lecteurs.
Mais comme je le disais, le dénouement, bien que comportant sa part d’ombre, n’est pas de ce genre – pour mon plus grand soulagement.
Dans ce roman, et comme ce sera le cas pour ses romans suivants, Karine Giébel nous livre le portrait d’un personnage atypique,  » encore un cas soc’  » (prononcer kassos) comme me l’a fait remarquer délicatement mon homme. Jeanne, la petite secrétaire invisible, effacée, qui mène une vie d’un vide et d’un ennui sans fond. Et pourtant…c’est sur elle que le tueur va s’arrêter, c’est elle que deux hommes vont aimer simultanément. Deux! Elle qui pensait ne pas être digne d’être aimée.
Je dois dire que j’ai beaucoup aimé ce personnage, un mélange détonnant entre innocence et violence, à la fois naïve et psychologiquement fragile. On en peut pas s’empêcher d’avoir pitié d’elle.
.

A woman dressed in black waits for New York City's downtown 1 train in the 79th Street subway station. Go talk to her! She could be the one.

.
J’ai peut-être trouvé le début du roman…un peu plat, mais le portrait psychologique de Jeanne s’affinant, en parallèle avec le développement du point de vue du capitaine Esposito m’ont fait finalement basculer dans l’histoire. Comme d’habitude c’est la psychologie des personnages qui me plaît le plus dans les thrillers… Même si le scénario du tueur qui laisse des lettres dans le train m’a plu aussi. Bon, tout l’aspect mobile des meurtres-vengeance m’a semblé un peu… »facile » dans le sens où avec la mention d’une haute école de commerce prestigieuse, on finit par déceler de quoi il en retourne à peu près.
Mais peu importe j’ai beaucoup apprécié ma lecture, principalement grâce au portrait psychologique de Jeanne, qui nous agace et nous émeut en même temps, qu’on aurait parfois envie de claquer…ou de réconforter. Et puis j’ai eu un petit faible pour le capitaine Esposito alors voilà.
 .
En somme, un thriller que j’ai beaucoup apprécié: malgré un début un peu plat et un scénario relativement « facile », le récit bien maîtrisé ainsi que la psychologie des personnages ont su me convaincre, en particulier le personnage de Jeanne, un personnage brisé, ambigu, entre ombre et lumière.
.
Rajout de dernière minute: la nouvelle inédite Aurore, sans doute écrite plus récemment et rajoutée à la fin du roman, vient finalement contrebalancer cette absence de fin horrible. J’ai presque parlé trop vite ^^ (Nouvelle qui m’a beaucoup plue quand même!)
 .
Merci aux éditions Belfond pour cette lecture!

SP#52 – De Force, de Karine Giebel

De Force Collage

Depuis que j’ai reçu ce livre j’ai lutté pour résister à la tentation de l’ouvrir. Effectivement j’avais d’autres services de presse à finir avant de m’y mettre.

Ayant enfin trouvé le temps de les terminer j’ai pu me jeter avidement sur ce thriller qui était précisément le genre de lecture dont j’avais envie à ce moment-là. Et bien sûr je l’ai dévoré puisqu’il ne m’a tenu que  24h.

Juste une ombre étant le seul Karine Giebel que j’ai lu j’avais hâte de tester un nouveau roman de cette auteure. Et mon verdict est positif puisque j’ai plus aimé celui-ci ! Un thriller psychologique comme je les aime, une histoire en vase clos, des personnages pas très nets et torturés et bien sûr des squelettes dans le placard: un vernis trop brillant qui dissimule bien des choses.
Évidemment, à être adepte de ce genre de littérature on devine vite qu’au moins un des personnages cache bien son jeu. Mais que serait un thriller psychologique sans sa révélation finale? Et de toute façon je m’étais trompée alors… Tout bon pour l’auteure.

J’ai beaucoup aimé ce dénouement, moins dur à avaler que celui de Juste Une Ombre mais suffisamment dark pour rester dans un Giebel. Et j’aime beaucoup ces histoires de famille un peu glauques, torturées. Bref, le thriller psychologique est clairement un genre génial et je dois dire que Karine Giebel le maîtrise bien. Impossible de lâcher le livre avant de l’avoir fini et rien que cette sensation est déjà un bonheur de lecteur. Alors quand l’intrigue est à la hauteur… Que demander de plus?

Un thriller réussi que je recommande vivement: le genre de livre que j’aimerais croiser plus souvent.

Book Haul – Novembre 2015

Nous sommes seulement mi-Novembre, mais je reviens d’Angleterre et avec les achats que j’ai pu y faire + les livres reçus avant de partir… j’ai largement de quoi vous faire un nouveau Book Haul, alors pourquoi se priver hein?

IMG_20151108_144502

On commence avec deux achats d’occasion dont je suis très contente, en particulier du premier qui est le tome 1 d’une trilogie chaudement conseillée par Acr0 de Livrement (oui encore elle!^^): La Tapisserie de Fionavar. Ça faisait longtemps que j’attendais de le trouver d’occasion alors je suis ravie 😛

IMG_20151108_144207

On continue avec deux romans reçus en service de presse grâce à un tout nouveau partenariat avec les éditions du Seuil. On remarquera à droite un roman de Thomas H Cook, auteur dont j’ai eu le plaisir de faire la connaissance il y a déjà un mois et demi.

IMG_20151108_144607

Nous avons ici encore un service de presse qui me faisait très envie: La Princesse aux Perles, un conte de fées anglais du XIXe siècle, pour la première fois traduit en français, et superbement illustré. Il est publié aux éditions des Éléphants qui ont eu la gentillesse de m’en envoyer un exemplaire. Je crois qu’il ne tardera pas dans ma PAL! Le roman de gauche vous parle sans doute plus! Il s’agit d’un très gentil cadeau de départ d’une collègue de travail. Je suis curieuse de découvrir ce nouveau Karine Giébel.

bg

And now, England here we come!

uk_flag2

On passe aux bouquins que je me suis ramenés d’Angleterre, en commençant par cette trilogie que je voulais m’acheter en VO depuis longtemps et que j’ai pu avoir pour la modique somme de 9£ !

IMG_20151108_144100

Et on finit (en beauté) avec deux livres d’occasion et un magazine.

IMG_20151108_144722

En vrai le magazine HP, offert par mon chéri, a coûté plus cher que les deux livres réunis. Il faut dire aussi qu’il vient de la boutique des Studios HP… (eh ouiiii!!! mais je vous en reparlerai mieux plus tard 😉 ) Pour revenir aux livres d’occasion, je suis juste tellement heureuse d’avoir trouvé ces deux-là! D’une part parce que ce sont deux livres qui me tentent depuis loooongtemps, et d’autre part parce que la version VO est tellement belle!! The Graveyard Book est carrément illustré par Chris Riddell, et The Land of Stories est un hardback de toute beautéBref, je suis fan et très très heureuse d’avoir pu rajouter ces livres sur mes étagères (et tant pis pour la PAL!)

Voilà pour ces nouvelles acquisitions! Je vous retrouve rapidement pour un autre Haul mais généraliste cette fois, car les livres ne sont pas les seuls souvenirs que je me suis ramené! Hâte de vous montrer tout ça 😉

Si on parlait de… rencontres auteurs/lecteurs

Crédit: La Tête dans Les Livres

Crédit: La Tête dans Les Livres

Ce rendez-vous est publié le dimanche, toutes les deux semaines. On y parle de livres, de vie bloguesque, de tout et n’importe quoi… le but étant de pouvoir échanger son opinion et son point de vue en toute simplicité mais toujours autour des livres ou des blogs.

Cette semaine:

Si on parlait de… rencontres auteurs/lecteurs

Quand j’ai vu ce sujet chez La Tête dans Les Livres (un blog que j’adore soit dit en passant!) je me suis dit que le thème tombait à pic après mon week-end de folie. Ce fameux week-end que je redoutais tant, qui m’a tracassé pendant des jours si ce n’est des semaines, et qui m’a empêché de lire, de manger et même de dormir ces derniers jours. Mais que s’est-il donc passé, me direz-vous? Rien de fondamentalement grave, pas de panique. Il se trouve « simplement » que je devais participer à l’organisation d’un grand événement littéraire (que je préfère ne pas citer) pour lequel je me suis vue attribuer au dernier moment un tas de responsabilités auxquelles je n’étais pas préparée. Donc au départ j’étais hyper contente d’y participer et à la fin j’étais complètement étouffée par le stress et l’appréhension. Premièrement ma chef, qui gère cet événement chaque année et à qui je devais apporter mon soutien pendant ce week-end là, a annoncé 10 jours avant qu’elle ne pourrait être de la partie. Okayyy… Elle a donc délégué ses tâches à une collègue à moi – qui n’avait jamais travaillé sur cet événement de sa vie et qui donc en savait encore moins que moi (c’est dire!). Déjà là, on était mal barrés – pardonnez-moi l’expression. Et il se trouve que la collègue en question, sous la pression, nous a annoncé deux jours avant qu’elle se mettait en arrêt maladie (elle se serait évanouie chez elle). Breeef, pour le coup j’en ai versé quelques larmes le matin où je l’ai appris. Je vous raconte pas la pression. L’événement littéraire en question c’était donc le week-end dernier… et je suis toujours vivante!! Je ressors un peu la tête de l’eau et revenir à la vie normale est presque étrange. Mais je respire à nouveau maintenant que c’est fini, d’autant que 1) je suis assez fière de m’en être plutôt bien sortie et 2) j’ai quand même fait de belles rencontres! D’où le thème de cet article! (vous avez vu cette transition de ouf?)

J’ai donc participé – côté coulisses – à un salon de littérature qui a accueilli ce week-end plus d’une quarantaine d’auteurs. Je ne mentionne pas le nom de ce salon volontairement, mais je sais que les plus curieux pourront sans doute le retrouver facilement une fois que j’aurais parlé des auteurs que j’y ai rencontrés. Parce que ce qui m’a vraiment aidé à tenir le coup pendant ce week-end c’est les rencontres d’auteurs que j’ai pu y faire. Je dois dire que parmi la quarantaine d’auteurs invités, je n’en connaissais aucun… sauf un, une en l’occurrence: Karine Giébel.

Giebel-Karine-©-Melania-Avanzato

Ouep, je suis très heureuse d’avoir rencontré Mme Giébel, dont on entend tant parler sur la blogo! Je lui ai fait dédicacé un roman que j’avais déjà Juste Une Ombre, et n’ai pas résisté à la tentation de lui en acheter un. Mon choix s’est porté sur Meurtres Pour Rédemption, que je lui ai fait dédicacé pour le chéri. (Mais si j’avais eu les sous, j’avoue que j’aurais tout pris!) On n’a pas pu parler bien longtemps mais j’ai quand même eu le temps de lui parler de mon blog, de la réputation de ses romans dans notre petite communauté de blogueurs-lecteurs, et des titres qui y reviennent souvent. Une personne très sympathique et souriante 🙂

AVT_Thomas-H-Cook_8663

Mais s’il y a vraiment une rencontre que je retiendrai de ce salon, c’est ma rencontre avec Thomas H. Cook, auteur de polars new-yorkais. En fait j’ai fait sa connaissance le Vendredi soir, la veille du salon, à l’occasion du dîner organisé pour les auteurs arrivés dans la journée. Il était avec son attachée de presse aux éditions du Seuil (avec qui j’avais déjà parlé plus tôt dans la journée, une personne très gentille et très douce) et tous deux semblaient un peu isolés. Ils ne connaissaient pas réellement les auteurs assis à côté d’eux et la barrière de la langue ne devaient pas arranger les choses. Eh oui parce que M. Cook parle anglais (of course) et se débrouille en français mais tout juste. Du coup, dès que j’ai pu j’ai saisi l’occasion d’aller lui adresser quelques mots. J’ai fait ça de manière très spontanée, ce qui ne me ressemble pas puisque je suis généralement plutôt timide, mais je suis très heureuse de l’avoir fait. M. Cook a semblé ravi d’avoir quelqu’un à qui parler en anglais et nous avons lié conversation très facilement et naturellement. Nous avons parlé de tout et de rien, de New-York, sa vie à New-York comparée à la vie dans les grandes villes de France (Paris ou Lyon), mon futur voyage en Angleterre, tout ce qu’on peut faire à Londres, les comédies musicales, les concerts, nos goûts musicaux, puis nos goûts en matière de littérature – je ne me suis même pas sentie gênée de n’avoir rien lu de lui – ma passion pour la lecture et mon activité de chroniqueuse pour certaines maison d’édition françaises. C’est à ce moment qu’il s’est retournée vers son attachée de presse pour s’exclamer qu’il fallait m’envoyer tous ses livres! 😀 Il m’a parlé de ses différents romans, m’a expliqué qu’il n’aimait pas tout ce qu’il écrivait mais qu’il était sûr que certains d’entre eux me plairaient! Notre conversation s’est finie là-dessus et je suis repartie du dîner ravie de cette rencontre. Ça m’a d’ailleurs donné un peu de courage pour le lendemain et le début du salon.

Le lendemain, samedi, j’en ai parlé à mes parents au téléphone et mon père qui devait passer au salon le dimanche m’a assuré qu’il irait le voir. De ce fait, le dimanche matin, quand j’ai vu mon papa et mon chéri arriver ensemble au salon, j’ai pris deux minutes pour aller les présenter à Thomas H. Cook. Je n’ai pas pu rester avec eux mais j’ai ensuite appris que mon père lui avait acheté deux ou trois romans – des achats que j’approuve à 200%. 

Quelques uns de ses romans...

Quelques uns de ses romans…

Enfin, chose à laquelle je ne m’attendais pas, j’ai encore eu un très bon moment à passer avec M. Cook au repas de midi du Dimanche. Je devais être occupée ailleurs mais j’ai finalement atterri au restaurant où M. Cook, son attachée de presse et un autre auteur, Parker Bilal, s’étaient installés pour manger. Ils étaient à une table de 4, avec une place vacante donc, et le restaurant étant petit, je n’ai pas eu beaucoup de choix… (En même temps je n’allais pas me plaindre hein!) Je me suis donc retrouvée à manger avec eux et j’ai de nouveau passé un excellent moment. Thomas H. Cook trouve toujours de quoi parler, souvent avec humour, et sait vous intéresser. On sent qu’il est cultivé et qu’il a connu beaucoup de choses. En l’occurrence lors de ce repas, nous avons bien parlé de films car il se trouve aussi qu’il est cinéphile.

Tout ça pour vous dire que je n’aurais jamais pensé faire une rencontre aussi sympathique lors de ce salon. Déjà parce que rencontrer des auteurs dans le cadre d’un salon avec des dédicaces me met toujours mal à l’aise. On a deux minutes pour dire ce qu’on a dire, échanger deux phrases bateau et ensuite s’écarter pour laisser la place aux suivants. On est debout derrière la table, dans la position de la groupie et c’est gênant. Mais là, de me retrouver dans les coulisses de l’organisation m’a fait rencontrer les auteurs dans un autre contexte. Autour d’un verre ou d’un repas, la relation est moins marquée de cette différence auteur/ lecteur. On est sur un pied d’égalité et ça change tout.

Vous aurez sans doute deviné qu’à l’heure actuelle ma priorité niveau lecture est de lire enfin un roman de Thomas H. Cook. En attendant de recevoir les services de presse que les éditions du Seuil doivent m’envoyer, je pense emprunter un des romans achetés par mon papa! J’ai particulièrement hâte de découvrir son style, qui, à ce qu’en disent les critiques sur Babelio, est très bon.

Pour finir cet article vraiment trop long je dirai que j’ai aussi eu l’occasion d’échanger (mais beaucoup plus rapidement) avec d’autres auteurs très sympas, notamment Jean-Hugues Oppel qui est un des premiers à m’avoir adressé la parole, très boute-en-train, attentionné aussi; ainsi que Roselyne Bertin qui respire la gentillesse et qui a tenu à me dire au revoir personnellement à la fin du salon.

auteurs Collage

Jean-Hugues Oppel et Roselyne Bertin

J’ai eu très peu de contacts avec les autres auteurs mais je garde en tête tout ceux qui nous ont remercié à la fin du salon – auteurs ou éditeurs ou attachés de presse: remercié pour l’accueil, pour l’organisation (alors que vue des coulisses cette organisation eh bien… on a du mal à la trouver!) et pour leur séjour de manière générale. Quand on s’est démené comme on l’a fait, ça fait chaud au coeur.

Au final, je ne vous mentirai pas: je suis on ne peut plus heureuse que cet événement soit enfin derrière moi, mais d’un autre côté c’était une expérience intéressante. J’ai réalisé que je suis capable de plus de choses que je pensais et j’ai fait de très belles rencontres. Des personnes très sympathiques avec qui j’espère garder contact 🙂

Juste une Ombre, de Karine Giebel

CJn3_fUWsAAAzbN

Alors j’ai fini hier mon premier Karine Giebel. Il faut savoir que je me suis mise à lire cette auteure pour deux raisons 1) son grand succès sur la blogosphère qui m’a convaincue depuis longtemps, et 2) j’aurai peut-être la chance de la rencontrer d’ici quelques mois. J’ai donc attaqué Juste une Ombre qui me tentait énormément, surtout après avoir re-regardé la vidéo de Margaud Liseuse L’Auteur du Mois : Karine Giébel.

Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde.
Tu manipules? Tu deviendras une proie.
Tu domines? Tu deviendras une esclave.

Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t’imposer dans ce monde, y trouver ta place.
Et puis un jour…
Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi.
À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche.
Juste une ombre.
Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré.
On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres.
On t’observe jusque dans les moments les plus intimes.
Les flics te conseillent d’aller consulter un psychiatre. Tes amis s’écartent de toi.
Personne ne te comprend, personne ne peut t’aider. Tu es seule.
Et l’ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos.
Ou seulement dans ta tête?
Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard…

Alors je tiens à vous prévenir que cette critique n’est pas garantie sans spoilers. Evidemment je ne vous révèle rien d’important sur l’histoire, aucune grosse révélation qui vous empêcherait de lire le livre, je ne révèle ni la fin ni qui est qui… Mais je me suis sentie obligée de parler de certains éléments secondaires pour vous expliquer ce que j’ai ressenti pendant cette lecture… Donc libre à vous de me lire – ce que j’aimerais que vous fassiez quand même, je l’avoue ^^

Comme je m’y attendais j’ai très vite été happée par l’histoire et par la tension qui s’instaure dès le début. J’ai tout de suite trouvé curieux et intéressant que l’héroïne du roman soit une personne finalement assez désagréable et peu sympathique. Sans être foncièrement mauvaise, on comprend vite que Cloé n’est clairement pas sympa. Future PDG d’une boîte de pub, elle est imbue d’elle-même et méprise les gens en-dessous d’elle, que ce soit dans sa société ou dans la société de manère générale. C’était quand même osé de baser son histoire sur une héroïne ni gentille ni attachante et pourtant ça fonctionne ! Et oui ! Parce que malgré nous, on va vite compatir avec Cloé, avoir pitié d’elle, de sa vie qui tombe en ruines petit à petit, elle qui perd ses repères un à un au fil de l’histoire. On va finalement s’attacher à elle, à notre propre surprise, quand on la voit devenir de plus en plus seule, face à l’injustice et la cécité de son entourage qui ne la croit pas et la traite de plus en plus comme une folle. Arrive alors l’inspecteur Gomez et lui on l’aime dès le début. Cette brute de décoffrage qui cache un grand cœur, et surtout une blessure profonde. Et là, quand on assiste enfin à sa rencontre avec Cloé, qu’on trouve enfin un flic qui la croit et va mener l’enquête, on pousse un grand soupir ! Car tout n’est pas fini mais lui va pouvoir l’aider c’est sûr ! La sauver même ! Et pendant ce temps, l’histoire se poursuit et malgré la présence rassurante de l’inspecteur Gomez, l’angoisse est de plus en plus pesante, tant pour Cloé que pour le lecteur. A l’image de Cloé, on a hâte que tout se finisse, on attend la délivrance. Car ce roman est quand même très noir et très dur. Pas dans le sens gore et sanglant, car vous ne verrez (presque) pas une goutte de sang dans ce thriller, mais sombre sur tous les autres points de vue : Cloé qui se fait manipuler, abuser, traiter de folle par tous ses proches, qui revit des images de son passé traumatisant, qui est seule et abandonnée, Gomez qui a récemment vécu une tragédie personnelle puis une tragédie professionnelle qui le font vaciller au bord du gouffre, ces deux êtres brisés par la vie et par les circonstances qui se rattachent l’un à l’autre comme à des bouées de sauvetage, avec l’énergie du désespoir, le personnage de Bertrand cet immonde sal**d, les petits mots répugnants du psychopathe qui joue avec sa proie comme un sadique… BREF, ce livre est noir, lourd et pèse sur le lecteur de plus en plus au fil de la lecture. Alors on attend avec impatience la fin qui viendra enfin alléger notre cœur de lecteur et délivrer la pauvre Cloé qu’on a fini par comprendre et par aimer. Et c’est là qu’on se prend la fin du livre en pleine poire. Comme une gifle qui claque et fait résonner les murs. Et ça fait mal ! Vraiment mal.

Pour résumer, je ne sais pas quoi penser de ce roman que j’ai trouvé très prenant et très effrayant par sa noirceur et l’intensité de l’angoisse qu’on ressent par compassion avec Cloé, mais qui m’a fait ressortir de ma lecture quasi-traumatisée, vraiment déprimée. Bon, je préciserai aussi que j’ai eu hier une journée très difficile et éprouvante et finir mon livre dans la soirée m’a un peu achevée. Il n’empêche que c’est un roman très efficace et je lirai sans doute un autre roman de l’auteur pour comparer.