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Le Peuple des Rennes, de Robin Hobb

Une nuit, Tillu la guérisseuse décide de fuir avec son fils Kerleu, un enfant étrange et différent, tombé sous la coupe d’un chaman, qui veut en faire son successeur. Au-delà de la toundra gelée, elle va planter sa tente dans une forêt lointaine et essayer de reconstruire leur vie.

Découverts par une autre tribu à la suite d’un accident de chasse, mère et fils intègrent bientôt cette communauté. Mais très vite des incidents étranges se produisent, et le chef de tribu accuse Kerleu, cet enfant qui fait peur à tous…

Quand j’ai trouvé ce livre d’occasion il y a 1 ans dans un vide-grenier, je n’en croyais pas ma chance. Un Robin Hobb, quasi-neuf, un one-shot (ou du moins une petite intégrale solo) pour une broutille. Je m’étais jetée dessus.
Je me l’étais reservé pour l’hiver au vu de la couverture et du résumé, et j’attendais avec impatience de l’ouvrir.
Sauf que la première fois que j’ai ouvert le roman je dois bien vous avouer que les premières pages ne m’ont pas convaincue. J’étais dans une période de frénésie de lecture et quand j’ai commencé Le Peuple des Rennes c’est comme si j’étais retombée au point mort. Freinage brutal. Petite douche froide.
J’ai bien senti que ce n’était pas le moment pour cette lecture et j’ai mis le livre de côté, en attendant une prochaine fois où je me sentirais de prendre le temps de me poser dans une lecture « lente ». Sage décision. Ne jamais se forcer.
Car j’ai repris le livre en main la semaine dernière et cette fois ça a marché.
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Bon soyons clair, il faut quand même s’accrocher un peu au début… Un bon gros début, un tiers même. Cette première partie du livre est très orientée atmosphère, décor. L’auteure prend le temps de nous présenter son univers: des peuples primitifs, une vie nomade, la nature en position de force, la magie redoutable des esprits ancestraux, la place de chamane mais aussi la position difficile d’une femme célibataire élevant son enfant étrange toute seule dans une communauté archaïque ou l’homme est le seul garant de toute survie. C’est intéressant, c’est sûr, mais il ne se passe pas grand chose pendant un moment.
C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai rapidement abandonné le format audio pour me concentrer sur le papier: les voix de Yves Mugler et Véronique Groux de Miéri avaient beau me plaire, la lecture à haute voix avait plutot tendance à m’endormir. J’ai donc repris en main mon livre papier et ça m’a aidé à poursuivre ma lecture.
Les choses commencent à devenir intéressantes lorsque Tillu et Kerleu arrivent dans le peuple des rennes. L’air de rien, l’auteure commence alors à distiller des éléments mystérieux qui nous intriguent et tissent peu à peu des formes floues au second plan de l’histoire. Quelque chose d’inquiétant se dessine en filigrane et devient de plus en plus obsédant au fil de la lecture. Une fois le premier tiers passé j’ai dévoré ce livre, avide de comprendre, de savoir.
L’atmosphère créée par Robin Hobb y joue d’ailleurs pour beaucoup. Je me suis régalée à vivre avec Heckram, ses rennes, à ramasser des plantes avec Tillu et respirer l’odeur des fourrures et du cuir. 
Mais je ne dois pas oublier de vous parler des personnages. Je me suis beaucoup attachée à eux, et je les ai tous trouvés intéressants, même les plus détestables. Je me suis attachée à Kerleu, personnage central mais ambivalent qui suscite tour à tour agacement et attendrissement, à Heckram, avec sa force tranquille et sa faculté de ne pas juger les gens différents mais de les accepter tels qu’ils sont, Kari aussi a attiré ma tendresse… mais mention particulière pour Tillu qui est une sacrée héroïne. La force et le courage de cette femme forcent l’admiration. Elle doute, elle a peur mais elle fait face au monde, à la nature, aux hommes. Elle est seule, rejetée pour être la mère de ce garçon bizarre qui ne se comporte pas comme les autres garçons. Elle prend des décisions difficiles et s’y tient, et elle regarde les gens dans les yeux quand il est temps de les assumer. Tillu est une femme forte, une féministe avant l’heure, à la fois mère et femme, un modèle de personnage féminin à retenir!
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En conclusion, même s’il faut s’accrocher un peu au début, je n’ai absolument pas regretté d’avoir persévéré car j’ai adoré cette lecture inhabituelle pour moi. Le contexte préhistorique, la nature, le côté primitif et spirite, le chamanisme…tout m’a plu et j’ai pris énormément de plaisir à suivre l’histoire de Tillu et Kerleu qui sont deux personnages forts et marquants, chacun à leur façon. Une magnifique histoire et un univers fascinant qui me manque déjà
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Coup de coeur
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5 commentaires sur “Le Peuple des Rennes, de Robin Hobb

    1. Tu as tout à fait raison – je parle de la « valeur sûre ». Après pour ce qui est de te plaire, c’est autre chose mais j’espère vraiment t’avoir convaincue qu’il faut persévérer au début car ça vaut le coup. Bon ce coup de coeur n’équivaut pas au coup de coeur intersidéral vers l’infini et au-delà que j’avais eu pour l’Assassin Royal (en même temps on est dans un genre vraiment différent!), il n’empêche que ce roman vaut le titre de coup de coeur. À bon entendeur 😉

      Aimé par 1 personne

  1. Cela me rappelle les débuts du Soldat Chamane que j’avais trouvé très lent et série pour laquelle je ne suis pas allée plus loin que le tome 1. Avec Hobb, il y a certaines séries dont il veut mieux prévoir la lecture des intégrales à mon avis. Et pour les personnages où les sentiments des lecteurs sont ambivalents, c’est son point fort. Le personnage que tu décris me fait penser à Kennit dans Les Aventuriers de la Mer, à s’arracher les cheveux par moment ^^. Je n’ai pas lu Le Peuple des Rennes mais ta chronique m’aura prévenu du rythme lent des premiers chapitres.

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    1. J’ai justement Le Soldat Chamane dans ma PAL et j’avoue que ce côté chamanisme du Peuple des Rennes m’a vraiment donné envie de poursuivre dans ce thème là avec le Soldat Chamane.
      Kerleu est beaucoup moins « mauvais » que Kennit dans le sens où il n’est pas conscient de ses erreurs et parfois de ses actes/paroles. (Alors que Kennit est volontairement égoïste et cruel) Kerleu est un jeune garçon en retard par rapport aux autres qui a ce côté innocent et naïf qui à la fois le fait se comporter comme un boulet voire un idiot (disons les choses comme elles sont) mais qui en même temps attire notre tendresse et notre envie de le protéger des autres.
      Quoiqu’il en soit j’espère que ma chronique t’a aussi convaincue que la lenteur des premiers chapitres ne doit pas décourager de ce roman, qui est une superbe histoire 😉

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      1. Je suis curieuse de savoir ton avis sur Le Soldat Chamane quand tu le sortiras de ta PAL. Je ne suis pas encore prête à reprendre avec Le Soldat Chamane, peut être car je n’ai pas lu de chroniques comme la tienne pour Le Peuple des Rennes faisant part d’une vraie valeur ajoutée et d’une histoire très intéressante après le premier tome. Et non ta chronique est très positive pour motiver à lire Le Peuple des Rennes et me poussera à découvrir ce livre. Pour le moment, je reste en territoire connu avec la relecture de l’Assassin Royal et la découverte des Cités des Anciens (tome 2 à lire prochainement).

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