#SP81 – Les Outrepasseurs, tome 4: Ferenusia, de Cindy Van Wilder

Cette beauté *_*

Moi qui redoutais d’être perdue dans ce tome 4, avec mes souvenirs un peu trop flous du tome 3, je suis très heureuse de vous dire que ça n’a pas du tout été le cas.

Il faut dire aussi que l’adorable Cindy Van Wilder a eu la gentillesse de me rafraîchir la mémoire sur certains points alors que je m’apprêtais à ouvrir le livre.

Entre ses petits rappels et mes lambeaux de souvenirs, j’ai donc réussi à rentrer dans l’histoire facilement. D’autant que les premiers chapitres sont tout de même écrits de manière à re-situer un peu le contexte de la fin du tome 3. 

En somme, l’entrée en matière s’est faite en douceur et sans anicroche. Et toute la lecture dans son ensemble aussi. J’ai trouvé le roman un peu court, peut-être, mais rondement mené et très agréable à lire. Ce quatrième roman, sans vraiment constituer un roman à part entière, m’a fait l’effet d’un bon gros épilogue, qui prend les Ferreux comme prétexte pour faire nos adieux à cet univers.

Sans être un coup de coeur, j’ai beaucoup aimé ma lecture, beaucoup aimé retrouver Peter et Arnaud, mais aussi d’autres personnages, secondaires dans les tomes précédents, mais qui deviennent ici personnages principaux à l’heure où les Ferreux se battent pour leur liberté et leurs droits. Je salue particulièrement les messages et valeurs véhiculés dans ce roman: la lutte nécessaire contre l’intolérance, l’acceptation de l’autre, la compassion, le droit de chacun à la liberté (de mouvement, d’expression…). J’ai été agréablement surprise par la présence de personnages LGBT, chose assez rare dans la littérature jeunesse (quoique ces derniers temps on remarque des progrès). Bon si je veux être vraiment honnête, j’ai trouvé la proportion finale de couples LGBT assez élevée par rapport à la quantité totale, mais je pense que nous avons ici quelque chose qui tenait vraiment à coeur à Cindy Van Wilder, et je respecte totalement. Quoiqu’il en soit, je suis ravie du coming out de deux personnages en particulier! Je n’en dirai pas plus (même si ceux qui l’ont lu verront TRÈS BIEN de qui je parle haha). Enfin, que dire de plus sinon qu’on en aurait bien demandé plus?^^ Mais toutes les bonnes choses ont une fin et j’ai été ravie de suivre cette saga de bout en bout, d’avoir découvert cet univers mais aussi son auteure, Cindy Van Wilder, très abordable sur les réseaux sociaux (comme IRL paraît-il!) et avec qui l’échange est facile et naturel.

Pour conclure, je suis ravie d’avoir découvert ce quatrième tome, Ferenusia, qui nous offre une ultime plongée dans l’histoire des Outrepasseurs. Une belle histoire qui vient clore une belle saga – saga que je vous conseille une bonne fois pour toutes si vous n’avez toujours pas tenté! Vous m’en direz des nouvelles 😉 Je vous souhaite de belles lectures à toutes et tous!

PS: en plus les livres sont juste superbes, ils embelliront vos étagères!

SP#80 – Récits du Demi-Loup tome 3: Mers Brumeuses, de Chloé Chevalier

Pour Cathelle et Aldemor, l’heure n’est plus aux regrets. Rien n’arrêtera ce qu’ils ont déclenché.Véridienne et les Éponas, pour la première fois, lèvent les armes l’un contre l’autre. Sur les rivages des Mers Brumeuses, les Chats de Calvina et les guerrières de Malvane se jaugent, et les deux Suivantes, résignées et amères, se préparent à devoir verser le sang de leurs camarades d’enfance. Alors que leurs reines, à tort ou à raison, leur retirent peu à peu toute confiance et que leurs terres se transforment en cimetières, plus rien ne semble pouvoir empêcher les désastres à venir.Les rêves se fanent, les espoirs se muent en vaines illusions, amitiés et amours se délitent, tandis que le Demi-Loup, les yeux bandés, danse au bord du gouffre.

Ouf, ce bouquin m’a fait un bien fou!
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Lu en 3 jours, ça faisait bieeeen trop longtemps que je n’avais pas été happée par une lecture à ce point.
Mes journées très chargées de ces dernières semaines (voire ces derniers mois), les nuits courtes associées à une lecture-fardeau que je me suis trainée pendant des jours et des jours, j’étais tombée dans ce qu’on peut appeler une « panne de lecture ». L’anthologie des Imaginales m’en a sorti tout doucement, mais c’est avec le tome 3 des Récits du Demi-Loup que j’ai vraiment eu l’impression de revivre! De respirer de nouveau!
Enfin cette sensation d’être « accrochée », cette impatience, cette avidité d’en savoir plus, d’en lire plus, toujours plus, encore! encore! Et ce petit côté rassurant aussi de se rendre compte que oui, on est toujours capable de dévorer un bon roman! *soulagement*
Mais qualifier ce livre de « bon » n’est clairement pas suffisant pour vous exprimer à quel point cette saga, écrite par Chloé Chevalier, vaut vraiment le détour.
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Je ne sais même pas par quoi commencer tant j’ai tout aimé.
Dans un premier temps, retrouver les personnages des tomes prcédents, les princesses-reines et leurs Suivantes, est un vrai plaisir mais on a aussi la surprise – et c’est une très belle surprise – de faire la connaissance d’un nouveau narrateur qui n’est autre que Crassu, le fils adoptif de Nerès et Firment. Il nous offre un nouveau point de vue sur l’histoire et apparaît comme un jeune homme à la fois très intelligent et très naïf. Crassu se rapproche aussi de nous car on se rend compte que sa vision est un peu comme la nôtre: on perçoit chacune des héroïnes avec ses qualités et ses défauts, ce que Crassu a la maturité de voir malgré son jeune âge.
Mais ce qui captive surtout le lecteur c’est bien l’imbroglio politique du Demi-Loup. Déjà amorcées à la fin du tome 2, les tensions entre Véridienne et les Eponas (+les comtes rebelles en plein milieu) ne cessent d’augmenter de manière angoissante tout au long du récit. La vengeance de Cathelle et Aldemor est lancée et ne peut plus être freinée. Les pions sont en place, tout ne se passe pas exactement comme prévu, mais l’objectif final est bientôt atteint: le Demi-Loup est au bord du gouffre. (et nous pas loin de la crise cardiaque à force de suspense)
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Si seulement le tome 4 pouvait être déjà dispobible!….*soupir*
Mais il faudra bien patienter avant de connaître le fin mot de cette superbe saga. Si vous ne l’aviez pas encore compris vous pouvez vous lancer les yeux fermés dans les Récits du Demi-Loup (même si je vous conseille personnellement de prendre quelques notes pendant le tome 1 histoire de ne pas trop se mélanger les pinceaux au début): c’est de l’excllente fantasy, basée sur un principe très intéressant de Suivant(e), et en plus c’est écrit par une française, cocorico! Vous n’avez plus d’excuses!!
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Coup de coeur

SP#79 – DESTINations, Anthologie des Imaginales 2017

Ne lisant que très peu de nouvelles dans mes lectures mais curieuse de revenir à cette forme littéraire après 2 coups de coeurs notables (Une Vie à coucher Dehors, de S.Tesson et Fleurs au Creux des Ruines, de C.Chevalier), j’ai bien sûr repéré dès sa parution l’Anthologie des Imaginales 2017, livre emblème de ce Festival qui me fait rêver. Des nouvelles de SFFF, que demander de mieux quand on connaît mes goûts??

Je remercie donc les éditions Mnemos qui ont accepté de m’envoyer ce livre, qui en plus d’appâter le lecteur par sa belle liste d’auteurs reconnus (ou en voie de le devenir), a l’avantage non-négligeable de ravir l’oeil avec sa magnifique couverture, une illustration de Julien Delval (présenté ICI) tirée de l’affiche du festival. 

J’ai donc décidé de vous donner mon avis par nouvelle, dans l’ordre de lecture (un ordre qui a fini par se calquer sur celui du sommaire, j’en suis consciente).

DESTINS

  • Bucéphale au coeur des Ombres, de Aurélie Wellenstein

J’ai beaucoup aimé le thème de cette nouvelle (chevalier en croisade et démon caché), elle aurait pu être géniale mais… je crois que je n’ai pas tout compris. Elle est malheureusement restée hors de ma portée.

  • La Source, de Victor Dixen

Une nouvelle que j’ai adoré lire, qui m’a un peu fait penser au récit d’Aldemor dans Véridienne (pour ceux qui voient de quoi je parle), une histoire qui m’a plue de bout en bout… jusqu’à la chute décevante. Une chute tellement prévisible qu’on aurait jamais pensé être LA chute.

  • Les Aiguillons de l’Amour, de François Rouiller

Une nouvelle qui m’a bien plue de manière générale. Un point de vue original, un monde SF à peine esquissé mais intéressant, une chute satisfaisante.

  • La Voix des Renards Pâles, de Charlotte Bousquet

Une histoire triste et belle. Du genre qu’on se verrait bien raconter un soir autour d’un feu. Pas vraiment de chute mais peu importe car l’histoire se suffit à elle-même.

  • Ivresse et Profondeurs, de G. D. Arthur

Une nouvelle intéressante! Un peu frustrée de n’avoir qu’un aperçu un peu confus d’un monde qui aurait peut-être eu besoin d’un peu plus d’explications. Je reste un peu sur ma faim.

  • Fin, de Gregory Da Rosa

J’ai beaucoup aimé. Récit d’une apocalypse, on y retrouve les thèmes originaux abordés dans son roman Sénéchal. Une très bonne nouvelle!

NATIONS

  • La Voix des Profondeurs, de Adrien Tomas

Jusqu’ici ma nouvelle préférée (notamment parce qu’une scène se passe à Uluru, un lieu que j’ai visité et aimé à la folie). Porteuse d’un message très « peace and love », peut-être un peu cliché (le message, pas la nouvelle!), mais c’est toujours bon à entendre. Surtout si c’est aussi bien amené que dans cette nouvelle.

  • Chakrouar III, de Jean-François Thomas

Une nouvelle de SF très bien menée, qui se lit très bien et se conclut sur une jolie chute. Bonne surprise! J’approuve!

  • Le Roi Cornu, de Stefan Platteau
Une très bonne nouvelle de fantasy. En même temps, l’auteur est avantagé car, par rapport aux autres, il a eu droit à plus de caractères. Une histoire qui se situe mille ans avant Manesh, le tome 1 de sa saga qui se trouve être déjà dans ma PAL! Ça donne envie de l’en sortir!
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DESTINATIONS
  • Sans destination, de Pierre Bordage

Excellente petite nouvelle de SF. J’ai beaucoup apprécié, plus que ce que j’osais espérer! Moi qui me considère comme pas très « douée » pour la SF, c’est une très bonne surprise.

  • Essaimage, de Loïc Henry
Une autre nouvelle qui marche très bien. Une vision assez effrayante de l’avenir de l’humanité et une décision radicale pour tenter de la « sauver » qui l’est encore plus. La comparaison avec les ruches est bien trouvée.
  • Hoorn, de Estelle Faye
Une très belle histoire, émouvante. Ma nouvelle nouvelle préférée! Récit d’un voyage sans retour et pourtant porté par l’espoir, un voyage vers l’avenir qui s’appuie sur la foi, les rêves, et une volonté tenace. Beaucoup d’émotions. Décidément les nouvelles de SF font quasiment un sans faute à mes yeux! Qui l’eût cru!
  • Jehan de Mandeville, Le Livre des Merveilles du monde, de Fabien Cerutti
Une fantasy originale, sur fond de géographie française et qui fait un petit clin d’oeil à la SF. Très agréable à lire!
  • Une Forme de Démence, de Lionel Davoust

Encore une histoire qui joue avec notre corde sensible. Très touchante. Ça parle du processus d’écriture, d’imagination et de mémoire, de lieux hors du temps et hors du réel – ou bien seraient-ils plus réels que la réalité elle-même? Une histoire qui sonne juste et clôture parfaitement ce recueil.

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Au final, mes titres préférés sont: Fin, La Voix des Profondeurs, Le Roi Cornu, Hoorn et Une Forme de Démence. Mais la plupart des nouvelles sont bonnes voire très bonnes, aussi, si vous avez envie de goûter à plusieurs styles, plusieurs univers mais sans vous engager dans une énième saga ou trilogie, si vous voulez picorer, butiner… je ne peux que vous conseiller ce recueil, qui m’a un peu fait l’effet de piocher au hasard dans un sac de bonbons. Une expérience pleine de surprises et de saveurs 😉

SP#77 – Les Soeurs Carmines, tome 1: Le Complot des Corbeaux, de Ariel Holzl

Merryvère Carmine est une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et cambriole les manoirs pour gagner sa vie. Avec ses sœurs, Tristabelle et Dolorine, la jeune fille tente de survivre à Grisaille, une sinistre cité gothique où les mœurs sont plus que douteuses. On s’y trucide allègrement, surtout à l’heure du thé, et huit familles d’aristocrates aux dons surnaturels conspirent pour le trône. Après un vol désastreux, voilà que Merry se retrouve mêlée à l’un de ces complots ! Désormais traquées, les Carmines vont devoir redoubler d’efforts pour échapper aux nécromants, vampires, savants fous et autres assassins qui hantent les rues…

Pour être tout à fait honnête avec vous, la première chose qui m’a vraiment attirée dans cette lecture est son apparence. Cette couverture brillante, ce rouge profond, et cette identité graphique (qu’on doit à Melchior Ascaride, comme par hasard), l’objet livre m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Puis quand j’ai lu sur le site des éditions Mnemos qu’il y avait une inspiration à la Tim Burton, je me suis dit qu’il fallait tenter!

Bon, autant le dire tout de suite: autant ma dernière découverte dans la collection Naos des éditions Mnemos avait été une magnifique surprise (Le Matin en Avait Décidé Autrement) autant cette lecture m’a un peu déçue.

Dans un premier temps, à la défense des Soeurs Carmines, il faut souligner qu’elles sont arrivées dans mes lectures juste après Gagner la Guerre, de Jean-Philippe Jaworski. Et comment dire…? Le contraste a été un peu rude, au détriment du roman d’Ariel Holzl et malgré tous les bons points de son livre.

D’autre part, je ne m’attendais pas à ce que le roman soit si… orienté jeunesse. Le Matin en Avait Décidé Autrement avait l’avantage de proposer plusieurs niveaux de lecture. Ici, j’ai trouvé que Les Soeurs Carmines ne proposait que du premier degré. 

Cela dit, il n’empêche que c’est mignon, divertissant et rafraîchissant par son côté décalé et absurde à la Tim Burton. Et je dois reconnaître que cet aspect burtonesque vanté par la maison d’édition n’a pas été volé. Grisaille, la ville de tous les crimes, et ses personnages maléfiques toujours à l’affut du prochain mauvais coup font effectivement une belle référence au genre Tim Burton. Le contraste entre les personnalités des 3 soeurs apporte également une dose d’humour très bienvenue. J’ai particulièrement aimé Tristabelle, qui est un vrai cliché ambulant mais totalement assumé par l’auteur. Ses réparties sont toujours drôles de par leur complète absurdité.

En conclusion, je ne suis pas sûre de lire un jour la suite de cette saga jeunesse car je n’ai pas été franchement convaincue; cela dit, j’ai trouvé ce roman humoristique-gothique frais et divertissant, comme du Tim Burton pour enfants… un genre de lecture qui, soyons clairs, a l’avantage d’être original.

Je remercie les éditions Mnemos pour leur confiance!

Gagner la Guerre, de Jean-Philippe Jaworski

Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier ». Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère. Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon…
C’est le cœur gros que je termine aujourd’hui une belle aventure littéraire qui m’aura duré un bon mois. Pendant ma lecture je n’arrêtais pas de me dire « oh tout ce que je vais pouvoir dire sur ce bouquin! » et pourtant maintenant que l’heure est venue d’écrire ma chronique, je ne sais même pas par quoi commencer.
Peut-être par le format de ma lecture. Il faut savoir qu’au moment d’entamer ma lecture j’avais deux options, voir même trois en fait: le livre audio, le livre papier et l’ebook.
Etant ressortie toute excitée de ma première expérience audio avec le début de la saga Autremonde, je me suis lancée dans le livre audio. Et le début m’a laissée sceptique.
Je m’étais fait une image mentale de Benvenuto Gesufal, notamment grâce à la nouvelle de Janua Vera, que démentait un peu la voix de Jean Christophe Lebert. Je m’imaginais un brigand canaille un peu séduisant, dans la trentaine…Et la voix plus âgée de M. Lebert me le rendait moins « attirant », plus vieux, avec cette voix volontairement brute de décoffrage.
J’ai donc un peu navigué entre livre audio et livre papier pendant le premier quart du roman, ne sachant pas vraiment sur quel pied danser. Cela dit, avec mes trajets quotidiens en bus, j’ai quand même conservé le format audio par souci de praticité. (Je ne sais pas si vous connaissez l’édition grand format hardback de Gagner la Guerre, mais je me voyais mal la trimballer avec moi tous les jours dans mon sac à main).
Et finalement, je me suis habituée à la voix de Jean Christophe Lebert, d’autant qu’un événement « particulier » au tiers du roman m’a définitivement détachée du côté séduisant du bonhomme. Et au-delà de m’habituer à la voix de M. Lebert, j’ai fini par me rendre compte qu’il avait la vraie voix du personnage. Celle qu’il fallait. Au point que les quelques fois où j’ai quand même pris le livre papier en main, pour profiter un peu de mon bel objet-livre, la voix de Benvenuto dans ma tête m’a paru bien trop lisse, épurée, fade, comme une voix off impersonnelle. Vraiment je ne regrette pas du tout le format audio de ce roman, qui du coup, m’a quand même tenu la jambe pendant un bon mois. (Forcément quand on pense que certains chapitres pouvaient durer plus de 5h)
Bon et à part la voix de Jean Christophe Lebert? me direz-vous.
Parlons un peu de l’intrigue. Honnêtement, je me suis étonnée moi-même à m’intéresser à cette intrigue. Une intrigue très politique, stratégie politique, complot, machinations, trahisons, un peu comme Le Trône de Fer pourriez-vous imaginer, mais avec beaucoup moins de petites histoires « à côté »: pas d’histoires de famille, ou d’amour, ou de destin, et très peu de fantasy à proprement parler finalement. Les elfes et les nains, car oui il y en a, ne font qu’une apparition rapide voire inutile. La magie quant à elle est plus présente mais se révèle uniquement comme un outil politique, pour appuyer ces intrigues qui sont au cœur du roman. Je me suis même dit à plusieurs reprises que le bouquin était assez genré masculin: de la politique (en non-stop), du militaire, de la bastogne (voire de la torture dans la dentelle) et des meurtres à la pelle.
Cela dit, si je me suis laissée emporter de Ressine à Ciudalia, de Ciudalia à Bourg-Preux puis de Bourg-Preux à Ciudalia de nouveau, et ce sans aucun ennui ou lassitude, c’est essentiellement grâce à la voix que l’auteur donne à son personnage haut en couleurs: Benvenuto Gesufal. Le style, le phrasé, les piques d’humour noir, cynique/ironique, même les insultes…le langage est fleuri, travaillé et pourtant tout sonne juste et même léger. Ce livre m’a rappelé tout ce que j’aime dans la langue française et m’a redonné la nostalgie de mes années de classe prépa littéraire. Jaworski s’exprime de telle sorte que chaque phrase se savoure. On aurait presque envie d’en dire certaines à voix haute, ne serait-ce que pour goûter les mots et la théâtralité de certaines répliques bien senties.
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Vous comprendrez donc que je suis un peu tristoune de dire au revoir à ce roman dans lequel je suis restée plongée pendant des semaines. C’était bien d’avoir ma dose quotidienne de Ciudalia, ville-personnage, et de Don Bevenuto. Ce fameux Benvenuto! Il a beau être un anti-héros (un vrai), un truand sans pitié, un égoïste de première et une brute, sa gouaille (et son vocabulaire!) vont sérieusement me manquer. C’était une très belle aventure et je suis heureuse d’avoir eu le courage de me lancer à l’assaut de ce roman, considéré comme un incontournable de la fantasy. Passer à autre chose va être difficile, je plains le prochain livre sur ma liste.
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Je ne sais comment terminer cette chronique si ce n’est en vous invitant à me dire si ce roman vous tente ou si vous l’avez déjà lu. Pouvoir en parler encore un peu avec vous comblera un peu le manque que je ressens déjà… 💔