Le Vent de Feu #1 : Les Secrets d’Aramanth, de William Nicholson

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Dans la cité d’Aramanth, chacun, homme, femme ou enfant, ne vit que pour les périodiques examens qui garantissent à l’individu bien-être matériel et promotion sociale en cas de réussite – ou le condamnent à la pauvreté et au mépris général en cas d’échec. Le jour où Kestrel se rebelle contre ce système, c’est toute sa famille qui est châtiée et humiliée… La jeune fille et son frère jumeau, Bowman, sont obligés de fuir Aramanth, à la recherche de la clef du mystérieux Chanteur de Vent, dont seule la voix pourrait restaurer le bonheur et l’harmonie dans la ville. Pour cela, il leur faudra affronter le pouvoir du terrible Morah…

Il y a de ça quelques temps, un bon moment en fait, je découvrais l’avis de Books & Socks sur la trilogie du Vent de Feu, de William Nicholson. Et j’étais surprise de découvrir pour la première fois cette saga dont je n’avais jamais entendu parler. Books & Socks ne tarissant pas d’éloges, j’avais été on ne peut plus intriguée d’être passée à côté pendant mon adolescence. Aussi quand je suis tombée sur la trilogie complète au vide-bibliothèque de ma ville, je n’ai pas hésité.

J’avais très envie de me lancer, et sur une impulsion (comme pour la plupart de mes choix de lecture) j’ai entamé le tome 1 la semaine dernière. Maintenant que j’ai tourné la dernière page de ce premier tome, je dois dire que je suis un peu sceptique.

D’une part j’ai beaucoup aimé l’univers. C’est assez étonnant de voir le genre d’idées développées dans ce livre, des idées qu’on retrouvera plus tard dans Divergente ou Hunger Games. Alors que personne n’a vu passer les Secrets d’Aramanth, tout le monde a acclamé Hunger Games et Divergente alors qu’à l’évidence aucun des deux n’avait écrit quelque chose d’inédit. Mais je dis ça je dis rien. Et puis il faut bien que je reconnaisse avoir adoré ces deux sagas dystopiques. Mais revenons à nos moutons.

Le Vent de Feu nous introduit dans un univers dystopique original pour l’époque, riche d’un imaginaire foisonnant, avec de belles idées défendues par nos personnages principaux, Kestrel et Bowman. Je pense clairement que le public visé par l’auteur était plus jeune que celui de Hunger Games ou Divergente. Alors que HG et Divergente s’adresse selon moi aux 15 ans et plus, le Vent de Feu semble plus s’adresser aux 10-15 ans. Cela étant, je trouve judicieux la façon dont l’auteur amène des thèmes tels que la liberté de penser, l’amour, la compassion, l’humilité ou la générosité. D’ailleurs puisqu’on parle de compassion et de génrosité, j’ai été très touchée par le personnage de Mumpo et par le regard que lui portent les jumeaux, un regard qui va évoluer et prouver qu’il ne faut jamais juger les gens avant de les connaître.

D’autre part j’ai globalement bien apprécié les aventures vécues par les jumeaux. Le schéma est très classique : la quête d’un objet magique sensé délivrer le peuple d’Aramanth… Mais les aventures sont sympathiques. Certaines m’ont plus plues que d’autres bien sûr (le peuple de la boue, les noix de gadoue, les Vieux Enfants…) mais l’ensemble reste agréable.

Toutefois, ce qui me rend sceptique est la façon dont la fin nous apporte très peu de réponses ! Je suis assez frustrée de ne pas en avoir appris plus. Déjà, qu’est-ce que le Morah ? Quel type de puissance est-ce ? D’où vient-il et pourquoi voulait-il tenir le peuple d’Aramanth en laisse ? Et qu’est-ce que le Chanteur de Vent ? Pourquoi a-t-il été mis là ? Et cet Empereur ? Depuis quand était-il enfermé ? D’ailleurs, pourquoi était-il enfermé ?

En bref, j’ai bien aimé ce premier tome et l’univers développé : les éléments dystopiques, les aventures vécues par les jumeaux, les valeurs soulignées par l’auteur… Toutefois je suis déçue de ne pas avoir eu d’explications quant aux grands éléments de cette histoire : le Morah, la Chanteur de Vent, l’Empereur. Je réserve donc mon avis jusqu’au tome suivant car j’ai besoin de savoir si mes questions trouveront un jour leurs réponses !

Challenges 2016

Bon, quand faut y aller, faut y aller! Il y a quelques jours je vous présentais mon bilan des challenges 2015, il est maintenant temps de vous parler des défis livresques que je me lance pour cette année.

Je ne parlerai pas des challenges commencés en 2015 qui devraient se finir bientôt (Cold Winter Challenge + Challenge perso Automne-Hiver SFFF) mais bien de ceux que j’entame en ce début d’année 2016.

Goodreads 2016 Reading Challenge 

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C’est reparti pour un tour avec Goodreads! Je me suis fixée 90 livres pour cette année, exactement comme 2015, car je trouve ça pas mal et parce que c’est tout pile ma capacité de lecture sur un an je crois. Après, si j’arrive à dépasser ce chiffre, je n’en serais que plus fière! 😉

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Challenge Livraddict Littérature de l’Imaginaire

(4° édition)

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Depuis peu sur Livraddict (@pitiponks), je n’ai pas tardé à m’intéresser de près à ce challenge lancé par Amaruel, d’autant qu’il se focalise sur mes genres préférés (SFFF) que j’ai résolu de lire plus souvent cette année. Il s’étend sur toute l’année et vous pouvez choisir le nombre de livres que prévoyez de lire ainsi que les genres que vous souhaitez privilégiez. Mais tout est bien expliqué ICI si ça vous tente. Moi je me suis fixée 36 lectures de l’imaginaire sur l’année (même si après coup je pense dépasser ce chiffre) 🙂

Score actuel: 7/36

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2016 Reading challenge

chez Les Lectures de Bouch’

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Pour finir, après une longue hésitation, entre trois challenges du même type, j’ai aussi décidé de faire le challenge lancé par Les Lectures de Bouch’ qui m’a bien inspiré! Comme le challenge Popsugar de 2015, vous avez 50 consignes et l’idée c’est de lire un livre pour chaque consigne… l’idée étant d’avoir respecté toutes les consignes à la fin de l’année 😛 Bon j’attends encore quelques précisions de la part de la créatrice mais sinon moi je suis parée!

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Retrouvez bientôt mon avancement progressif tout au long de l’année dans la page des Challenges. Je m’occuperai aussi de noter les livres que je prévois pour chaque catégorie 😉

Dragon de Glace, de George R. R. Martin

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D’un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d’un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S’il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S’il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n’en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. Le dragon de glace soufflait du froid.

Nous retrouvons ici le célèbre George R. R. Martin dans un registre différent du Trône de Fer. En effet, même si nous pouvons vite deviner que l’histoire se situe dans le monde de Westeros, nous avons ici affaire à un conte. Adara est une fillette particulière: née lors de l’hiver le plus rude elle est la seule de sa famille à aimer l’hiver et le froid… car elle attend chaque année de retrouver le dragon de glace que tous redoutent.

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J’ai trouvé ce conte très sympathique, fantastique, très adapté à la saison… mais pas forcément adapté aux enfants les plus jeunes. Disons que les enfants à partir de 8 ans sauront sans doute mieux apprécier cette histoire.

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Et que dire de l’esthétisme du livre en lui-même! La typographie, la reliure avec une tête de dragon et les illustrations magnifiques de Luis Royo. Le trait, les couleurs… tout se prête à l’atmosphère du conte et nous transporte aisément auprès de Adara!

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Un magnifique livre qui véhicule un très beau conte d’hiver! A mettre entre toutes les mains!

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Coup de coeur

Dragon de glace, de George R. R. Martin

Publié par Flammarion (2015) / 12,90 € / 124 pages

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Les Enchantements d’Ambremer, de Pierre Pevel

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A première vue, on se croirait dans le Paris de la Belle Epoque : messieurs en col dur et chapeau melon, femmes en corset et jupons, tacots rutilants, tour Eiffel toute neuve et grands boulevards arborés… En y regardant de plus près, la tour Eiffel est bâtie dans un bois blanc comme neige, des sirènes se baignent dans la Seine, chaque fontaine a son ondine, et que dire des arbres philosophes, des chats ailés, des farfadets du bois de Vincennes ou des clubs de gentlemen-magiciens ! Nous nous trouvons dans le Paris des Merveilles, l’une des portes entre notre univers matérialiste et l’Outremonde dirigé par la reine des fées, depuis sa capitale d’Ambremer. Une série de meurtres va entraîner Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, dans une aventure rocambolesque, où il sera question d’un blason mystérieux, d’un sorcier animé de sombres desseins, de gargouilles bien vivantes, d’un secret d’Etat et surtout de la très séduisante Isabel de Saint Gil… à laquelle personne ne résiste bien longtemps.

J’ai peur de ne pas avoir beaucoup de choses à dire sur ce roman, qui me faisait pourtant très envie.

Acheté d’occasion, sans une seconde d’hésitation, je me disais qu’il était enfin temps pour moi de découvrir ce roman dont la blogosphère disait tant de bien. Eh bien, il se trouve que j’ai passé un bon moment de lecture mais sans plus. Ce qui est très dommage parce que l’auteur avait tout de bon dès le départ. Un Paris de la Belle-Epoque, mais avec une bonne dose de fantastique en plus! Que demander de mieux? Un livre fantastique qui se passe en France, déjà c’était cool, mais en plus dans le Paris de la Belle-Époque, avec les fiacres, les messieurs en chapeaux melon, les femmes en corset avec leur ombrelle… Je ne vous cacherai pas que l’intérêt principal du roman est là. Paris, les arbres savants, les chats-ailés, la Tour Eiffel en bois blanc, les fées, les mages… Vraiment il y avait tous les ingrédients pour que j’adore ce roman. Et pourtant je suis frustrée. Frustrée car ce roman est beaucoup trop simpliste. C’est bel et bien l’intrigue que je n’ai pas trouvée à la hauteur. Ça va vite, c’est superficiel et le suspense est très moyen. Aïe, je suis désolée de le dire mais j’ai vraiment été déçue de ce manque d’approfondissement. Il aurait fallu complexifier un peu les mystères, développer plus en profondeur les relations entre les personnages et leur caractère… Et c’est d’autant plus dommage que tous les éléments étaient là: le cadre, l’histoire des mondes, la galerie de personnages… Ne manquait qu’à développer tout ça. Bon, il paraît que le tome 2, également dans ma PAL, est meilleur alors il faudra que je renouvelle l’expérience bientôt 🙂

En bref, je dirais que ce roman vaut quand même le détour ne serait-ce que pour l’univers mis en place par l’auteur, un univers auquel il est dur de résister tant il est charmant. Cependant il ne faut pas vraiment s’attendre à une intrigue « adulte »: elle manque, à mes yeux, sérieusement d’approfondissement. Toutefois le livre est vite lu et il vous offre une balade dans un Paris fantastique on ne peut plus surprenant, alors partez en balade avec Griffont et Azincourt! Faute de vous entraîner dans une course contre la montre, vous pourrez rêver, le temps d’un roman, au Paris des Merveilles. 🙂

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Score: 3 / 21

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Halloween 2015 – #1 : L’Océan au Bout du Chemin, de Neil Gaiman

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Encore une lecture imprévue, un roman que j’ai offert à Eirilys pour son anniversaire, qu’elle a adoré et qu’elle m’a donc prêté. Merci encore la miss! J’avais envie d’une lecture d’Halloween mais pas de livre effrayant dans ma PAL et pas le temps d’en chercher. Alors quand Eirilys m’a parlé de L’Océan au Bout du Chemin et de son ambiance, je me suis dit que ça pouvait être ma lecture d’Halloween (ou d’octobre). D’autant que le livre est court et se lit rapidement.

C’était donc mon premier roman de Gaiman, un auteur qui est généralement très apprécié, et je ne suis pas déçue. J’ai beaucoup aimé cette lecture et cette atmosphère, à la fois réaliste et fantastique, sombre et nostalgique. Un homme revient à l’occasion d’un enterrement dans la maison de sa famille et se souvient d’événements qui l’ont marqué alors qu’il avait à peine 7 ans. J’ai adoré l’univers mis en place par l’auteur en seulement quelques phrases, un univers qui m’a fait penser à Morwenna, de Jo Walton, avec par moments une ambiance similaire à celle qu’on trouve dans L’Epouvanteur de Joseph Delaney.  Une chouette combinaison si vous voulez mon avis. (Parfaite pour se mettre dans l’ambiance d’Halloween) J’ai beaucoup aimé la façon qu’a l’auteur de sans cesse garder une frontière floue entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. On découvre les souvenirs du narrateur qui est maintenant adulte mais qui avait 7 ans à l’époque des faits. Ce qui donne à vivre une expérience de lecture intéressante dans le sens où on peut choisir de voir cette histoire avec des yeux d’adulte (ce qui enlèverait beaucoup de charme) ou décider de la lire avec ses yeux d’enfants – ce qui constitue tout l’intérêt de ce roman. Je pense que tout réside là. Décidons-nous de nous laisser porter par nos yeux d’enfants, quitte à ne pas toujours tout comprendre, ou allons-nous chercher à comprendre et rationaliser, comme de tristes adultes? D’ailleurs, déchirés entre ces deux visions, la fin du roman nous laisse perplexe: quand on y réfléchit on croit avoir saisi l’essence de ce roman mais sitôt qu’on arrête de se focaliser sur le récit et qu’on pense au livre dans son ensemble on en perd la signification. Comme ces rêves dont on pense se souvenir au réveil, et qui, sitôt qu’on se concentre dessus, nous échappent.

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Un roman qui aborde donc beaucoup de thèmes semblables à ceux de Morwenna: la mémoire, l’innocence et l’imagination de l’enfance, les interprétations que font les enfants du monde qui les entoure, tout cela baigné de contes, de rêves et de peurs – ainsi que le contraste qu’on peut ressentir au fond de soi entre notre vision d’adulte et nos souvenirs d’enfants, avec souvent le regret du « merveilleux ». Un roman singulier très bien mené, très réussi!

Allez-vous décider de vous perdre dans ce monde étrange de rêves et de souvenirs mêlés?

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