SP#11 – Mingus, de Keto Von Waberer

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Cette lecture, il y a un moment déjà que j’aurais dû m’y mettre, mais… je l’avais un peu oubliée, j’avoue. Et retomber sur ce livre a tout de suite ravivé mon intérêt et ma curiosité!

Maintenant que je l’ai fini, je peux vous dire que j’ai beaucoup aimé ma lecture mais que j’en ressors malgré tout un peu frustrée. Mais commençons déjà par ce qui m’a plu. J’ai tout de suite apprécié l’univers dystopique-futuriste du roman. Le clonage, les robots, les problèmes de taux de natalité quasi-nul, les castes de riches (les Aristos) qui surnagent au-dessus du reste de la population, les problèmes de pauvreté et de rébellions, l’état policé gouverné par un tyran… Et puis il y a Mingus. A la fois homme et bête, naïf et sauvage, qui se sent un peu étranger dans le monde dans lequel il vit et qui pense différemment des humains normaux. J’ai trouvé ça très sympa de suivre les aventures de ce personnage hors du commun mais aussi les aventures des autres personnages de l’histoire à travers le point de vue de chacun, ce qui donne un point de vue sur l’histoire à 360°. En fait j’ai trouvé que ce roman avait tout bon… sauf une chose. J’ai trouvé que le style très jeunesse donné au récit (le ton employé, les phrases courtes, un style globalement enfantin) ne correspondait pas au récit. En fait, j’ai eu le sentiment d’avoir un décalage entre le ton du récit et l’intrigue. Comme si l’auteur s’était forcé à écrire dans un style très jeunesse… Alors que, selon moi, son histoire aurait gagné à être racontée de manière plus adulte. Peut-être pas adulte-adulte mais au moins YA. Je ressors de ma lecture finalement assez frustrée parce que j’ai adoré l’univers inventé par l’auteur mais on ne s’attarde vraiment pas assez dessus. D’ailleurs, c’est à peine si on devine parfois certaines choses. J’aurais tellement aimé avoir quelque chose de plus développé! Honnêtement, ce roman aurait été génial si l’auteur avait un tant soit peu développé son idée au lieu de se focaliser sur ce ton très « jeunesse » qui fait, à mon avis, perdre beaucoup de saveur à cette histoire. D’autant que ce qui est raconté n’est pas toujours compréhensible pour les très jeunes… Malgré les phrases courtes et le vocabulaire simple, il me semble que certaines références/allusions ne s’adressent pas vraiment à des enfants-jeunes ados.

Pour résumer… Une très belle histoire, sorte de conte futuriste-dystopique, avec un héros hors du commun assez fascinant et un univers très intéressant. Malheureusement j’ai trouvé que cet univers était loin d’être suffisamment développé… ce qui est très dommage puisqu’il y avait là un énorme potentiel. La même histoire, plus étoffée, plus longue peut-être, et surtout moins je-me-veux-roman-jeunesse m’aurait beaucoup plus plue! En attendant, c’est une jolie découverte malgré tout.

Merci aux éditions du Rouergue pour cette lecture 🙂

gysmo

Je rajoute ce livre au 2015 Reading Challenge de Popsugar dans la catégorie suivante: 

✔ A book that was originally written in a different language
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SP#10 – Alice, d’Emma Becker

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Titre : Alice

Auteur : Emma Becker

Editeur : Editions Denoël

Date de publication : 8 janvier 2015

Prix : 19,90 €

Résumé

Alice a vingt et un ans, le bel âge, dit-on… Mais, très tôt prise dans la tourmente du divorce parental, désormais en charge de ses deux petites sœurs, comment pourrait-elle encore croire à ce cliché? 
Vaillamment, Alice fait front : elle reste vivre avec ses sœurs dans l’immense appartement parisien occupé durant des années par la famille, aujourd’hui peuplé de souvenirs, de photos d’une autre époque. Appartement refuge et prison, appartement liberté aussi, car désormais la vie lui tend les bras. 
Alice fait la rencontre d’Emmanuel, de vingt ans plus âgé qu’elle, et leur peau, leurs mains inventent aussitôt un langage trouble et sensuel. Ce qui ne devait être qu’une relation de pur plaisir évolue, en dépit de règles du jeu que l’on croyait immuables. 
Alice, toute d’insouciance et de légèreté, devra quitter au fil du livre et des années ses vêtements de petite fille et s’inventer sa propre vie amoureuse.

Mon avis

Ce livre m’intriguait beaucoup, tout d’abord du fait de sa très belle couverture mais aussi de par son résumé, et je remercie chaleureusement les éditions Denoël d’avoir bien voulu me l’envoyer. Malheureusement, je ressors de ma lecture un peu déçue. Je m’attendais plus ou moins à une histoire d’amour un peu sulfureuse… Mais ce n’est pas vraiment ce que j’ai trouvé dans ma lecture.

Au lieu d’une histoire d’amour, on se retrouve à suivre les méandres obscurs du cerveau d’une jeune et belle nymphomane qui vit très mal la séparation de ses parents ainsi que son amour un peu malsain, très Oedipien, pour eux.

Bien que j’ai lu le livre globalement rapidement (si on enlève mes journées de travail qui «m’empêchaient» de lire), j’ai assez peu apprécié ma lecture. L’ambiance est sombre, malsaine, déprimante et certaines scènes (plusieurs scènes en fait) sont presque sales. Beaucoup de scènes de sexe brutal et pervers, et une jeune fille sans doute un peu paumée dans sa vie, qui offre son corps dans une répugnante soumission pour oublier ses autres malheurs. Une lecture pas franchement joyeuse quoi… Et penser que ce livre est sans doute plus ou moins autobiographique est encore plus gênant et dérangeant.

Pour résumer… Un style très fluide et une introspection de l’auteur sans doute réussie de par sa profondeur et son analyse, mais somme toute assez dérangeante. La narratrice, qui parle pourtant d’elle-même à la troisième personne du singulier, étale ses aspects les plus noirs sans pudeur et livre finalement une lecture à l’image de son esprit : une lecture sombre, pessimiste et déprimante malgré les deux dernières pages qui constituent le seul vrai moment d’espoir du livre. En outre, les scènes de sexe brutal et le langage très (trop) cru étaient assez dégoûtants. Il aurait sans doute été intéressant d’avoir lu « Mr » avant « Alice » pour mieux comprendre la psychologie de la narratrice… ce qui n’était pas mon cas, mais je suis contente d’être arrivée au bout de ce roman car je vais pouvoir passer à une lecture plus légère. En bref, « Alice » est une lecture étrange et sombre que je n’ai pas réussi à apprécier, malgré la dimension psychologique intéressante :-/

gysmo

Je rajoute ce livre au 2015 Reading Challenge de Popsugar dans la catégorie suivante: 

✔ A book with a one-word title
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#SP8 – Miserabilis, d’Anthony Signol

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Titre : Miserabilis

Auteur : Anthony Signol

Editeur : Les Ardents Éditeurs

Prix : 19 €

J’ai reçu Miserabilis grâce à la dernière Masse Critique de Babelio et, après lecture, je peux vous dire que je ne regrette pas du tout d’avoir sélectionné ce livre. En réalité, il ne s’agit non pas d’un roman mais d’un recueil de trois nouvelles, trois « histoires terrifiantes » ainsi qu’indiqué sur la couverture.

D’ailleurs en parlant de couverture, remarquons que l’apparence du livre-objet est assez chouette. Un sorte de noir et blanc, une touche de rouge, une belle image entre zones floues et traits nets. Un mystérieux tentacule de poulpe dans le background ajoute un côté étrange à cette couverture mais ne gâche pas du tout son effet.

Mais revenons au contenu : j’ai dévoré les trois nouvelles. Anthony Signol a une écriture directe et efficace, qui nous fait rentrer directement dans le vif du sujet. En même pas une page, il arrive à brosser le portrait de plusieurs personnages de manière très réussie : il en dit assez pour cerner le personnage mais ne s’étale pas et va droit au but. Ça tombe bien puisque nous sommes dans une nouvelle. J’ai beaucoup aimé l’ambiance assez dark de ces histoires, bien que je sois déçue de ne pas avoir eu plus peur que ça. Je m’attendais à flipper à mort, comme quand j’avais 12 ans et que je lisais des romans de la Collection Peur Bleue, mais ça n’a pas vraiment été le cas. A la rigueur je peux vous avouer avoir ressenti une certaine dose d’angoisse dans la nouvelle Gallica… et qui du coup se trouve être ma préférée des trois. Si je devais donner un ordre de préférence aux autres nouvelles, je pense que je placerais Eternité en deuxième position, et Rédemption en troisième position (bien qu’assez proche de la deuxième place). J’ai beaucoup aimé le personnage principal d’Éternité et l’ironie du sort dans Rédemption. J’ai été légèrement déçue par les chutes des histoires, que j’espérais plus « coup de poing »… alors qu’on la voit arriver d’assez loin, ce qui est dommage. Par exemple, dans Rédemption j’avais bien compris dès le départ qui était la femme. Dans Éternité, rien que le titre nous fait deviner pourquoi le monde est différent. Mais bon… il est vrai que je n’avais pas tout-tout deviné. En plus, j’ai adoré les scénarios, très différents les uns des autres, et très captivants. Je pense qu’Anthony Signol a le sens du scenario car ses histoires tiennent la route, sont solides et bien menées et conservent l’intérêt du lecteur non-stop.

En bref, chaque nouvelle est un vrai plaisir de lecture et malgré des chutes moins spectaculaires qu’on aurait pu l’espérer, chaque histoire nous entraîne avec une facilité presque déconcertante dans une ambiance dark et étrange à souhait. Je regrette quand même un petit peu de ne pas avoir eu plus peur que ça… mais j’essaierai peut-être de lire L’Aube des Fous, du même auteur. Les frissons seront peut-être au rendez-vous cette fois-ci 🙂

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Février: Un recueil de nouvelles

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Je rajoute ce livre au 2015 Reading Challenge de Popsugar dans la catégorie suivante: 

✔ A book of short stories
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SP#7 – La Bibliothèque des Coeurs Cabossés, de Katarina Bivald

Titre : La Bibliothèque des Coeurs Cabossés

Auteur : Katarina Bivald

Traduction: Carine Bruy

Editeur : Editions Denoël

Publication: 15 janvier 2015

Prix : 21,90 €

J’ai fini hier soir ma première lecture dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Denoël… et c’était génial! J’ai savouré les dernières pages comme on savoure les dernières bouchées d’un gâteau qu’on adore mais qu’on ne mange pas souvent. Pardonnez-moi l’image un peu maladroite, mais c’est ce que j’ai ressenti.

J’ai commencé ce livre tellement convaincue qu’il ne pouvait que me plaire qu’il me semblait trop optimiste d’espérer le coup de cœur que les autres blogueuses avaient eu avec ce roman. Me lancer dans cette histoire avec tellement de retours positifs et d’attentes me faisait redouter le moment où je serais déçue…
D’ailleurs les premières pages m’ont laissée sceptique. Au tout début, j’ai eu peur de ne pas accrocher: une « héroïne » grisâtre, un contexte dans lequel on entre sans préambule au milieu de personnages étranges… on se sent un peu mal à l’aise, un peu perdu. Un peu comme notre héroïne Sara, finalement. Mais ce scepticisme a bien rapidement disparu et, sans que je m’en rende compte, je me suis gentiment laissée entraînée dans cette vie paisible à Broken Wheel, dans l’Iowa… jusqu’à adorer ses habitants, son histoire et son atmosphère, à l’image de Sara.
J’ai aimé ce livre pour plusieurs raisons: son atmosphère calme mais aussi ses personnages, parfois hauts en couleurs qui viennent rehausser le paysage. J’ai aimé apprendre à les connaître, découvrir leur vécu, leurs failles et leur grand cœur. Même Caroline, grenouille de bénitier désagréable et irritante, finit par devenir attachante… Et tous les autres bien sûr: George, la gentillesse même, Jen et son côté un peu hystérique, Grace et ses gros sabots, Andy & Carl qui apportent une touche d’humour bienvenue, et Tom (of course) ❤ Et aussi Amy qui, bien qu’absente de l’histoire, continue d’influencer et d’inspirer les habitants de Broken Wheel.
Enfin, un dernier élément m’a vraiment fait craquer: les nombreuses références littéraires. Déjà, quand on aime (ou adore!) lire, on apprécie toujours lire des livres « qui parlent de livres »… mais encore plus quand les références sont des références de livres qu’on adore ou qu’on a lu récemment. C’est comme ça qu’on se retrouve avec des clins d’oeil pour la saga Millenium, la saga Eragon, les oeuvre de Jane Austen ou des soeurs Brontë (Jane Eyre! <3), les romans de Fannie Flagg (que je n’ai pas encore lus mais qui me tentent énormément!), la chick-lit d’Helen Fielding et ses Bridget Jones (malgré une erreur de parcours pour Olivia Joules et l’imagination hyperactive qui était très bof, on est d’accord). Bref, c’est savoureux au possible. C’est presque comme devenir amie avec l’auteur en étant complice de ses réflexions sur ces romans.
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Pour résumer, j’ai réellement savouré cette lecture. Je l’ai savourée sans l’avidité des thrillers mais avec le sentiment de confort qu’on ressent quand, à la fin d’une journée de travail, on enfile des pantoufles chaudes et qu’on se blottit sous un plaid. On se sent bien dans ce roman, dans son élément, et toute personne passionnée de lecture devrait s’y sentir comme chez elle. Cette lecture très douce est donc bel et bien le roman feel-good que j’espérais. Encore meilleur que Le Cercle Littéraire des Amateurs de Patates. Je suis très heureuse d’avoir maintenant ce livre sur mes étagères, et il n’est pas exclu qu’un jour je retourne à Broken Wheel pour retrouver tout le monde. Un très grand merci aux éditions Denoël pour ce beau moment de lecture 🙂

gysmo

Je rajoute ce livre au 2015 Reading Challenge de Popsugar dans la catégorie suivante: 

✔ A book published this year
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SP#3 – Chroniques d’Au-delà du Seuil – Tome 1: La Quête du Prince Boîteux, de Paul Carta

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Titre: Chroniques d’Au-delà du Seuil – Tome 1: La Quête du Prince Boîteux

Auteur: Paul Carta

Éditeur: Éditions l’Archipel

Date de publication: Janvier 2015

Bon, moi je sens que les envois des éditions l’Archipel vont me combler… Ça y est ! J’ai fini La Quête du Prince Boîteux et je suis ravie de cette lecture qui, sans être vraiment à la « hauteur » de ce que j’espérais, est une très bonne histoire.

Je ne lis pas beaucoup de fantasy, mais depuis que j’ai commencé ce genre, ce que j’ai lu m’a toujours plu.  Peut-être que j’ai toujours été bien conseillée… Et pourtant ce n’est pas spécialement un des genres les plus « faciles » à lire mais j’aime l’idée qu’on me raconte une histoire, une vraie, de celles qui font rêver: avec des aventures, une dose de surnaturel, un monde créé de toutes pièces (son Histoire, sa mythologie, sa vie sociale et politique). Pour revenir au roman de Paul Carta, c’est sans doute un roman de fantasy comme il y en a beaucoup, mais j’ai adhéré. Même les sonorités des noms deviennent vite familières et agréables à l’oreille (interne, l’oreille 😉 ) J’ai beaucoup apprécié l’univers qu’a pu construire Paul Carta: le rôle du Pourvoyeur, à la fois religieux et politique, l’importance de sa succession héréditaire à travers Khimaï, notre héros, qui doit apprendre son prochain rôle de Pourvoyeur, et surtout le rôle des dieux et déesses, chacun avec un nom et un attribut SAUF le Dieu Secret, entouré de mystère, dont on ne connaît pas le nom. J’avoue avoir été très intriguée par le mystère qui s’épaissit tout au long de ce premier roman, un mystère double: celui de comprendre ce qui est arrivé pour que « le petit prince » se transforme en prince boîteux en fuite, et celui du Dieu Secret – mystère qui constitue finalement le fil rouge de l’intrigue. Qui est-il? Que cache-t-on au peuple et à Khimaï lui-même? A mon grand dépit, ces mystères ne sont pas éclaircis à la fin du livre mais ont l’avantage d’attiser la curiosité quand à la suite de la saga.

Cependant, ce roman rate le coup de coeur de peu pour quelques petites raisons. Tout d’abord j’ai trouvé que le roman manquait parfois de rythme, avec quelques longueurs. Certaines descriptions, sans être exagérément longues, coupaient parfois le récit trop longtemps. Par exemple, une description d’un paragraphe ou deux aurait pu être tout aussi bonne en quelques lignes seulement. J’avoue avoir parfois été tentée de sauter ces passages descriptifs. D’autre part j’ai eu un autre petit souci: j’ai souvent eu du mal à visualiser les bâtiments ou la géographie de certains lieux. Heureusement, pour visualiser l’ensemble du monde, la carte au début du roman aide beaucoup! Toutefois, il m’est souvent arrivé de ne pas bien visualiser les descriptions des bâtiments tels que le Konthar ou le Tetrastyle, avec tous leurs couloirs, leurs multitudes pièces et passages plus ou moins secrets. Sans parler du fleuve qui les sépare et qu’on traverse à plusieurs reprises au cours du roman… Peut-être que je manque un peu d’imagination, ou que je n’ai pas connu suffisamment de grandes villes… mais ce petit souci m’a un peu gênée dans ma lecture, ce qui est dommage.

Pour revenir à la raison qui m’a poussée à lire ce roman (à savoir que c’était un mélange de Philip Pullman et Robin Hobb) je ne peux pas me prononcer sur la ressemblance avec la saga de l’Assassin Royal puisque je ne l’ai pas encore lue, mais j’ai passé un moment à me demander où était le rapport avec la saga d’A la Croisée des Mondes de Pullman. Maintenant que je suis arrivée à la fin du livre, je crois comprendre cette référence et ça promet une suite très intéressante.

Pour résumer… Si ce livre n’est pas tout à fait un coup de coeur, il n’en demeure pas moins un très bon roman fantasy, sans doute classique pour le genre mais bien construit et dont l’univers (avec ses traditions, ses batailles, ses dieux et ses mystères!) nous enveloppe avec plaisir. Je lirai volontiers la suite car j’ai très envie de comprendre le fameux mystère du Dieu Secret!

Un grand merci aux éditions l’Archipel pour cette lecture