SP#56 – L’Épée de l’Hiver, de Marta Randall

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Pour commencer cette chronique, je remercie les éditions des Moutons Électriques qui ont gentiment pensé à moi pour ce livre. J’avais déjà repéré ce titre quand on me l’a proposé alors j’ai sauté sur l’occasion. Bon, comme d’habitude chez les Moutons la couverture en elle-même vendait déjà du rêve, mais au-delà de ça j’avais été assez intriguée par la quatrième de couverture que je vous mets donc ici :

Dans le pays glacé de Cherek, lord Gambin de Jentesi va mourir et le chaos menace.

Durant les quatre décennies de sa toute-puissance, Gambin a tenu sa province d’une main de fer. Tandis que complotent ses quatre héritiers possibles, le peuple de Cherek observe avec inquiétude les péripéties de la passation de pouvoir. Car si la puissance de Gambin passe tout entière à ses héritiers, Cherek risque de voir compromises les promesses d’un avenir meilleur et de retomber dans l’obscurantisme. Dans cette atmosphère empoisonnée, un tissu d’intrigues se tisse autour de Lyeth, femme lige du seigneur de Jentesi, qui déteste l’homme cruel qu’elle a servi.

De nombreux personnages évoluent dans ce monde hanté, entre les neiges du dehors et les labyrinthes de la fantastique citadelle seigneuriale. Avec L’Épée de l’hiver, Marta Randall a écrit un formidable thriller de fantasydynastique, avec une pincée de steampunk dans son décor grandiose.

Je ressors finalement de ma lecture avec des sentiments partagés. D’une part j’ai presque tout aimé de ce que j’ai lu mais d’autre part je finis ma lecture avec un sentiment d’inachevé, avec une certaine frustration.

Commençons par ce que j’ai aimé. Presque tout en fait. Le décor, le froid, la neige, le fleuve glacé, la particularité du lieu qui veut que les gens se déplacent SUR le fleuve (de même que les chariots des marchands etc.), le château de Jentesi en partie taillé à même la roche, et l’univers en lui-même : les shadi, les différentes guildes, la redoutée guilde des cavaliers (dont notre héroïne fait partie), les mystérieux Piégeurs sans oublier cette touche résolument steampunk avec la présence incongrue de chaudières, machines à vapeur, courses de patins à glace… Les personnages eux-mêmes m’ont bien plus – même s’il est vrai qu’il arrive qu’on tombe sur quelques clichés du genre. Lyeth, l’héroïne, m’a tout de suite plu. En fait elle m’a fait penser à Brienne de Torth du Trône de Fer (personnage que j’aime beaucoup) en plus bourrue et plus vulgaire aussi. Mais ce n’était pas désagréable ! Parce que bien sûr, bien qu’elle jure comme un charretier et soit généralement grincheuse avec tout le monde, elle cache un cœur tendre. Évidemment. (D’ailleurs elle m’a aussi fait penser à Leth Marek dans Aeternia) Les autres personnages aussi sont intéressants, même si j’ai eu un peu de mal à les repérer tous au début. Culdyn et Syne, Gambin – qu’on ne voit pas beaucoup malheureusement mais qui avait du potentiel ! – Jandi, Torwyn, Elea, Joleda sans oublier le jeune Emris.

Bref, une foule de bonnes choses dans ce roman… Seulement j’ai un grand regret : tout est beaucoup trop rapide et survolé. J’ai à peine eu le temps de repérer tous les personnages qu’il était déjà temps de conclure l’intrigue. À peine eu le temps de saisir le fonctionnement de ce monde qu’il est déjà l’heure de fermer le livre. Au point de me demander pour de bon si une suite est prévue ? Certes l’intrigue trouve sa résolution mais on ressort en se disant « c’est tout ? » Ne va-t-on pas en savoir plus ? Et Mérinam, la nouvelle contrée récemment découverte ? Et les shadis ? On n’a jamais eu d’explication sur ce qu’ils étaient vraiment. Et surtout : les Piégeurs ?? Laret a irrémédiablement titillé ma curiosité : qui sont les Piégeurs ? Quels sont exactement leurs pouvoirs ? Quel est ce fameux cercle dont parlait Laret ?

Sans compter que quelques visuels n’auraient pas été de trop : une carte du monde, une illustration du château (dont la description appelle forcément une image ! M. Simonetti peut-être ??) ou même du talma de Lyeth – à quoi ressemble ce vêtement ?

Enfin, même l’intrigue elle-même m’a paru trop rapide. La façon dont Lyeth tombe sur Emris est facile. On devine tout de suite où l’histoire va nous mener. De même que l’attachement qui naît entre eux paraît également trop rapide pour être naturel. Même le dénouement de l’intrigue m’a semblé vite expédié, au point de manquer un peu de clarté.

Pour conclure, je dirais que j’ai aimé cette lecture : j’ai trouvé l’univers bien trouvé, beau et intéressant à la fois, et même original avec ce petit côté steampunk vraiment génial, j’ai apprécié tous les personnages dans leur diversité… mais je regrette un certain manque d’approfondissement. J’aurais aimé avoir le temps de mieux connaître les personnages et leur univers, au-delà des quelques petits éléments qu’on grappille au cours de la lecture. C’est un peu comme du teasing mais sans rien au bout : c’est frustrant. Je veux découvrir les secrets du pays de Cherek ! En quelques mots : une lecture agréable, un bel univers, un bon potentiel… mais pas suffisamment exploité à mon goût.

frise

imaginaire

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10 réflexions sur “SP#56 – L’Épée de l’Hiver, de Marta Randall

  1. Malgré tes sentiments partagés, je pense que je me laisserais bien tenter. L’univers m’interpelle et j’ai bien envie de le découvrir. Après, je sais à quoi m’attendre : il y a de grandes chances pour que mes interrogations n’aient pas toutes des réponses 🙂

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  2. Pingback: Mai 2016 – Bilan lectures | Les étagères de Pitiponks

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