SP#45 – Il Reste la Poussière, de Sandrine Collette

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                                       Titre: Il Reste la Poussière

                                       Auteur: Sandrine Collette

                                       Maison d’édition: Denoël

                                       Prix:  19,99 €

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux. 
Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l’a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. 
Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?

Il y a des livres pour lesquels on a un bon feeling dès le début. Il arrive parfois que ce « bon feeling » soit finalement démenti par la lecture. Mais il arrive aussi qu’on ressorte de notre en lecture en nous disant « j’avais raison: c’était vraiment bien! » 🙂 En fait, c’était même plus que bien…

Quand j’ai lu le résumé, j’ai tout de suite pensé que ce roman avait des chances de me plaire. Ne serait-ce que par le cadre: la steppe balayée de vents glacés. J’ai souvent aimé voire adoré les romans prenant pour cadre des lieux désertiques. Quand l’auteur connaît son métier, je suis souvent fascinée par les grandes étendues désertes, les dangers qui leur sont liés: la sécheresse, les animaux sauvages ou même la solitude.

Ça fait déjà une semaine que j’ai fini ce roman et je ne sais toujours pas comment écrire cette chronique. Le fait est que j’ai adoré ce livre… mais ce que j’ai aimé dans cette lecture est tellement lié à mes émotions que j’ai du mal à mettre des mots dessus.

Le style de l’auteur est fluide et on est très vite fasciné par cette famille étrange, qui se comporte comme une équipe de travail plutôt que comme une famille. Plutôt que d’être liés les uns aux autres par l’amour, les membres de cette famille n’ont pour seul lien que le travail quotidien qu’ils fournissent pour faire vivre leur ferme. Et dans les membres de cette famille, nous avons Rafael, qui s’est toujours fait martyrisé par ses frères et ignoré par sa mère et qui, malgré la peur et les souffrances, s’y résigne car il n’a jamais rien connu d’autre. Il ne se morfond pas, il ne se plaint pas… et il arrive même à trouver des joies dans sa triste vie. Galoper sur son cheval, recevoir l’affection de son chien, grappiller quelques heures sinon quelques minutes de solitude quand il le peut…

L’intelligence de l’auteur réside beaucoup dans sa façon d’aborder ses personnages. Car nous n’avons pas seulement le point de vue de Rafael : nous avons aussi, à tour de rôles, les points de vue des trois autres frères ainsi que celui de la mère. Et bien qu’on haïsse la mère de sa cruelle indifférence (quelle mère vraiment horrible!), bien qu’on déteste les frères qui font preuve de méchanceté gratuite envers Rafael… on finit par les comprendre un peu. On voit le monde à travers les yeux et on comprend que ce sont tous des êtres brisés, tordus… comme des plantes qui n’auraient jamais connu le soleil ou la pluie et se seraient quand même efforcés de survivre. Repliés dans leur ferme dans un microcosme impitoyable, comment auraient-ils pu être différents?

Enfin, je vais aborder le point le plus dur à expliquer: ce que j’ai ressenti face à cette histoire. Je l’ai trouvée puissante, dure mais… apaisante en même temps. Lire le quotidien de ces fermiers, qui ne se posent pas de questions, se lèvent tôt, vaquent à leur tâches et se couchent le soir avec la simple conscience du travail accompli. Quand je trouve ma vie inutile, mes doutes et mes peurs trop nombreux… je m’imagine travaillant à la campagne, soignant le bétail et les récoltes. J’imagine une vie simple, rythmée par les saisons et les animaux. Bon, après je me rappelle qu’un fermier travaille 70h par semaine pour des clopinettes à la fin du mois et ça me fait déchanter rapidement… Il n’empêche. Ne pas se poser de questions, travailler la terre, s’occuper des bêtes et s’endormir le soir sans culpabilité, la conscience tranquille. Je crois que cet aspect du livre m’a fait du bien, m’a apaisée.

De même que le cadre m’a fascinée. Le désert, la solitude, le sentiment d’être seul au monde… J’ai peut-être compris le livre de travers (après tout si cette famille est tombée si bas, c’est qu’elle est restée seule trop longtemps, coupée du monde et des autres êtres humains) mais j’ai apprécié m’imaginer avec Rafael, à dos de cheval, avec la steppe infinie pour seul horizon.

En bref, je dirais que Il Reste La Poussière est un très beau roman, très efficace: dur mais puissant. La plume de Sandrine Collette est très évocatrice et elle parvient à aborder des sujets difficiles avec un style fluide et léger. J’ai tout aimé de ce livre et je vous le recommande vivement!

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5 réflexions sur “SP#45 – Il Reste la Poussière, de Sandrine Collette

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