SP#76 – Little Girl Gone, d’Alexandra Burt

Quand elle se réveille ce matin-là, Estelle, comme tous les jours, se rend dans la chambre de sa petite fille de sept mois pour lui donner son biberon. Effarée, elle découvre un berceau vide, une chambre vide : plus aucun vêtement, plus de jouets. Comme si son bébé n’avait jamais existé. Estelle, sous l’emprise d’une dépression post-partum très sévère, met plusieurs jours à signaler la disparition. Très vite, la jeune mère devient le suspect numéro un aux yeux de la police, des médias et de son mari…
Abandonnée de tous, elle s’accroche à un espoir fou : celui de retrouver son enfant.

Ce roman est arrivé pile au bon moment dans mes lectures! Après une grosse séance de fantasy, un book hangover du à Gagner la Guerre qui a pesé sur ma lecture des Soeurs Carmines, je crois que j’avais besoin de changer un peu d’air, et ce thriller m’a fait l’effet d’une grande respiration dans mes lectures. Enfin, c’est une façon de parler puisque ce thriller nous laisse les tripes nouées pendant une bonne partie du livre!

Quand j’ai lu la quatrième de couverture de ce livre j’ai tout de suite compris qu’il pouvait très bien me plaire, et j’ai eu une bonne intuition. Les thrillers qui abordent les thèmes de la maternité-parentalité-famille me fascinent. Ces thèmes abordent notre vraie nature, et parlent de ce qu’il y a vraiment au fond de nous, de ce qui fait que nous sommes nous, que nous sommes à la fois humain et aussi un peu animaux, avec nos instincts, nos pulsions.

Ce roman m’a tenue en haleine de la première à la dernière page. J’ai immédiatement été happée par ce récit d’une mère en pleine dépression post-partum qui ne sait plus ce qui est vrai ou faux, ce qui s’est réellement passé ou ce que son esprit déphasé a inventé. La dépression post-partum est quelque chose qui me paraissait étrange et illogique avant de lire ce roman et qui finalement est devenu plus compréhensible pour moi après ce roman. Alors bien sûr, je sais très bien qu’on est dans une fiction et que les mécanismes de la dépression servent une intrigue de roman, il n’empêche que je comprends maintenant comment on peut en venir à la dépression. La pression, le manque de confiance en soi, la fatigue extrême, la multitude de doutes et de questionnements, l’incapacité à comprendre ce que le bébé peut exprimer, la lourde responsabilité d’assurer une autre vie que la sienne, la peur de mal faire… autant d’éléments qui font sans doute partie de la vie de toute nouvelle maman.

Ce sont bien ces thèmes, associés à une intrigue bien menée, qui m’ont accrochée du début à la fin de Litlle Girl Gone. Alors certes j’ai trouvé que la fin était hautement improbable, que les choses se finissent rarement ainsi dans la vraie vie, il n’empêche que j’ai adoré ce livre qui a su mêler le suspense d’un bon thriller avec des thèmes qui me parlent vraiment. Je suis ravie de cette excellente lecture.

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture!

SP#75 – Le Plus Loin Possible, de Maureen McCarthy

Tess, vingt et un ans, vit avec son mari Jay et leur petite fille de trois ans dans une ferme isolée en Australie. Elle est régulièrement battue par son mari, mais les frères et la mère de Jay font semblant de ne rien voir. Un jour, un jeune couple qui voyage à travers le pays s’arrête dans leur village. Tess décide de saisir sa chance et, à l’aube, en cachette de tous, elle monte dans la voiture des inconnus avec sa petite fille. Un périlleux chemin vers la liberté commence alors…

Si j’ai demandé à lire ce titre, j’avoue que c’est surtout à cause du panneau australien sur la couverture. Quand j’ai lu « fuite dans une voiture en Australie » je me suis dit, « oh chouette un road trip avec les paysages australiens pour fond ». En fait pas du tout.

Ce roman n’est finalement pas vraiment un « road trip » et les paysages australiens sont assez…inexistants. C’est tout juste si je me suis souvenue qu’on était en Australie quand Sydney et Melbourne ont été mentionnés au détour d’une phrase.

MAIS… ce n’est pas pour autant que j’ai été déçue! Au contraire!

J’ai accroché à cette histoire dès la première page et l’ai dévorée en deux jours à peine. Deux jours travaillés, oui.

Nous avons en fait un savant mélange entre le thriller angoissant (la femme qui fuit son détraqué de mari) et l’histoire de famille (avec le passif lourd, les secrets ou les non-dits). Des thèmes qui me parlent vraiment bien + du suspense, combo gagnant en ce qui me concerne. J’ai adoré suivre le cheminement intérieur de Tess, ses réflexions sur son couple, son avenir… mais aussi son passé et l’histoire de sa famille déchirée. Si je devais avoir un regret, ce serait le personnage de Harry que j’ai énormément apprécié mais qui aurait sans doute pu être approfondi. (De même que sa relation avec Jules qui reste finalement très mystérieuse, d’ailleurs j’aurais bien aimé la voir un peu plus elle aussi)

De même que je ne pourrais pas vraiment dire que le roman est particulièrement original, il n’empêche qu’il m’a fait passer un excellent moment de lecture… et c’est tout ce que je demande à un roman. Me laisser reprendre ma respiration uniquement pour me laisser le temps de dire à mon chéri que « je me régale » avant de me happer à nouveau jusqu’à la fin. 🙂

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture!

La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, de Joël Dicker

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C’est bel et bien avec regrets que j’ai refermé le roman La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, de Joël Dicker.

Depuis le temps que je me disais que je DEVAIS le lire, je l’ai sorti de ma PAL sur une impulsion car j’avais envie de « dévorer » et j’avais cru que comprendre que ce livre était de ce genre!

Et je ne me suis pas trompée. Je confirme et réaffirme ce que vous avez déjà lu partout: ce roman vous accroche dès la première page et ne vous relâche qu’à la dernière, tout essoufflé(e) mais absolument ravi(e)!

Ce livre est une sorte de thriller mais pas le genre que je lis habituellement. Rien de morbide, pas de huis clos psychologique, pas de sombre menace informe. Au contraire une ambiance presque légère grâce au personnage principal, Marcus Goldman, un écrivain en panne d’inspiration qui commence une enquête officieuse, à sa manière et avec ses gros sabots.

Le brio de ce livre est de mêler une sorte d’enquête-thriller tout en développant une vraie réflexion sur l’écriture et tout en créant une superbe mise en abîme: le livre du livre sur le livre.

Et parlons un peu de cette enquête pour découvrir la vérité sur l’affaire Harry Québert. On est baladés, manipulés avec une facilité!… On va de rebondissements en rebondissements, et ça n’en finit jamais. L’affaire se révèle tellement plus complexe qu’en apparence qu’on découvre au fur et à mesure une foule de ramifications, une multitudes de facteurs qui nous font changer de direction toutes les 10 pages.

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Et ce suspense! Ce style d’une fluidité parfaite. Aucun temps mort! J’ai passé plusieurs jours d’affilée en apnée et j’ai adoré.

Un excellent moment de lecture, avec des touches d’humour, des réflexions sur le métier d’écrivain et un côté thriller incroyablement maîtrisé, beaucoup plus intéressant et développé que bon nombre de thrillers que j’ai lus par le passé (et que j’avais pourtant adorés): celui-ci est nettement supérieur je trouve. En bref, vous ne pourrez pas ne pas adorer. Ce livre est génial. ❤

Et parce que j’ai été épatée par ce livre, j’ai cherché à en savoir plus et j’ai trouvé cette vidéo avec interview de l’auteur, Joël Dicker. Voilà pour vous 🙂

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Coup de coeur

SP#68 – Terminus Elicius, de Karine Giébel

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« Ma chère Jeanne,
J’aimerais que vous m’aimiez comme je vous aime.
Mais, pour m’aimer, il vous faut me connaître.
Savoir ce que je suis… Certains diront un monstre.
D’autres chercheront des explications lointaines, surgies de mon passé.
Beaucoup jugeront, condamneront.
Mais qui comprendra vraiment ? Vous, je l’espère.
Hier soir, j’étais avec une autre femme que vous.
Mais je ne suis pas resté longtemps avec elle.

Juste le temps de la tuer… »

Déjà 2 livres de lus pour le #ColdWinterChallenge! J’ai dévoré en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ma dernière lecture, le thriller Terminus Elicius, de Karine Giébel. Les éditions Belfond ont réédité début novembre le premier roman écrit par cette auteure désormais réputée, initialement paru en 2004.

J’ai vu ici ou là que certains étaient légèrement déçus de ce roman, avec comme justification c’était seulement son premier roman.
Il est vrai qu’on sent une différence avec ses romans les plus récents, mais pour ma part j’ai apprécié cette différence dans le sens où l’histoire finit « moins mal » que ce qu’on aurait pu croire.
Et pourtant j’ai eu ce petit moment de désespoir où j’ai visualisé dans un flashe comment tout allait se terminer… Et on pourrait penser que l’auteure elle-même a du avoir cette vision car on passe vraiment pas loin d’un dénouement terrible, le genre de dénouement qui nous laisse KO, les larmes aux yeux à la fin du livre. Le genre de dénouement auquel Karine Giébel est maintenant associée par ses lecteurs.
Mais comme je le disais, le dénouement, bien que comportant sa part d’ombre, n’est pas de ce genre – pour mon plus grand soulagement.
Dans ce roman, et comme ce sera le cas pour ses romans suivants, Karine Giébel nous livre le portrait d’un personnage atypique,  » encore un cas soc’  » (prononcer kassos) comme me l’a fait remarquer délicatement mon homme. Jeanne, la petite secrétaire invisible, effacée, qui mène une vie d’un vide et d’un ennui sans fond. Et pourtant…c’est sur elle que le tueur va s’arrêter, c’est elle que deux hommes vont aimer simultanément. Deux! Elle qui pensait ne pas être digne d’être aimée.
Je dois dire que j’ai beaucoup aimé ce personnage, un mélange détonnant entre innocence et violence, à la fois naïve et psychologiquement fragile. On en peut pas s’empêcher d’avoir pitié d’elle.
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A woman dressed in black waits for New York City's downtown 1 train in the 79th Street subway station. Go talk to her! She could be the one.

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J’ai peut-être trouvé le début du roman…un peu plat, mais le portrait psychologique de Jeanne s’affinant, en parallèle avec le développement du point de vue du capitaine Esposito m’ont fait finalement basculer dans l’histoire. Comme d’habitude c’est la psychologie des personnages qui me plaît le plus dans les thrillers… Même si le scénario du tueur qui laisse des lettres dans le train m’a plu aussi. Bon, tout l’aspect mobile des meurtres-vengeance m’a semblé un peu… »facile » dans le sens où avec la mention d’une haute école de commerce prestigieuse, on finit par déceler de quoi il en retourne à peu près.
Mais peu importe j’ai beaucoup apprécié ma lecture, principalement grâce au portrait psychologique de Jeanne, qui nous agace et nous émeut en même temps, qu’on aurait parfois envie de claquer…ou de réconforter. Et puis j’ai eu un petit faible pour le capitaine Esposito alors voilà.
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En somme, un thriller que j’ai beaucoup apprécié: malgré un début un peu plat et un scénario relativement « facile », le récit bien maîtrisé ainsi que la psychologie des personnages ont su me convaincre, en particulier le personnage de Jeanne, un personnage brisé, ambigu, entre ombre et lumière.
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Rajout de dernière minute: la nouvelle inédite Aurore, sans doute écrite plus récemment et rajoutée à la fin du roman, vient finalement contrebalancer cette absence de fin horrible. J’ai presque parlé trop vite ^^ (Nouvelle qui m’a beaucoup plue quand même!)
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Merci aux éditions Belfond pour cette lecture!

Là Où Elle Repose, de Kimberly McCreight

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À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables.

J’ai fini il y a quelques jours le dernier roman de Kimberly McCreight que j’ai eu la chance de recevoir dans le cadre des Matches de la Rentrée Littéraire #MRL2016 de #Priceminister.

Je dois dire que j’ai passé un excellent moment de lecture, d’autant que, tout compte fait, ce roman est arrivé pile quand j’en avais envie. Je n’avais pas lu de thrillers depuis quelques temps et ça me manquait. Bonne pioche avec Là Où Elle Repose qui a su me plaire pour plusieurs raisons.

D’une part, le thriller aborde un thème qui m’a énormément plu : la maternité. Je trouve que lorsque ce thème est mêlé à la noirceur du thriller, le roman est d’autant plus angoissant. Sans forcément me sentir concernée (dans le sens où je n’ai pas d’enfants et ne compte pas en avoir tout de suite), c’est un thème qui me touche et m’interpelle (l’amour inconditionnel d’une maman, l’instinct maternel, le rôle difficile de parent, les choix qu’on fait pour ses enfants…).

Mais bien sûr, le thème ne fait pas tout n’est-ce pas ? Eh bien, le reste aussi est allé comme sur des roulettes. Une intrigue prenante, des personnages qu’on prend plaisir à suivre et qui petit à petit nous paraissent de plus en plus louches. En effet, on finit par comprendre que tous ont quelque chose à cacher… et on ne sait alors plus que penser. On soupçonne tout le monde. Jusqu’à ce que la vérité éclate, pas spécialement fracassante mais qui nous prend quand même par surprise puisqu’elle nous tombe dessus sans qu’on l’aie vue venir.

Pour finir avec la petite cerise sur le gâteau, je voulais mentionner la couverture de ce roman. Alors oui, la couverture n’est jamais le garant de la qualité du contenu – je le sais, tu le sais, nous le savons tous – maiiiiis c’est quand même pour moi un élément non négligeable. Eh bien là je suis contente d’avoir un livre de plus dans ma bibli dont le visuel est à la hauteur du contenu.

En bref, ce roman a tout bon à mes yeux. Une jolie couverture (certes) mais aussi un contenu qui m’a plu de bout en bout, qu’il s’agisse du thème, du suspense, de ces instants d’égarement où on ne sait plus que penser des personnages et enfin de cette révélation finale qui arrive de là où on ne l’attendait pas. Évidemment, le livre ne révolutionne pas le genre du thriller MAIS il m’a beaucoup plu et m’a donné tout ce que j’attends d’un bon thriller, et ça me suffit amplement ! (Je sais maintenant que si Amélia croise ma route, je m’arrêterai pour faire un bout de chemin avec elle 😛 )