Le Moine, de MG Lewis

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C’était un homme d’un port noble et d’une présence autoritaire. Sa taille était haute, et sa figure remarquablement belle ; il avait un nez aquilin, de grands yeux noirs et étincelants, et d’épais sourcils qui se touchaient presque ; son teint était d’un brun foncé, mais transparent ; l’étude et les veilles avaient entièrement décoloré ses joues ; la tranquillité régnait sur son front sans rides ; et le contentement, exprimé dans chacun de ses traits, annonçait une âme exempte de soucis comme de crimes. Il salua humblement l’assemblée ; pourtant, même alors, il y avait dans sa physionomie et dans sa contenance une certaine sévérité qui imposait généralement, et peu de regards étaient capables de soutenir le feu des siens. Tel était Ambrosio, prieur des Capucins, et surnommé l’’ Homme de Piété’.

Je ne saurais expliquer pourquoi je n’ai pas fait la chronique de ce livre dès que je l’ai terminé – ce qui est habituellement ma façon de procéder. Le fait est que je pense maintenant avoir du mal à revenir sur mon ressenti pendant ma lecture.

Si j’ai lu ce livre, c’est parce que ma maman m’en avait beaucoup parlé, comme étant un livre qui l’avait marqué quand elle l’avait lu dans le cadre de ses études d’anglais. Appréciant moi-même tout le gothique british, j’avais depuis pour objectif de le lire un jour. C’est maintenant chose faite, et je ne regrette rien.

Tout d’abord, je dois reconnaître que le roman fait un peu vintage. Le style un peu ampoulé n’est pas toujours très facile (ou même agréable) à lire… cependant on se laisse vite prendre par l’atmosphère de l’époque, la société et ses us et coutumes, une société profondément ancrée dans la religion… si loin de ce qu’elle est aujourd’hui (qu’il s’agisse de l’Espagne ou de la France d’ailleurs). Et commence presque tout de suite avec la description de ce prêtre, cet homme qui fascine les foules.

Mais pas besoin d’être devin pour comprendre rapidement que l’apparente perfection de cet homme n’est qu’une façade. En effet, ce roman décrit finalement la déchéance radicale et rapide de ce prêtre qui se révèle… monstrueux. Le lecteur apprend vite à mépriser puis à haïr cet homme qui cache, manipule et abuse de tout ce qu’il peut, sous couvert de sa réputation irréprochable. Mais là où l’horreur se fait plus tangible c’est quand on réalise peu à peu que le vrai monstre, le corrupteur, est finalement le personnage de Mathilde, qui, à travers des paroles mielleuses révèle peu à peu sa noirceur profonde.

En somme, je dirais que ce roman, sans doute l’occasion pour l’auteur de critiquer la religion, est à la fois terrible et fascinant de par la puissance évocatrice de l’auteur. Difficile de lâcher le roman avant la fin. Quand on pense que ce livre a été écrit par l’auteur pour « divertir sa maman »….! Bref, un classique gothique à lire!

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2 réflexions sur “Le Moine, de MG Lewis

  1. J’ai ce livre dans ma PAL que je voulais lire mais au final j’ai changé d’avis, ta chronique va le faire monter au top de ma PAL mensuel car j’ai vraiment envie de le rencontrer ce moine !

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