Excellente lecture·Mes Lectures

Rebecca, de Daphné du Maurier

9782226314772g

Un an après la mort de Rebecca, si belle, si troublante, si mystérieuse aussi, Maxime de Winter se remarie avec une jeune fille douce et timide et l’installe dans le splendide château de Manderley. La seconde Mme de Winder ne tarde pas à se sentir angoissée. Une ombre rôde, l’épie,se glisse entre son mari et elle. Manderley vit toujours sous l’emprise de Rebecca. Maxim l’aime-t-il toujours ? Rebecca est-elle vraiment morte noyée accidentellement ? Quel est le terrible secret de Rebecca et de Manderley ?

Il y a bien longtemps que je voulais lire ce livre mais je crois que j’aurais attendu encore longtemps avant de l’ouvrir si on ne me l’avait pas chaudement conseillé et prêté dans la foulée.

C’est grâce à un échange de mails avec une lectrice anglaise, un échange sur nos lectures et sur ce que je connaissais de la littérature britannique, que j’ai évoqué mon intérêt pour Rebecca. Mon interlocutrice l’a alors immédiatement descendu de ses étagères pour me le prêter…. et je l’en remercie encore chaleureusement.

Non seulement elle m’a prêté son superbe exemplaire en hardback de The Folio Society, mais en plus elle m’a permis de découvrir un nouveau classique anglais que j’ajoute aujourd’hui à mes grands chouchous tels que Orgueil & Préjugés ou Jane Eyre – pour n’en citer que deux.

Ce livre est typiquement le genre qui me plaît. Ou du moins un genre particulier qui me plaît énormément: le classique British version gothique. Nous avons un très bon style, une lecture fluide, un côté sombre et gothique, des squelettes dans le placard, un cadre bourgeois et l’élévation sociale de l’héroïne, une atmosphère lourde et oppressante avec une tension qui monte tout doucement mais sûrement…

Il y a pas mal de Jane Eyre dans ce roman – mon classique anglais favori – ce qui explique sans doute en partie pourquoi j’ai tant aimé. Il y a aussi beaucoup de Derrière la Porte, de Sarah Waters… même si je devrais plutôt dire que c’est Sarah Waters qui a sûrement emprunté à Daphné du Maurier et pas l’inverse! Derrière la Porte qui avait été une vraie révélation, pour rappel 😛

Tout ça pour dire que j’ai complètement adhéré à ce récit, à son ambiance. Manderley, les fleurs, la mer… et l’ombre de Rebecca qui obscurcit tout.

J’aurais pu lutter contre une vivante, non contre une morte.

Par certains aspects, notamment au tout début du roman je me suis un peu identifiée à l’héroïne. Elle a à peu près mon âge, un côté un peu enfantin et naïf et une grande sensibilité.

« Je vous aime, dis-je. Je vous aime terriblement. Vous m’avez rendue très malheureuse et j’ai pleuré toute la nuit parce que je croyais ne plus vous revoir jamais. » Comme je disais cela, il rit, je me rappelle, et me tendit la main par-dessus la table du petit déjeuner. « Soyez bénie pour cela, dit-il. Un jour, lorsque vous atteindrez cet âge exaltant de trente-cinq ans dont vous m’avez confié qu’il était le sommet de vos rêves, je vous rappellerai cet instant. Et vous ne me croirez pas. Quel dommage de penser que vous grandirez! »

Elle se fait également des réflexions, au cours du récit, dont plusieurs ont trouvé un écho en moi.

Je suis contente qu’on ne puisse l’avoir deux fois, la fièvre du premier amour. Car c’est une maladie et c’est un fardeau, quoi qu’en puisse dire les poètes.

Ma fierté d’adulte se désagrégea et mes méprisables larmes, heureuses de leur victoire, remplirent mes yeux et se mirent à couler sur mes joues.
Je pensais à toutes les héroines de romans que les pleurs embellissent, moi, avec mon visage boursouflé et mes yeux rougis. Ainsi finissait cette matinée, et la journée qui s’étendait devant moi serait longue.

Et pour redonner un peu de couleurs à toute cette tristesse, une phrase que beaucoup auront sans doute notée quelque part: 

Le bonheur n’est pas un objet à posséder, c’est une qualité de pensée, un état d’âme.

Bref bref bref. J’arrête avec les citations mais je voulais par là illustrer ce qui m’a touchée, d’une façon ou d’une autre. Je trouve ça étrange qu’au final on ne connaisse toujours pas le nom de la narratrice, sans doute restée anonyme car Daphné du Maurier avait trop puisé en elle-même pour écrire ce « je ».

Je dois avouer que je reste un peu sur ma faim au sortir du livre, car j’aurais aimé je crois une conclusion plus « arrêtée » que celle que nous donne l’auteure. En même temps, les fins ouvertes donnent toujours plus matière à réflexion, et le lecteur peut alors décider lui-même de l’état d’esprit dans lequel il finit sa lecture. Ce n’est parfois pas plus mal. (Quoique dans le cas présent, ce n’est pas une fin si ouverte que ça… Ça me fait d’ailleurs penser que cette fin n’est pas sans rappeler celle de Derrière la Porte, une fois de plus)

Pour conclure, je dirais que j’ai trouvé un autre classique bien British à rajouter à mes préférés. J’ai tout aimé dans ce roman: tous ces éléments que je mentionnais plus tôt (le style, le côté gothique, la tension, l’atmosphère) et qui m’ont tout de suite accrochée. Un roman superbe, que je recommande chaudement, et que j’espère acquérir un jour pour le rajouter sur mes étagères 😛

Pour en savoir plus: http://www.telerama.fr/livres/rebecca,123266.php

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26 commentaires sur “Rebecca, de Daphné du Maurier

  1. Ce livre est également l’un de mes préférés. Je l’ai découvert vers 12-13 ans et depuis je relis régulièrement des passages, et je retrouve toujours les mêmes émotions. Lire tes citations était donc très sympa, ça me donne envie de faire une vraie relecture de l’ouvrage !
    Par contre, pour ma part, je n’ai pas du tout adhéré au film (même si j’ai aimé les images), surtout à cause de certains changements dans l’intrigue qui modifient les personnages… bref, je ne suis pas très claire, mais c’est difficile sans spoiler ! 😀

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  2. Un de mes livres préféré de mon adolescence! Comme toi j’adore l’ambiance classique british mais sombre et oppressante à la fois. Le personnage de Rebecca m’a fasciné et effrayé tout au long de ma lecture.
    J’ai regardé récemment le film d’Hitchcock et même si je l’ai bien aimé, il n’arrive pas à la hauteur du roman selon moi. Je serai curieuse d’avoir ton avis à son sujet.

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  3. Pour moi, cette lecture date d’il y a très très longtemps… j’en garde un souvenir exceptionnel et impérissable ! Je suis très contente qu’il soit encore d’actualité. Ta chronique me pousse vers Jane Eyre que je connais grâce au film mais que je n’ai jamais lu… Tu me donnes envie d’aller vers ce classique. Merci à toi.

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