Mes Lectures

Farenheit 451: température à laquelle le papier s’enflamme et se consume.

Le temps file à une telle vitesse. 3 mois se sont déjà écoulés depuis mon dernier article. Je pourrais sortir les habituelles excuses du train-train quotidien mais je crois que c’est surtout que je n’avais plus envie. J’ai d’autres choses en tête que mes chroniques et mon blog depuis ce début d’année. Je continue de lire, bien sûr, mais mon rythme a encore énormément ralenti ces 3 derniers mois. Et je n’ai pas du tout envie de culpabiliser là-dessus.

J’aurais bien aimé venir écrire ici, écrire quelque part ce qui occupe mes pensées le soir au moment d’éteindre la lumière – pensées qui n’ont rien à voir avec la lecture, donc – mais je n’ai pas osé. Je me consume de phrases et de confidences que je garde en moi, qui me remplissent toute entière et menacent chaque jour de sortir. Autant d’espace intérieur occupé que la lecture ne peut momentanément plus investir.

J’essaye quand même, de continuer comme je peux, je m’accroche désespérément à cette distraction salutaire, qui met enfin mon esprit en pause le temps de la lecture – même brièvement.

Je suis par exemple très contente d’avoir enfin achevé le roman Farenheit 451, de Ray Bradbury, qui figurait dans ma PAL depuis des années.

Hérité de la bibliothèque paternelle, je savais que je devais le lire un jour. Comme un livre dystopique culte, au même titre 1984 ou le Meilleur des Mondes eux aussi hérités de mon père.

Il s’agit d’un livre, publié en 1953 aux US, à classer parmi ces livres qui se veulent des sonnettes d’alarme sur les dérives de la société moderne.

Dans un futur moyennement éloigné, les livres et la lecture sont interdits, la société a banni toute forme d’art, d’expression, de rêve. Les êtres humains vivent comme des automates, dans un quotidien dénué d’émotions ou de sentiments, matraqués par les publicités et les émissions de télévision absurdes qui leur lavent le cerveau. Dans cet univers la vocation des pompiers s’est ironiquement transformée: ils n’éteignent plus les feux. Au contraire, ils s’en servent pour procéder à de spectaculaires autodafés répressifs.

Autant 1984 m’avait beaucoup impressionnée quand je l’avais lu, autant j’ai eu plus de mal avec ce livre. Pour deux raisons principales, je pense.

D’abord j’ai eu du mal avec le style. Il est étrange, je ne l’ai trouvé ni fluide ni facile d’accès. Pourtant aucun mot compliqué, pas de phrase alambiquée, rien de tout cela. Simplement une façon d’énoncer qui se veut sans doute poétique, dans un sens, mais qui m’a laissée extérieure à l’histoire. Malgré toutes ces réflexions sur le feu, je l’ai trouvé froid.

D’autre part, si j’ai été moins impressionnée par ce roman c’est sans doute aussi parce que je suis plus résignée qu’à l’époque sur les tendances actuelles de notre société. Le matraquage des publicités, le lavage de cerveau par les émissions TV, la censure officieuse mise en place par nos gouvernements et par les grands médias en-dessous, cette volonté de nous mettre tous bien en face de l’arbre qui cache la forêt, de réfréner toute réflexion qui nous serait propre… tout cela ne m’a pas « fait peur » comme ça l’aurait dû car je considère que nous y sommes déjà. Ce livre de science-fiction écrit il y a plus de 60 ans est déjà devenu une triste réalité.

Farenheit 451 a peut-être fait son effet quand il est sorti mais cela n’a rien empêché. Nous aurions besoin de beaucoup d’autres nouveaux 1984 et Farenheit 451 aujourd’hui pour amener les gens à voir avec leurs propres yeux. Estimons-nous déjà heureux que les livres ne soient pas (encore) bannis et que nous ayons encore une toute relative liberté d’expression – selon les sujets abordés et selon les cercles concernés évidemment. Nous avons encore les moyens de nous forger nos propres opinions, de voir à travers l’écran de fumée… pour l’instant.

Quoiqu’il en soit je n’ai pas été choquée par Farenheit 451 car tous les éléments « dystopiques » du roman m’ont semblé tristement familiers. Cela dit je reconnais que ce genre de livre est nécessaire et doit se perpétuer. J’espère que ces livres sonneurs d’alarmes finiront un jour par porter leurs fruits. Le simple fait qu’ils existent est déjà quelque chose.

8 commentaires sur “Farenheit 451: température à laquelle le papier s’enflamme et se consume.

  1. Lire juste pour lire, cela me semble une bonne stratégie 🙂 Nourrir son blog quand on en a envie c’est plus sain. Je n’ai pas chroniqué ce livre mais je l’ai lu. Bien qu’il ne m’ait pas choquée, il m’a marquée car il m’a donné matière à réflexion (même si j’aurais aimé en savoir plus). Ce serait bien que ce genre de romans puisse avoir des répercutions plus concrètes mais ils ne sont souvent considérés que comme « de la fiction ».

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  2. Je ne l’ai pas lu et j’ai quand même envie d’y jeter un coup d’oeil…C’est sûr que ces livres en avance sur le temps ont fini par rattraper la réalité….Qui sait peut-être que dans quelques années on aura des Hungers Games à la place de Koh Lanta….Je trouve la couverture très bien réalisée.

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  3. Si tu l’as lu sur la vieille édition de ton père, il n’est pas surprenant que le style t’ai semblé peu accessible. J’ai moi-même découvert le texte sur une vieille traduction et disons que ça heurte un peu nos yeux habitués à lire des formulations plus modernes. Les nouvelles traductions sont souvent beaucoup plus agréables à nos petits yeux fragiles^^
    Sans avoir été choquée non plus, j’ai tout de même été fascinée par ce roman personnellement. J’avais un peu l’impression d’entendre La Walkyrie de Wagner : un rythme qui s’accélère petit à petit et nous entraîne inéluctablement vers une fin que l’on sent catastrophique mais dont on est incapable de dévier^^

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  4. Ah, je suis ravie que tu aies pu lire ce classique SF ! C’est le premier que j’ai lu, (à 10 ans) et je me souviens avoir été horrifiée par l’idée-même de bruler un livre ! C’est une histoire assez visionnaire !

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  5. J’ai vu le film récemment et je suis curieuse de découvrir le livre pour le coup, même si je me doute que les scénaristes ont eu des libertés. Mon frère a adoré et j’espère ne pas être déçue pour le coup, car j’en attends beaucoup.

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