SP#30 – Enfin Insécurisée: vivre libre malgré le totalitarisme sécuritaire, d’Eve Ensler

Hier j’ai réalisé deux « accomplishments » comme on dirait en anglais. 1) je suis ENFIN allée chez le dentiste pour un contrôle (chose que je procrastinais depuis longtemps) et 2) j’ai ENFIN fini un livre service de presse qui me pesait. C’est donc du point n°2 dont je vais parler aujourd’hui (et pas de mes dents, parce qu’on est d’accord : on s’en fout !).

Le livre que j’ai enfin terminé hier (dans la salle d’attente du dentiste justement !) est Enfin Insécurisée d’Eve Ensler, l’auteure des célèbres Monologues du Vagin.

Il s’agit d’un petit livre, certes léger en poids mais certainement pas par son contenu. Je vous avoue d’emblée que j’ai eu énormément de mal avec cette lecture, bien qu’elle se soit paradoxalement révélée très intéressante. J’ai du faire pas mal de pauses dans ma lecture et vous allez vite comprendre pourquoi.

Il s’agit d’une sorte de réflexion et d’introspection de l’auteure Eve Ensler. Elle nous raconte son cheminement et toutes les expériences qu’elle a pu vivre et qui l’ont amenée aujourd’hui à la prise de conscience dont elle nous fait part. Bien sûr, il s’agit d’un chemin tout personnel qui a été, notamment influencé par sa jeunesse difficile puisqu’elle était battue par son père. Donc déjà, ça commence bien…ahem.

Tout sa réflexion repose sur la notion de sécurité, sur l’idée qu’on s’en fait étant enfant puis en grandissant. Sur ce que les médias, et à travers eux, les gouvernements nous font croire que c’est « la sécurité ». Eve Ensler nous raconte donc comment ses idées sur la sécurité ont été complètement anéanties par les expériences qu’elle a vécu, notamment auprès de femmes qui ont connu la guerre, la faim, la pauvreté, la maltraitance voire les mutilations ou la torture.

Et Eve Ensler ne nous épargne rien puisqu’elle nous transmet le discours de ces femmes qui racontent leurs malheurs. Et ces récits font tellement froid dans le dos… Ils m’ont carrément donné des sueurs froides et j’ai dû à plusieurs reprises arrêter ma lecture de peur de me sentir mal.

Le livre d’Eve Ensler est un livre lourd qui dérange, qui met mal à l’aise, mais qui soulève des questions et parle de faits bien réels dont on ne parle pas assez. Qu’on essaie d’oublier ou de ne pas regarder justement parce que ça dérange et parce que ce n’est pas conforme à l’idée qu’on veut nous donner du monde.

J’ai beaucoup apprécié le raisonnement d’Eve Ensler, qui dit, selon moi, des choses très justes dont on n’est pas toujours conscients. Des choses que dans certaines situations on n’a pas le droit de dire, des phrases qui dans d’autres situations pourraient même être censurées ou « simplement » déformées et amplifiées. J’ai d’ailleurs trouvé étonnant ce que elle, une américaine, pouvait dire de son propre gouvernement. Ce que je vais dire peut paraître stupide mais je ne pensais pas que des américains (dans le sens Etats-Unis évidemment) pouvaient avoir autant de recul sur leur propre gouvernement. Comme quoi je me fais sûrement de fausses idées sur ce que sont vraiment les américains…

Bref, ce livre développe la réflexion extrêmement intéressante d’une femme pleine de courage, qui a eu la force de vivre des expériences parfois terriblement dures et qui a ensuite eu le courage de dire haut et fort dans ce livre ce qu’elle pense du monde dans lequel on vit: de la domination de l’argent et du pouvoir quand on devrait plutôt s’entraider et se protéger les uns les autres. Bien sûr, Eve Ensler a eu un cheminement intellectuel, spirituel et émotionnel bien particulier – qui a beaucoup influencé sa façon de vivre et de voir les choses – mais j’estime que sa réflexion mérite vraiment d’être lue, ne serait-ce que pour nous pousser à porter un regard neuf sur le monde dans lequel on vit.

Merci aux éditions Denoël pour cette lecture!

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7 réflexions sur “SP#30 – Enfin Insécurisée: vivre libre malgré le totalitarisme sécuritaire, d’Eve Ensler

  1. Comme je le soulignais, être mal à l’aise durant sa lecture, c’est sortir de sa zone de confort. Je trouve que la première phrase en bleu le résume bien. En commentaire, tu m’écris que  » ce genre de livre n’est finalement pas mon genre du tout… » c’est par rapport aux émotions que tu as ressenties ?

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  2. Pingback: The Mid-Year Book Freak Out TAG – Bilan lectures mi-parcours 2015 | Les étagères de Pitiponks

  3. J’aime beaucoup lire des titres qui sont « vrais » comme les témoignages par exemple. J’apprécie de découvrir les réflexions des gens sur la noirceur du monde, leur façon de voir les choses, de les vivre donc forcément je ne peux qu’être réceptive à ta chronique.
    Merci beaucoup pour cette découverte.

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  4. Pingback: Challenges 2015 – le bilan | Les étagères de Pitiponks

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