SP#74 – Sénéchal, de Gregory Da Rosa

Malgré le temps qu’il m’aura fallu pour terminer ce roman, ne faites pas l’erreur de vous en détourner trop rapidement.

Ce roman a souffert de mon manque de temps de lecture au calme. Avec mes journées de travail bien remplies et mes soirées où je tombe de fatigue dès 21h, j’ai avancé à vitesse d’escargot dans ce roman…

…alors qu’en parallèle j’ai vite lu (et là nul mérite) les deux premiers tomes d’Autre Monde. Bah oui, pour les transports en commun, environ 2h par jour, c’était pour moi plus facile de lire cette saga jeunesse et toute en action ligne après ligne. La fantasy, selon moi, ne se prête pas trop à un cadre dans lequel on est bousculé, gêné par le bruit, stressé par l’heure etc. J’ai préféré me plonger dans Sénéchal quand j’ai réussi à trouver des moments de calme et de relative vivacité d’esprit quand j’étais chez moi. D’où le retard de ma lecture.

Alors certes je n’ai pas tout de suite été emportée contre vents et marées par le scénario. Cela dit j’ai su l’apprécier de plus en plus tandis que j’avançais dans ma lecture. Quand j’ai enfin su prendre le temps de me pencher vraiment sur ce livre, j’ai découvert un univers pour le moins particulier. Quand les contours ont d’ailleurs fini par se préciser j’ai été agréablement surprise par ce cadre d’un genre que je n’avais encore jamais rencontré en fantasy. L’univers en place n’a que 700 ans et humains vivent au côté d’anges et séraphins bels et bien réels, suite à une apocalypse qui serait à l’origine du monde tels qu’il est au moment où nous commençons l’histoire – et où la religion est omniprésente.

En effet, l’aspect religieux m’a vivement interpellée et intéressée, que ce soit par le rôle des anges, ces prophètes qui sont la parole du Dieu mais  dont le rôle se révèle finalement ambigu, ou par le biais de scènes telles que celle, effrayante, du grand Oectuaire ou celle de la confession du Sénéchal.

D’ailleurs, puisqu’on en parle, le Sénéchal est clairement un personnage intéressant à suivre. Un roturier qui se retrouve main droite du roi, son ami de toujours, fidèle depuis toujours, toujours prêt à conseiller avec fermeté et justesse son ami…et qui pourtant n’est toujours qu’un roturier, un homme banal qui traine ses casseroles comme tout le monde. Ce personnage est intéressant par bien des aspects, l’un des principaux étant ses faiblesses. Malgré sa position et son autorité, nous sommes témoin de ses doutes intérieurs, de ses peurs inavouées, ce qui le rend attachant.

L’aspect politique est également un aspect bien traité: nous sommes dès le début plongé dans une situation critique. Alors que la ville se retrouve assiégée par l’ennemi, on découvre que des traîtres complotent au sein même de la ville et de la cour royale. Commence alors un subtil jeu des apparences.

Enfin un dernier bon point réside dans le style littéraire, volontairement « médiévalisant » (pour reprendre l’adjectif utilisé par la maison d’édition). J’ai adoré découvrir ces mots désuets que l’auteur emploie à juste titre et à juste dose. Juste ce qu’il faut pour nous faire lever un sourcil à l’occasion, esquisser un sourire mais sans alourdir la lecture.

Etonnamment je pensais avoir affaire à un one shot et j’étais donc très sceptique jusqu’à la dernière page de savoir comment tout allait se clôturer, mais je suis maintenant soulagée de savoir qu’on aura une suite.

Finalement, je dirais que le seul point négatif de ce roman est de nous jeter sans préparation, sans filet ou amorti dans un univers auquel on ne comprend rien au début. La première fois qu’il est fait mention d’un ange, j’ai failli passer outre sans m’en rendre compte, tant ça m’a paru incongru de trouver ça là.

Cela dit, maintenant que j’ai pu me faire une idée des contours de l’univers, j’ai hâte de voir l’intrigue se développer par la suite. Je suis très curieuse de voir comment l’auteur va dénouer les différents fils emmêlés que sont la religion et la politique liés à l’histoire personnelle du Sénéchal. J’ai particulièrement hâte de voir la dimension que Gregory Da Rosa va donner à l’aspect religieux. C’est d’ailleurs cet aspect-là qui m’avait tant épatée dans la trilogie de Philip Pullman À la Croisée des Mondes (dans un autre genre). J’espère être épatée de nouveau ici!

Et vous, vous l’avez lu?

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2 réflexions sur “SP#74 – Sénéchal, de Gregory Da Rosa

  1. Je te remercie pour ton avis.
    Il est parfois difficile d’apprécier un livre avec un univers très développé. Je note celui-là en tout cas.
    Bisous à toi et à plus sur nos blogs respectifs!

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  2. Pingback: C’était la semaine où…(#4) | Les étagères de Pitiponks

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