C’était la semaine où…(#7)

  • chéri et moi n’avons travaillé que 4 jours, héhéhé
  • j’ai commandé et récupéré le cadeau d’anniversaire de mon amie Eirilys ❤ (je n’en dévoilerai pas plus pour l’instant car je ne l’ai pas encore offert!)
  • j’ai pas franchement bien mangé les midis de cette semaine, très peu anticipé mes repas. Donc sur 4 jours, 2 « mauvais » repas. Bof bof comme score.
  • je suis tombée par hasard sur la suite et fin de la trilogie La Tapisserie de Fionavar, de Guy Gavriel Kay, exactement dans la même collection introuvable que le tome 1 que je m’étais acheté d’occasion. Tomes 2+3 à 6€ et je complète ma trilogie!

  • j’ai parlé politique avec ma collègue-partenaire de travail: c’était à la fois amusant (car elle n’a pas froid aux yeux et n’hésite pas à dire ce qu’elle pense haut et fort à tous ceux qui lui passent sous le nez) et intéressant de par sa position à laquelle je ne m’attendais pas. D’autant qu’elle a le point de vue d’une « étrangère » vivant en France.

  • j’ai vécu un moment un peu « douche froide » quand j’ai dit à ma chef que je ne me sentais pas de faire les heures supplémentaires qu’elle me demandait vendredi. Elle m’a pris de haut, a prétendu m’avoir prévenu (oralement) lors de notre entretien d’embauche (de fin décembre)(alors que mon contrat prévoit une durée de travail hebdo de 35h)… et au final je n’ai pas eu le choix. J’en ai marre de ces jobs d’accueil où se faire exploiter est pris pour acquis par les employeurs et où souhaiter un minimum de vie de famille est une hérésie. Je n’en peux plus des jobs d’accueil… Franchement. À la base je n’ai pas fait un Master pour finir hôtesse d’accueil. Si c’est là dedans que je voulais atterrir, j’aurais juste fait un BTS, grand max. Et pourtant ça fait 5 ans que je ne fais QUE ça. Que je ne trouve rien d’autre. La vie active, le marché du travail m’ont tellement déçue… Je vous avoue que quand j’y pense ça m’envoie vraiment au fond du trou.
  • j’ai donc assumé une journée de 8h-18h toute seule à l’accueil pour terminer la semaine en beauté. Heureusement que c’était les vacances scolaires, et donc un peu plus calme qu’en temps « normal ».
  • une bonne amie de classe préparatoire m’a recontactée pour me dire qu’elle revenait vivre dans la région et qu’elle souhaitait me revoir! Ça m’a fait super plaisir d’avoir de ses nouvelles et j’ai trop hâte de la revoir!!

(et en même temps je me sens tellement nulle quand je vois que mes amies ont réussi professionnellement quand moi je ne fais que patauger dans des CDD de merde. J’ai toujours ce pincement au coeur, cette comparaison que je fais presque malgré moi et qui me fait un peu mal)

  • j’ai été gâtée en réceptions diverses dans ma boîte aux lettres! Je suis trop fan 😍

Des chaussettes toutes mimi (les premières d’une longue série à venir) et un très beau SP que je n’osais espérer!

Deux autres SP: celui des éditions Denoël que j’attendais de pied ferme et celui des éditions de La Table Ronde que je pensais ne jamais recevoir!

  • ma voiture a frôlé la panne, a été sauvée in extremis,… puis est VRAIMENT tombée en panne le lendemain. Ce moment bien flippant quand tu démarres et que tu tournes la clé…dans le vide et le silence. 😖 (Et non, ce n’est apparemment pas la batterie) Je m’inquiète beaucoup et j’ai hâte qu’un garagiste vienne voir lundi si c’est grave ou pas. (D’après mon papa ça sent mauvais, ça sent la réparation plus chère que la voiture elle-même…😰)
  • mes parents et mon frère sont venus à la maison dimanche. Chose rarissime, encore plus rarissime si mon frère nous honore de sa compagnie. J’ai pu offrir à ce dernier son cadeau d’anniversaire, conservé au chaud depuis un mois, et on a tous passé un bon moment, plein de bonne humeur et tout en simplicité!
  • on a enfin fixé une date pour notre repas indien avec mon amie Eirilys et son chéri. Après le repas japonais qu’ils nous avaient cuisiné chez eux, cette fois c’est nous qui mettons la main à la pâte pour leur faire déguster nos préparations indiennes.
  • on a enfin pu voter pour le premier tour des élections présidentielles… et obtenu le résultat dans la foulée. Voilà voilà. No comment en ce qui me concerne. Chacun ses opinions. (Cela dit les débats suscités sur Twitter sont intéressants)
  • j’ai échoué dans ma mission de venir à bout de Gagner la Guerre avant la fin de la semaine. La faute à un week-end très chargé. En vrai, cette lecture me régale (et j’ai vraiment hâte de vous en parler en détails)… mais je flippe grave d’avoir délaissé tous mes SP depuis presque 1 mois. La semaine prochaine devrait être la bonne puisqu’il ne me reste plus que 2 chapitres!🤞

Et vous, le bilan de votre semaine?

C’était la semaine où…(#2)

  • j’ai enfin accroché à mes deux lectures en cours (ouf!)
  • j’ai continué mes découvertes bloggesques et retenu plein de bonnes adresses, entre autres: Un Invincible Été et Miettes de Clow 
  • j’ai notamment dévoré avec avidité et reconnaissance les articles de Biobeaubon sur la maternité!
  • je me suis motivée à me préparer une vraie petite salade maison pour un midi au travail: boulgour, courgette, radis noir, feta, olives noires et oignons frits. C’était très bon!
  • j’ai rencontré la fille que je remplace pour quelques mois au travail car elle est venue rendre visite avec sa petite Tessa de 5 mois dans les bras – moment bref mais tout en mignonitude devant cette belle petite fille toute sage aux grands yeux attentifs.
  • je suis allée manger à la cantine d’entreprise avec deux de mes collègues pour un repas « des îles »: chips de banane plantain, crabe façon ceviche, poulet curry… Presque comme au restau – mais en moins cher.
  • j’ai dû prendre ma voiture pour aller au travail jeudi après avoir attendu pendant 20min un bus n’est jamais passé. Journée qui a mal commencé (dans le stress) mais qui m’a apporté deux petites victoires: 1) je suis arrivée avec un royal quart d’heure d’avance (alors que je me voyais déjà arriver la queue entre les jambes avec 1h de retard) et 2) à la sortie du travail, je n’ai mis QUE 30 minutes pour rentrer chez moi, moitié moins que le temps habituel en bus! Yes!
  • j’ai attendu chaque jour de la semaine un certain SP que je MEURS d’impatience d’avoir entre les mains… sans jamais le trouver dans ma BAL. Chaque jour, espoir déçu.
  • j’ai en revanche reçu trois livres et ça, ça fait quand même un bon score sur la semaine! Deux SP bien prometteurs dont un particulièrement beau que je n’attendais pas (en fait j’avais oublié que je l’avais demandé *hum*)(suivez mon regard jusqu’à la couverture rouge brillant) ET….*roulement de tambours*… mon gain concours J’ai Lu, j’ai nommé la dernière intégrale J’ai Lu de Robin Hobb, aka le premier volume de La Cité des Anciens!!! Je ne me remets toujours pas d’avoir eu la chance de le gagner 😱🍀

  • j’ai finalement dévoré ma lecture du moment imprévue, forcément c’est celle qui n’était pas « prioritaire ». Forcément. Je parle du premier tome d’Autre-Monde de Maxime Chattam. Chronique en cours de rédaction.
  • j’ai continué mon auto-lavage de cerveau à force d’écouter toujours les mêmes chansons, tout le temps. J’essaie de vous faire un point musique très bientôt.
  • Je suis partie en week-end avant tout le monde, à 15h45, car j’étais du matin vendredi. J’adore sortir du travail avant tout le monde 😁
  • on retiendra deux repas mémorables :

Une repas japonais chez des amis, tout fait maison: salade de wakamé, soupe miso et okonomiyaki (un régal !!)…

Oui je sais, ça ressemble à rien mais c’est tellement bon!!

…et un repas vietnamien chez la tante du chéri avec un savoureux Bun Bo 🍜

  • J’ai commencé mon premier audiobook suite à l’avis d’Eirilys. Phase de test actuellement en cours mais expérience intéressante ! On en reparlera bientôt.
  • Chéri et moi avons célébré la Saint Patrick avec des amis en allant en ville boire des bières dans un nouveau bar irlandais
  • Nous sommes allés pour la première fois découvrir les supermarchés asiatiques de Plan de Campagne à Marseille. On a fait une vraie razzia de produits qu’on ne trouve pas vers chez nous, notamment de quoi pouvoir refaire les délicieuses choses japonaises mentionnées plus haut. D’où la photo de couverture… Miam.

En somme une bonne semaine, couronnée par un bon week-end chargé (et placé sous le signe de la bouffe) passé à la vitesse de l’éclair. On devrait avoir 5 jours de week-end et deux jours de travail, ce serait mieux  équilibré je pense. Et vous, votre semaine? 😀

SP#65 – Conte de la Plaine et des Bois, de Jean-Claude Marguerite

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De retour dans son pays natal, le patron d’un grand studio de dessins animés entend aboyer Dick, son premier chien, pourtant mort il y a longtemps.
Il sort à sa recherche, traverse la rivière, se perd dans les bois… où il croise un garçon qui accompagne « son » Dick pour son ultime voyage. Débute un périple à la frontière du fantastique – ils dorment dans une maison hantée, partagent la dernière noisette de Mister Kreekle, son personnage fétiche… Toute fin étant une question de point de vue, chacun des trois voyageurs proposera la sienne.

Ça y est! Je l’ai lu! C’est décidé, je rattrape mon retard dans mes SP et ça commence ici.

Conte de La Plaine et des Bois, de Jean-Claude Marguerite, est un court roman de 159 pages… qu’on aurait sans doute pensé « vite lu ». En ce qui me concerne, ça n’a pas été le cas pour deux raisons.

Tout d’abord, j’avoue avoir eu du mal avec les premières pages. Le monologue intérieur du vieil homme est très abstrait, très onirique, entre contemplation et pensées-flashes qui jaillissent d’on ne sait où.

Cependant, à partir de l’arrivée de Manu, ce ne sont plus des « difficultés » qui ralentissent ma lecture mais simplement mon mon envie de prendre le temps et de savourer le paysage. Mon intérêt s’est soudain réveillé avec l’apparition de Dick-Albert et Manu. Et c’est là que je suis vraiment partie en balade avec eux. Je crois que je n’aurais pas pu mieux choisir ma saison pour lire ce livre. Il est question de forêts, de bois (non sans blague?), de nature, de crachin, de feuilles d’automne (rouges, toujours rouges!), de sentiers à demi-oubliés et de noisettes. J’ai beaucoup apprécié l’alliance créée entre le cadre, les réflexions du vieil homme, la résurgence de ses souvenirs au contact de ce duo aussi mignon qu’étrange: Manu et Albert. En fait, oui, beaucoup de mignonitude dans ce trio: vieil homme-enfant-chien. Mais tout en douceur et simplicité, sans chichis. On est touché par les thèmes abordés dans cette nature revenue à l’état sauvage, dont le cycle de la vie fait écho au cycle de la vie des humains. D’un côté un vieil homme, qui a grandi, qui a vécu, qui a dirigé des employés, amassé de l’argent, est devenu célèbre… et pourtant qui a soudainement l’impression de retrouver le petit garçon qu’il était, avec ses croquis et ses rêves. On touche à la vie, à l’enfance, au temps qui passe, à la mémoire, à la liberté, à l’insouciance, à l’innocence et à l’amour.

Je ne suis pas tout à fait sûre d’avoir bien compris la fin – ou les fins devrais-je dire – mais pour une fois, ce n’est pas plus mal. Je suis surtout heureuse du voyage, et je peux en déduire la fin qui me parle le plus.

En bref, une jolie balade automnale très touchante aux côtés de personnages à la fois émouvants et symboliques. Je suis heureuse de cette escapade automnale aux frontières du rêve que je dois aux éditions des Moutons Électriques, que je remercie encore chaleureusement!

Big Book Haul Été 2016

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Parce que ça fait des lustres que je n’ai pas fait de Book Haul, et aussi parce que ça fait des semaines que j’ai ces photos en mémoire et que je n’en fais rien… je crois qu’il est VRAIMENT temps de vous parler de mes belles trouvailles de cet été. De l’occasion, des services de presse, des cadeaux et une très subtile touche de craquage… bref, que du bon et on commence tout de suite.

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Voilà voilà. Mon beau petit tas plein de promesses.

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Le plus gros de la pile figure sur cette photo: uniquement des livres d’occasion (à une exception près) que j’ai eu la chance de trouver au vide-bibliothèque de ma ville. Le tout pour 3,50€. Ça faisait des mois que je l’attendais, tout en redoutant d’avoir trop d’espoirs. Oui, parce que les vieilleries il y en avait des tonnes! MAIS j’ai quand même réussi à mettre la main sur tout ça!

  • Ma super trouvaille, de fantasy SVP (genre hyper rare dans ce type de foire aux livres): les tomes 1 et 2 des Nains, de Markus Heitz que je voulais lire depuis longtemps!
  • Je suis aussi tombée sur Matricia de Charlotte Bousquet (auteure que je n’ai encore jamais eu l’occasion de découvrir) et quand Eirilys a vu que je l’avais pris, elle m’a offert Cytheriae qu’elle a sorti de sa propre bibli pour moi. Si c’est pas trop gentil?!
  • Peter Pan, au rayon enfants, un must-read qui n’avait encore jamais croisé ma route
  • Les Cerfs-Volants de Kaboul, de Khaled Hosseini parce que… parce que MyPrettyBooks. Tout simplement.
  • Enfin, une biographie de Charlotte Brontë, que je suis allée pêcher sous une table à genoux. Parce que: auteure de roman gothique, destin plus ou moins tragique, et surtout maman de Jane Eyre ❤️

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Place aux SP de deux maisons d’édition que j’apprécie énormément: Denoël et Les Moutons Électriques, qui m’ont encore prouvé leur générosité. Conte de la Plaine et des Bois, de Jean-Claude Marguerite (du nature writing onirique) et L’Inclinaison, de Christopher Priest (plutôt SF) dont je vous ai déjà parlé puisqu’ils font partie de ma PAL d’automne. Et aussi Le Vaisseau Ardent que j’ai eu la grande chance de recevoir, alias LE roman qui a fait connaître Jean-Claude Marguerite (oui encore lui!). En pleine découverte passionnée des Aventuriers de la Mer je ne pouvais PAS ne pas être intriguée par ce « roman-parpaing » qui parle de pirates et de chasse au trésor!

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Oui, « roman-parpaing » parce que… parce que ça en a presque l’épaisseur, comme vous pouvez le juger par vous-mêmes sur la photo! Je ne sais pas combien de temps cette lecture va me prendre mais j’ai bon espoir de vivre une belle aventure!

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On finit avec mes 2 chouchous de ce Book Haul. Un craquage qui était vraiment nécessaire, Robin Hobb oblige, j’en avais trop besoin… (d’ailleurs il n’a pas fait long feu!) Et encore une preuve que mon amie Eirilys est un amour : elle et son chéri pensaient revendre leur exemplaire en trop de Gagner la Guerre, de Jaworski, (d’autant que cette version n’est plus éditée à ce jour) mais quand elle a appris que je recherchais activement à me le procurer elle m’a proposé un petit marché : elle me ferait cadeau du livre en échange d’un poche de sa wishlist. Donc en gros j’ai gagné un superbe livre relié en hard back même plus édité pour environ 8€. Voilà, j’ai peu d’ami(e)s mais je les choisis bien, n’est-ce pas? x) Encore un grand MERCI Eirilys, à toi et ton homme, pour ce beau cadeau.

Ce sera tout pour ce Book Haul. Depuis que j’ai pris ces photos, j’ai reçu/gagné d’autres livres (et cette PAL qui ne diminue jamais, on en parle?) mais je vous les montrerai une prochaine fois!

Sur ce, j’espère que vos lectures actuelles vous plaisent et je vous souhaite à tous de belles aventures littéraires. ❤️📖😇

SP#45 – Il Reste la Poussière, de Sandrine Collette

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                                       Titre: Il Reste la Poussière

                                       Auteur: Sandrine Collette

                                       Maison d’édition: Denoël

                                       Prix:  19,99 €

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux. 
Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l’a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. 
Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?

Il y a des livres pour lesquels on a un bon feeling dès le début. Il arrive parfois que ce « bon feeling » soit finalement démenti par la lecture. Mais il arrive aussi qu’on ressorte de notre en lecture en nous disant « j’avais raison: c’était vraiment bien! » 🙂 En fait, c’était même plus que bien…

Quand j’ai lu le résumé, j’ai tout de suite pensé que ce roman avait des chances de me plaire. Ne serait-ce que par le cadre: la steppe balayée de vents glacés. J’ai souvent aimé voire adoré les romans prenant pour cadre des lieux désertiques. Quand l’auteur connaît son métier, je suis souvent fascinée par les grandes étendues désertes, les dangers qui leur sont liés: la sécheresse, les animaux sauvages ou même la solitude.

Ça fait déjà une semaine que j’ai fini ce roman et je ne sais toujours pas comment écrire cette chronique. Le fait est que j’ai adoré ce livre… mais ce que j’ai aimé dans cette lecture est tellement lié à mes émotions que j’ai du mal à mettre des mots dessus.

Le style de l’auteur est fluide et on est très vite fasciné par cette famille étrange, qui se comporte comme une équipe de travail plutôt que comme une famille. Plutôt que d’être liés les uns aux autres par l’amour, les membres de cette famille n’ont pour seul lien que le travail quotidien qu’ils fournissent pour faire vivre leur ferme. Et dans les membres de cette famille, nous avons Rafael, qui s’est toujours fait martyrisé par ses frères et ignoré par sa mère et qui, malgré la peur et les souffrances, s’y résigne car il n’a jamais rien connu d’autre. Il ne se morfond pas, il ne se plaint pas… et il arrive même à trouver des joies dans sa triste vie. Galoper sur son cheval, recevoir l’affection de son chien, grappiller quelques heures sinon quelques minutes de solitude quand il le peut…

L’intelligence de l’auteur réside beaucoup dans sa façon d’aborder ses personnages. Car nous n’avons pas seulement le point de vue de Rafael : nous avons aussi, à tour de rôles, les points de vue des trois autres frères ainsi que celui de la mère. Et bien qu’on haïsse la mère de sa cruelle indifférence (quelle mère vraiment horrible!), bien qu’on déteste les frères qui font preuve de méchanceté gratuite envers Rafael… on finit par les comprendre un peu. On voit le monde à travers les yeux et on comprend que ce sont tous des êtres brisés, tordus… comme des plantes qui n’auraient jamais connu le soleil ou la pluie et se seraient quand même efforcés de survivre. Repliés dans leur ferme dans un microcosme impitoyable, comment auraient-ils pu être différents?

Enfin, je vais aborder le point le plus dur à expliquer: ce que j’ai ressenti face à cette histoire. Je l’ai trouvée puissante, dure mais… apaisante en même temps. Lire le quotidien de ces fermiers, qui ne se posent pas de questions, se lèvent tôt, vaquent à leur tâches et se couchent le soir avec la simple conscience du travail accompli. Quand je trouve ma vie inutile, mes doutes et mes peurs trop nombreux… je m’imagine travaillant à la campagne, soignant le bétail et les récoltes. J’imagine une vie simple, rythmée par les saisons et les animaux. Bon, après je me rappelle qu’un fermier travaille 70h par semaine pour des clopinettes à la fin du mois et ça me fait déchanter rapidement… Il n’empêche. Ne pas se poser de questions, travailler la terre, s’occuper des bêtes et s’endormir le soir sans culpabilité, la conscience tranquille. Je crois que cet aspect du livre m’a fait du bien, m’a apaisée.

De même que le cadre m’a fascinée. Le désert, la solitude, le sentiment d’être seul au monde… J’ai peut-être compris le livre de travers (après tout si cette famille est tombée si bas, c’est qu’elle est restée seule trop longtemps, coupée du monde et des autres êtres humains) mais j’ai apprécié m’imaginer avec Rafael, à dos de cheval, avec la steppe infinie pour seul horizon.

En bref, je dirais que Il Reste La Poussière est un très beau roman, très efficace: dur mais puissant. La plume de Sandrine Collette est très évocatrice et elle parvient à aborder des sujets difficiles avec un style fluide et léger. J’ai tout aimé de ce livre et je vous le recommande vivement!